[DOSSIER] Dommages - PME 2/3

Marché des PME : se libérer du superflu

Marché des PME : se libérer du superflu
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La plupart des assureurs proposent aujourd’hui des offres d’assurances dommages à destination des PME. Cette effervescence sur un marchéultra-concurrentiel ne reflète pas toujours l’existence d’une demande réelle. Voici pourquoi, et surtout comment les assureurs peuvent se démarquer.

Eldorado ou mirage ? Aujourd’hui, tous les assureurs s’intéressent de près au marché de l’assurance dommages des quelque 140 000 PME françaises : incendie, catastrophes naturelles, terrorisme, mais aussi vandalisme, dégât des eaux, bris de machine, vol et malveillance, transport de marchandises, cyber risque, pertes d’exploitation… La liste n’est pas exhaustive. Le rachat de l’assureur et réassureur XL Group cette année, notamment spécialisé dans l’assurance dommages des PME, par Axa, pour 12,4 Md€, atteste de cette effervescence entourant les risques de ces entreprises. De même que la multiplication des offres proposées sur ce marché, à l’image de l’assureur Generali qui a annoncé, en mars dernier, avoir « renouvelé » son offre destinée à couvrir les risques industriels des PME, « avec une souscription simplifiée et des conditions attractives ». Ainsi, les responsables de plusieurs compa­gnies d’assurances contactés par L’Argus de l’assurance indiquent que ce segment représente actuellement plus de 50 % de leur activité. Autrement dit, la concurrence s’intensifie.

À la recherche de marges

Pourtant, ce marché n’intéressait auparavant que des acteurs spécialisés, les plus grands se concentrant alors sur l’assurance dommages des TPE et grandes entreprises. « Sur ce marché, la matière assurable tend à diminuer en raison de regroupements de grandes entreprises et notamment de rachats de grands groupes français par des grands groupes étrangers », analyse Renaud de Pressigny, directeur général de QBE France, compagnie spécialisée dans l’assurance des entreprises et des professionnels. Mais face à un contexte de baisse tendancielle des tarifs sur ces deux segments, les porteurs de risques ont progressivement investi le terrain des PME avec l’ambition d’y reconstituer de meilleures marges.

Ce changement de stratégie s’explique également par les perspectives de croissance des PME françaises. « L’évolution du nombre de PME est stable, mais une majorité d’entre elles connaissent de forts développements, y compris à l’international, jusqu’à devenir des entreprises de taille intermédiaires (de 250 à 4 999 salariés) », note Philippe Protais, directeur de la souscription des risques entreprises chez Generali France. Ce dernier ajoute que les PME sont une cible privilégiée pour les compagnies comme les réseaux de distributeurs en raison aussi de leur « fort potentiel » de multi-équipements.

Pourtant, certains responsables de compagnies d’assurance concèdent que la dynamique de croissance sur le marché de l’assu­rance dommages des PME « stagne » alors que, dans le même temps, et c’est là le paradoxe, les dirigeants de PME prennent de plus en plus conscience de l’importance de la gestion des risques. La preuve : dévoilé le mois dernier par l’Asso­ciation pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae), le Panorama SIGR 2018 indique que les entreprises investissent de plus en plus dans des systèmes d’information de gestion des risques (SIGR). Et ce, quelle que soit leur taille. « Les investissements des PME dans des projets de SIGR sont plutôt liés à un premier équipement alors que ceux des grandes entreprises sont plutôt liés à un renouvellement de leurs équipements », nuance simplement François Beaume, vice-président de l’Amrae et coauteur de la dixième édition de cette étude. L’une des explications de cette prise de conscience ? Les conséquences de certains sinistres seraient bien plus graves pour les PME que pour les grands groupes. « Certains sinistres peuvent signer l’arrêt de mort d’une PME », souligne le directeur général de QBE France.

Des attentes classiques

Contactés par L’Argus, plusieurs dirigeants de PME confirment l’importance qu’ils accordent au fait d’être bien couverts pour leur activité. « Je me demande à chaque fois si j’ai bien identifié tous les risques et j’ai toujours peur d’avoir manqué un astérisque sur le contrat qui pourrait avoir comme conséquence de ne pas être indemnisée », explique par exemple Hélène Wendling, gérante de Geco (2,05 M€ de CA en 2017, 8 salariés), entreprise implantée dans le Haut-Rhin et spécialisée dans l’envoi de mailings et de colis.

