Pertes d’exploitation des commerces : le geste exceptionnel du Crédit Mutuel-CIC

Pertes d’exploitation des commerces : le geste exceptionnel du Crédit Mutuel-CIC
© Wikimedia/François_GOGLINS

Les Assurances du Crédit Mutuel et du CIC vont verser une « prime de relance » forfaitaire à leurs clients professionnels assurés contre les pertes d’exploitation, alors que leurs garanties ne s'appliquent pas à la pandémie de Covid-19.

 

C’est un geste qui va faire grand bruit ! Alors que le régulateur de l’assurance estime que les moyens des assureurs pour soutenir l’économie ne « peuvent être utilisés pour couvrir des événements qui sont explicitement exclus de leurs contrats », c’est-à-dire les conséquences de la pandémie de Covid-19, un assureur a choisi de soutenir ses clients professionnels au-delà de ce que prévoient leurs garanties contractuelles. Les Assurances du Crédit Mutuel et du CIC ont, en effet, annoncé ce mercredi 22 avril qu’elles vont verser une « prime de relance mutualiste, forfaitaire et immédiate » à leurs clients assurés contre les pertes d’exploitation au titre de la multirisque professionnelle.

200 M€ débloqués au total...

Bien que les garanties offertes par le groupe bancaire mutualiste ne soient « pas applicables » aux conséquences de la pandémie, rappelle-t-il, ce dernier a choisi de donner un « coup de pouce » à ses assurés professionnels afin qu’ils puissent redémarrer leur activité. Concrètement, cette prime prendra la forme d’un versement correspondant à une estimation forfaitaire de perte de revenus de chaque secteur économique pendant cette période de confinement. Pour financer cette prime de relance, qui sera comprise selon les professionnels concernés entre 1 500 et 20 000 euros, le Crédit Mutuel-CIC mobilisera près de 200 millions d’euros (soit 7000 euros versés en moyenne à chaque assuré). Les premiers versements à destination des commerçants, artisans, restaurateurs et PME devraient être effectués début mai.

... financés sur les fonds propres

Cette initiative, pour l’heure unique sur le marché de l’assurance, « correspond à la vision qu’ont les assurances du Crédit Mutuel de la mutualisation des risques », souligne le président du groupe Crédit Mutuel et du CIC Nicolas Théry dans une interview au quotidien Le Figaro.  Alors que les compagnies d’assurance se sont évertuées à expliquer que la prise en charge des pertes d’exploitation subies actuellement par les commerçants (estimées à 50 Md€) équivaudrait à mettre en danger la solidité financière du secteur, voire à provoquer sa faillite, le président du Crédit Mutuel revendique sa singularité. « Être une entreprise mutualiste, ce n’est pas être consumériste », déclare-t-il. L’enveloppe de 200 M€ destinée à soutenir les assurés professionnels du Crédit Mutuel et du CIC sera « financée surtout sur nos fonds propres et nos résultats », précise Nicolas Théry.

Des assureurs solides, mais malmenés

Le régulateur de l'assurance appelle, quant à lui, le secteur à une "gestion prudente des fonds propres, devant l’ampleur des engagements auxquels ils ont à faire face dans un contexte encore incertain et évolutif ». Si « le secteur de l’assurance est solide, notamment grâce aux marges de sécurité qu’il avait accumulées » a reconnu mardi l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), les effets de cette crise sur les assureurs sont « multiples ». Ils subissent notamment les effets de la crise financière et « seront tous affectés par la baisse de leurs revenus financiers et la forte diminution de la valeur de leurs actifs et de leurs fonds propres du fait de la chute des marchés financiers », met en garde l’ACPR.

Réserves et gains réalisés sur l'assurance auto

Les impacts de la crise du coronavirus sont hétérogènes d’un assureur à l’autre selon leur activité. Tandis que certains bénéficient, à court terme, de la baisse de la sinistralité en auto et en habitation, dont le gain est estimé par les actuaires à 1,85 Md€, d’autres subissent la hausse de la sinistralité en santé-prévoyance. Selon une source de marché, cette dernière est estimée sur une période de confinement de 4 semaines à 1,3 Md€ pour les membres de la Fédération française de l’assurance (FFA). Pour le président du groupe Crédit Mutuel, l’équation est simple : « les gains momentanés que nous réalisons avec les assurances auto du fait de la chute de la sinistralité servent aussi à compenser la hausse des dépenses en santé et prévoyance. Sinon nous devrions envoyer une facture aux assurés santé ! » Et d’ajouter : « nos assurances ont accumulé des réserves pour les jours sombres : on considère qu’aujourd’hui, nous devons les utiliser pour cette priorité là. »

De quoi relancer, une fois de plus, la polémique sur la solidarité des assureurs envers les entreprises. BPCE IARD et la Maaf (mutuelle du groupe Covéa) vont indemniser leurs clients professionnels assurés contre les pertes d’exploitation dont les garanties s’appliquent à une fermeture administrative. En revanche, Axa, assigné en justice par un restaurateur, explique que les garanties souscrites par certains de ses clients ne s’appliquent qu’à des « fermetures isolées », et non à une fermeture généralisée dans tout le pays telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

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