Complémentaire santé : la généralisation n'est toujours pas terminée

Complémentaire santé : la généralisation n'est toujours pas terminée
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Malgré l’ANI de 2016 et une montée en puissance des dispositifs d’aide, 5 % des Français ne sont toujours pas couverts par une complémentaire santé.

Touchée mais pas coulée. L’assurance individuelle résiste, tout comme les mutuelles. La généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés au 1er janvier 2016 (ANI) a certes bousculé le marché, mais elle n’en a pas renversé les fondamentaux. Tel est l’enseignement du millésime 2019 du rapport thématique de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees, ministère de la Santé) intitulé « La complé­mentaire santé : acteurs, bénéficiaires et garanties », qui vient confirmer les grandes tendances à l’œuvre depuis plusieurs années.

Concentration

La concentration du marché, qui pesait 35,7 Md€ en 2017, se poursuit. Tout autant que la réduction du nombre d’organismes d’Assurance maladie complémentaire (Ocam). Elle se caractérise par le poids croissant des leaders : les dix plus grands Ocam représentaient en 2017 35 % du marché, contre 25 % en 2006. Premières concernées par les rapprochements, les mutuelles restent majoritaires.

Mais la Drees relativise leur domination en tenant compte du fait que le marché s’est réorganisé autour de groupes, mêlant des acteurs relevant des trois codes (mutualité, assurance, Sécurité sociale). Recalculant les parts de marché des différentes familles en fonction de la nature des têtes de groupes – des mutuelles pouvant dès lors être assimilées à des « filiales » de groupes de protection sociale, la part de marché des mutuelles de livre 2 tombe à 39 %, au profit des sociétés d’assurance (34 %) et des acteurs paritaires (26 %).

Ce bilan 2017 de la Drees confirme aussi une tendance déjà pointée l’an dernier : la généralisation de la complé­mentaire santé à tous les salariés au 1er janvier 2016 (ANI) a profité aux sociétés d’assurance au détriment des mutuelles. Et si les contrats collectifs offrent de meilleures couvertures que les individuels, les salariés n’ont pas pour autant été les grands gagnants de la généralisation. Pour la première fois, la Drees a épluché les garanties et note que les établissements nouvellement couverts par l’ANI proposent des garanties inférieures, ainsi qu’une participation de l’employeur moins généreuse (55 % du coût contre 60 % dans les établissements couverts avant l’ANI). Une tendance qui peut expliquer le développement des surcomplémentaires, mesuré également pour la première fois par la Drees.

Frais de gestion

Enfin, le rapport apporte aussi un éclairage sur le sujet des frais de gestion, plus que jamais au cœur de l’actualité depuis qu’Emmanuel Macron a mis, quelques jours avant Noël, les Ocam en demeure de les réduire.

Une demande qui ne sera pas facile à satisfaire car les statistiques montrent que ces frais tendent plutôt à augmenter (20 % en 2017, contre 19 % en 2011). Une évolution qui s’expliquerait, selon la Drees, par le poids des réformes réglementaires (Solvabilité 2, ANI, contrats responsables…) ainsi que la concentration du marché, qui génère des coûts en matière de systèmes d’infor­mation.

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