Complémentaire santé : la timide percée des surcomplémentaires

Complémentaire santé : la timide percée des surcomplémentaires

Même si les réformes soutiennent le développement des surcomplémentaires, le marché tarde à décoller.

L’absence d’étude de marché sur la surcomplémentaire, ce troisième niveau de couverture qui vient améliorer les remboursements des organismes d’assurance maladie complémentaire (Ocam), serait-elle un premier signe du faible développement du marché ? « Beaucoup d’assureurs avaient misé sur la surcomplémentaire, mais le bilan est décevant. Commercialement, cela reste un marché de niche », estime Caroline Albanet, associée et présidente au cabinet R & B Partners. « Les surcomplémentaires individuelles n’ont pas marché. Mais, nous avons connu une forte augmentation des souscriptions sur les contrats collectifs », annonce Dominique Nadal, directeur commercial d’Axa santé et collectives. Il se refuse toutefois à donner des chiffres précis, car ils « ne signifieraient pas grand-chose car nous partions de zéro ou presque ». Un grand courtier en collective indique qu’au sein de son portefeuille, 70 % des grands comptes proposent une surcomplémentaire à leurs salariés, sans préciser le taux de souscription de ces derniers.

« Le démarrage du marché a eu lieu en 2017, lorsque les salariés qui étaient passés en 2016 d’un contrat individuel vers un collectif aux garanties moins élevées ont constaté une baisse de leurs remboursements », déclare de son côté Christophe Scherrer, directeur général délégué de Malakoff Médéric. Il ajoute que plus de 25 % des salariés couverts par le groupe paritaire ont une surcomplémentaire. Outre la généralisation de la couverture des salariés (ANI), le plafonnement de la prise en charge des dépassements d’honoraires instauré par la réforme des contrats responsables a donc joué en faveur des surcomplémentaires.

  • 26 € Le montant que les assurés sont prêts à dépenser chaque mois pour améliorer le remboursement de leurs dépenses de santé.
    Source : Deloitte
  • 33 % Le pourcentage d’entreprises qui ne souhaitent pas proposer de garanties facultatives, contre 7 % qui le souhaitent et 59 % qui en proposent déjà.
    Source : CTip / Credoc
  • 44 % Le pourcentage de salariés qui ne souhaitent pas de garanties facultatives, contre 20 % qui en souhaitent et 36 % qui en disposent.
    Source : CTip / Credoc
  • 17 % Le pourcentage d’assurés qui envisagent de recourir à une couverture supplémentaire au cours des douze prochains mois.
    Source : Deloitte

Prestations de bien-être

Une preuve qu’une partie au moins des assurés souhaitent maintenir un niveau de remboursement élevé. Car tandis que l’Assurance maladie se targuait d’avoir jugulé les dépassements d’honoraires médicaux grâce au contrat d’accès aux soins (CAS, devenu Optam), des études indépendantes pointent une hausse des restes à charge. À fin 2016, le cabinet Mercer chiffrait la baisse moyenne des remboursements liée à l’évolution des contrats responsables à - 5 % pour les médecins généralistes, - 10 % pour les spécialistes et jusqu’à - 53 % en hospitalisation. En mai dernier, une étude du cabinet Deloitte indiquait que 64 % des Français avaient un sentiment d’augmentation du reste à charge suite à la mise en place de l’ANI et des contrats responsables.

Un autre facteur pourrait soutenir la croissance du marché. « Le panel des garanties comprend aussi des prestations de bien-être qui ne sont pas dans le contrat de base, ainsi que des renforts en optique, dentaire et audioprothèse. Les surcomplémentaires pourraient donc être impactées par la réforme du RAC 0 », poursuit Caroline Albanet. Elle estime que cette réforme constituera « plutôt une nouvelle opportunité de vendre des surcomplémentaires alors que les offres seront encore plus standardisées ». À côté du panier de soins sans RAC, les surcomplémentaires pourraient ainsi cibler les assurés qui préfèrent les équipements et prothèses à tarifs libres. Enfin, chez Malakoff Médéric, Christophe Scherrer voit émerger « une demande, notamment de la part des cadres supérieurs ou des professions libérales, pour des surcomplémentaires non responsables, qui prennent en charge les dépassements d’honoraires dans les zones où les tarifs sont plus élevés ».

En collective, l’évolution du marché dépendra sans doute plus du comportement des assurés que des entreprises. Mais quel que soit le développement des surcomplémentaires, elles ne devraient pas constituer une manne pour les Ocam. Comme le remarque un courtier, « nous nous retrouvons avec trois niveaux à gérer, ce qui représente une charge de gestion, de la complexification. C’est une demande client mais ce n’est pas un levier de rentabilité. »

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