Assurance responsable : « Il faut aller encore plus vite et plus loin »

Dans le cadre d’une récente étude L’Argus de l’Assurance et Capgemini Invent portant sur la RSE et les assurés, Véronique Torres, Directrice Conseil Sustainable Insurance chez Capgemini Invent, décrypte les enjeux et les pistes d’accélération.

 

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Assurance responsable : « Il faut aller encore plus vite et plus loin »
Véronique Torres, Directrice Conseil Sustainable Insurance de Capgemini Invent

Quels sont les éléments forts qui ressortent de cette étude ?

J’en ai listé cinq principaux, avec tout d’abord, une attention croissante des assurés aux engagements RSE. Si ce n’est pas encore un critère de choix décisif, c’est un véritable élément de différenciation, notamment pour les jeunes et les catégories les plus aisées, ceux qui ont le plus d’appétence et de sensibilité à une assurance responsable. Ensuite, plus de la moitié des Français reconnait la légitimité des assureurs pour les accompagner vers des pratiques plus responsables. En outre, les assurés se disent prêts à opter pour des comportements plus responsables, notamment en assurance dommages, en contrepartie de services additionnels ou d’avantages financiers. En revanche, les produits financiers ISR restent largement méconnus des Français, alors que c’est là que les assureurs ont pris des engagements depuis longtemps et qu’ils ont le plus d’impact en termes de transition écologique.

Comment les assureurs sont au rendez-vous des attentes des Français ?

Ils se sont saisis des enjeux RSE avec trois grandes typologies d’initiatives. La première consiste à faire évoluer leur offre de produits et services : par exemple, sur les sinistres auto, ils accélèrent leurs actions au sein de la filière pour favoriser la réparation et le recours à des pièces de réemploi. Deuxième type d’initiative, la transformation interne : les acteurs mettent en œuvre des actions de communication et de formation, notamment auprès des forces commerciales, mais également de façon plus globale pour faire évoluer les comportements et la culture d’entreprise (incitation à la mobilité douce, sensibilisation au green IT…). Enfin, les assureurs sont en train de repenser plus globalement leur gouvernance et leurs processus de décision, par exemple, en intégrant des critères « sustainable » d’évaluation et de labellisation des projets.

Les assureurs pourraient-ils aller plus loin ?

Ils doivent en effet aller plus loin et plus vite, car il y a urgence ! Ils doivent se montrer plus volontaristes sur les actions collectives : au-delà des initiatives de chaque marque, la profession doit se mobiliser, via France Assureurs, pour sensibiliser le grand public et faire grandir son appétence RSE, avec les jeunes comme ambassadeurs. La profession peut aider à l’enrichissement des modules sustainable de la formation académique et mettre en commun les réflexions sur les sujets d’avenir (assurabilité des nouveaux matériaux, biodiversité…) pour plus d’efficacité. Le deuxième levier serait d’interpeler les pouvoirs publics en étant force de proposition pour faire évoluer le modèle. Les assureurs peuvent suggérer une fiscalité plus incitative pour flécher les investissements verts et demander à terme la restructuration des filières et la révision de certaines réglementations bloquantes (régime des "CatNat", reconstruction à l’identique, libre choix de l’artisan versus réseau agréé…).

Pour en savoir plus sur le point de vue «Assureur Responsable » publié par Capgemini Invent, cliquez ici

Contenu proposé par Capgemini Invent

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