Inondations : la crue, véritable menace pour les œuvres d'art

Inondations : la crue, véritable menace pour les œuvres d'art
Pierre VASSAL / HAYTHAM-REA En juin 2016, la Seine a atteint le niveau record de 6 m, menaçant le musée d’Orsay qui a dû fermer ses portes plusieurs jours.

Une crue exceptionnelle pourrait provoquer des dommages énormes pour les galeries d’art et les musées parisiens situés en bord de Seine. Pourtant, malgré la forte croissance de la valeur assurée et un risque climatique accru, les primes restent au plus bas sur un marché très convoité.

C’est un scénario catastrophe qui a une chance sur 100 de se produire chaque année. La crue de la Seine de 1910 qui avait atteint un record de 8,62 m, paralysant la région pendant sept semaines, pourrait nous prendre au dépourvu si elle venait à se reproduire. Pour les établissements culturels et galeries d’art de Paris, situés en bord du fleuve, le risque est d’autant plus fort que la valeur des biens dont ils sont dépositaires est très importante. Dans le cas d’œuvres d’art emblématiques comme La Joconde, qui font partie intégrante du patrimoine de l’humanité, leur valeur est même « inestimable ». Du coup, l’œuvre est impossible à assurer, explique-t-on chez Hiscox, le leader de l’assurance des œuvres d’art. En cas de dégradation, l’assurance indemniserait ainsi les frais de restauration, mais pas la valeur intrinsèque de l’œuvre.

Plan de protection

Conscients d’être de plus en plus exposés au risque d’inondations, les musées ont donc développé des plans d’évacuation des œuvres et de continuité de l’activité afin de limiter les dégâts. C’est le cas du musée du quai Branly, ouvert en 2006 en zone inondable, puisque directement au bord de la Seine. Outre les mesures de protection du bâtiment (clapets antiretours, murets anticrue dans le jardin), le musée, qui porte aussi le nom de l’ex-président Jacques Chirac, s’est doté dès 2007 d’un plan de protection contre les inondations. Celui-ci permet, à titre préventif, de former les équipes à une évacuation et un stockage des œuvres d’art si cela était nécessaire dans un autre lieu le plus rapidement possible. Pour ce faire, il faut d’abord recenser et identifier les œuvres afin de pouvoir prioriser celles dont la valeur est plus élevée en cas d’évacuation, au moyen de listes préétablies. Dans le cas d’une crue centennale – comme celle de 1910 –, « on travaille à l’aveugle car il faut intervenir avant que la montée des eaux soit effective », relève Vincent Saporito, responsable du pôle régie des collections au musée du quai Branly. La crue de la Seine étant « lente », explique Magali Reghezza, géographe spécialiste de la gestion des risques, les prévisionnistes ne disposent de l’information sur la survenance de la crue que 48 heures avant.

Conseils de bon sens

Or, avant que la crue ne se manifeste en surface, l’inondation peut démarrer dans les sous-sols, où musées et galeristes ont encore tendance à stocker leurs œuvres… C’est là qu’intervient le travail de prévention de l’assureur. Hiscox effectue ainsi des visites de risques auprès de ses clients : des galeristes de la rive gauche, mais aussi des riches particuliers collectionneurs, pour lesquels une œuvre d’art, au-delà de sa valeur affective, est aussi un investissement. L’assureur dispense des conseils simples, comme relever ses œuvres de quelques dizaines de centimètres ou avoir recours à des casiers étanches.

De précieux conseils car, en dépit de la valeur des œuvres et de leur vulnérabilité, ce risque est souvent sous-estimé. « L’assuré doit se comporter en bon père de famille. Nous nous montrons sélectifs sur le risque et n’assurons que des clients qui se montrent responsables », explique-t-on chez Hiscox. L’assureur propose des garanties adaptées et étendues : couverture de la valeur de remplacement de l’œuvre (qui aura dû être préalablement expertisée), couverture du patrimoine à caractère exceptionnel et des « embellissements » intérieurs (boiseries, parquets anciens), indemnisation de la dépréciation de l’œuvre (une œuvre restaurée verra son prix baisser).

En dépit de la croissance forte de la valeur assurée et de la hausse des aléas climatiques, les prix du marché restent cependant au plus bas. Au cours des trois dernières années, les primes ont même enregistré une baisse de 30 à 50 %, estime Nicolas Kaddeche, responsable art et clientèle privée chez Hiscox. « Ces risques sont sous-estimés sur le marché, qui n’ajuste pas ses prix en conséquence », analyse-t-il. « Les assureurs sur le marché de l’art tiennent compte des sinistres de fréquence, comme la casse accidentelle, mais ont tendance à oublier les sinistres de pointe et leur intensité », ajoute-t-il.

Si les prix restent au plus bas, c’est aussi que la concurrence se fait plus rude, avec l’apparition de nouveaux entrants alléchés, malgré tout, par la profitabilité du secteur, en particulier sur le segment du fine art. L’étasunien Chubb, qui s’était retiré du marché, s’est ainsi repositionné sur l’assurance des belles demeures. Axa Art, filiale de la compa­gnie française, Albingia, Generali et, plus récemment, Allianz, sont aussi présents sur le marché de l’art. « Bien que les montants des primes soient bas au regard de la valeur assurée, cela reste prestigieux et rentable sur des volumes importants », explique Julie Hugues, responsable des visites de risque chez Hiscox.

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