[DOSSIER] Réassurance 3/3

Cat' bonds : quand les marchés financiers protègent les pays émergents

Cat' bonds : quand les marchés financiers protègent les pays émergents

Dans les pays du Sud, où le marché privé de l’assurance est peu développé, la Banque mondiale encourage l’émission de cat’ bonds.

Et si les marchés financiers offraient aux pays du Sud une protection contre des catastrophes susceptibles de dévaster leur économie ? C’est précisément l’objet des cat’ bonds, qui permettent à ces pays, où l’offre d’assurance est limitée, de se couvrir contre ces risques. Selon Swiss Re, le protection gap, c’est-à-dire les pertes économiques non assurées causées par des catastrophes naturelles, s’élève à 180 Md\$. En l’absence de couverture d’assurance, ce sont aux gouvernements des pays concernés de venir au secours des populations sinistrées, le plus souvent par des fonds d’aide. Mais le déblocage des fonds est, dans ce cas, beaucoup plus lent…

Des États souscrivent donc des cat’ bonds pour se couvrir de manière paramétrique, c’est-à-dire sur la base du déclenchement d’un événement. Le Mexique a été le premier pays à émettre des cat’ bonds contre les risques de séismes en 2006. Il en a émis d’autres en 2009 et en 2012 par le biais du programme de la Banque mondiale, dit « MultiCat Program », une plateforme qui vise à accompagner les pays en développement (PED) dans l’émission de cat’ bonds. La Banque mondiale agit alors comme « arrangeur » de l’opération.

Seuil de déclenchement

En août 2017, l’institution a, de nouveau, émis pour 360 M\$ de cat’ bonds au bénéfice du Mexique afin de le couvrir contre les séismes et cyclones tropicaux. Après les séismes des 8 et 19 septembre 2017, le fonds d’aide du Mexique, Fonden, a touché 150 M\$ grâce à ces cat’ bonds. En deçà d’une magnitude de 7,8, il n’aurait rien perçu. Ce système de seuil s’appliquait aussi pour la tempête Harvey : bien qu’ayant affecté les côtes mexicaines lors de son passage, elle ne remplissait pas les critères de déclenchement du cat’ bond.

Désormais, la Banque mondiale peut émettre elle-même ses cat’ bonds grâce à une plateforme dédiée, sans recourir à une entité ad hoc (special purpose vehicle en anglais). L’institution a lancé en février dernier, à la demande des pays de l’Alliance du Pacifique, des obligations catastrophes pour couvrir ces pays contre le risque de séismes.

La Banque mondiale joue ainsi un rôle d’intermédiation entre les États et les investisseurs. Cela lui permet d’encourager la protection contre les risques naturels dans ces pays, sans avoir à débourser de fonds. « La Banque mondiale cherche à encourager les solutions d’assurance dans les pays en voie de développement afin de soutenir le développement économique, explique Quentin Perrot, vice-président chez Willis Towers Watson Securities. Des pools ont été créés en Asie du Sud-Est, en Turquie pour couvrir les risques de séismes ou encore aux Philippines, exposées aux typhons et aux tremblements de terre. Or les capacités de réassurance peuvent être localement limitées dans ces pays, donc les ILS (« insurance-linked securities ») permettent de soutenir ces pools d’assurance. »

Sur le même principe, la Banque mondiale a lancé, en juin 2017, des pandemic bonds, d’un montant de 320 M\$, afin de couvrir le risque d’épidémie majeure en Afrique. Pour les investisseurs, la prime de risque est énorme, le coupon des obligations allant de 6,5 à 11,1 % au-dessus du taux interbancaire Libor. Pour les populations, le déclenchement rapide de fonds pourrait permettre d’endiguer la propagation de l’épidémie.

La Banque Mondiale lance ses propres cat’ bonds

En février 2018, la Banque mondiale a, pour la première fois, émis des cat’ bonds pour couvrir les risques de séisme via sa propre plateforme. Il lui a fallu deux ans pour répondre à la demande des pays de l’Alliance du Pacifique : le Mexique, le Chili, la Colombie et le Pérou. Swiss Re Capital Markets l’a accompagnée dans la structuration de cette obligation catastrophe d’un montant de 1,36 Md$. Dans le détail, le Chili sera couvert à hauteur de 500 M$, la Colombie 400 M$, le Mexique 260 M$ et le Pérou 200 M$. La Banque mondiale a d’abord évalué leur risque de séisme par le biais d’un exercice de modélisation spécifique.

 

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