Pour autant, le fait que ces dirigeants se soucient d’être bien couverts n’est pas nouveau : tous précisent avoir toujours souscrit une assurance dommages depuis qu’ils sont à la tête de leur entreprise. Autrement dit, le positionnement des assureurs pour le marché de l’assurance dommages pourrait davantage relever du mirage… D’autant que les principales attentes des dirigeants de PME diffèrent souvent des innovations mises en avant par les compagnies d’assurance dans leurs nouvelles offres.

Renégociations

En effet, alors que certains assureurs misent sur de nouveaux risques pour développer leur activité, le cyber en particulier, les dirigeants de PME attendent en priorité de leur assureur du conseil afin que leurs contrats correspondent vraiment à leurs besoins, une prise en charge de qualité en cas de sinistre, ou encore un tarif intéressant. « Pour l’un de nos sinistres sur un chantier, il a fallu plus d’un an avant d’être indemnisé… Et encore, nous l’avons été juste après avoir menacé de résilier notre contrat chez cet assureur », pointe ainsi Guy Kleinmann, directeur général de SAS Kleinmann (4,5 M€ de CA en 2017, 47 salariés), entreprise spécialisée dans le BTP implantée dans le Bas-Rhin.

« Les dirigeants de PME manquent d’informations pour bien compren­dre l’étendue de leurs garanties alors qu’ils ne maîtrisent pas le sujet et n’ont que peu de temps à y consacrer », complète Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Île-de-France et associé-gérant du cabinet de courtage BCH Assurances (lire par ailleurs). De même, la capacité d’une compa­gnie d’assurance à couvrir tous leurs risques, sur-mesure, en France ou à l’étranger, ou encore la rapidité de souscription ne font pas partie des principales attentes de ces dirigeants de PME. Pas plus que le fait qu’un assureur dispose d’une équipe dédiée aux PME ou, d’un service accompagnant aussi bien les PME que les grands comptes… Des arguments pourtant mis en avant par différentes compagnies d’assurance pour se différencier de la concurrence.

Par ailleurs, les dirigeants de PME n’hésitent pas à comparer les offres et à renégocier leurs contrats ou même à changer d’assureur. « Un contrat peut se renégocier, de la même manière que nos clients négocient le tarif de nos chantiers », souligne ainsi Guy Kleinmann.

Dans ce contexte concurrentiel, les compagnies d’assurance prenant le mieux en compte les principales attentes évoquées par les dirigeants de PME parviennent à se différencier. Quand les compagnies proposent du conseil afin que les contrats correspondent vraiment aux besoins des PME, une prise en charge de qualité en cas de sinistre, un tarif intéressant, « les PME sont fidèles, constate le président de la CPME Paris Île-de-France. Et ce qui arrive dans cette fidélisation, c’est une souscription additionnelle d’autres contrats d’assurance, dans l’intérêt de chacun. »

LES ASSURANCES DOMMAGES OBLIGATOIRES ET LES ASSURANCES DOMMAGES FACULTATIVES

Assurances obligatoires

  • Assurance responsabilité civile des véhicules
  • Assurance des travaux de construction
  • Assurance responsabilité civile professionnelle pour les entreprises du bâtiment ou les professions médicales, juridiques, comptables...
  • Assurance responsabilité civile exploitation (généralement inclue dans l’assurance responsabilité civile professionnelle)

Assurances facultatives

  • Assurance des locaux professionnels comprenant toujours des garanties en cas d’incendie, explosion, inondation, catastrophe naturelle, terrorisme... Et, en option facultative, des garanties en cas de vandalisme, dégât des eaux, bris de machine, vol et malveillance, perte du dirigeant, responsabilité des mandataires sociaux, pertes de marchandises transportées pour propre compte, pertes d’exploitation, risque cyber...

PME : de quoi parle-t-on ?

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la catégorie des petites et moyennes entreprises (PME) est constituée des entreprises qui emploient moins de 250 personnes et qui réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 M€ ou un total de bilan n’excédant pas 43 M€. Toujours selon l’Insee, la France comptait en 2015 (dernières données disponibles) 144 000 PME. Elles emploient 4,521 millions de personnes en équivalent temps plein et réalisent 1,26 Md€ de chiffre d’affaires.

  • 144 000 Le nombre de PME en France
  • 4,521 millions Le nombre de personnes qu’emploient ces PME
  • 1,26 Md€ Le chiffre d’affaires global réalisé par ces PME

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