Coup de projecteur sur les pricipales entités : Embellie des marchés en 2013 avant le plongeon des taux

Le contexte a été finalement plutôt favorable sur les marchés en 2013 pour les acteurs du Top 20. Mais depuis cette date, les taux ont connu une tendance baissière ininterrompue, ce qui rend compliquée la quête de rendement, et fait naître d'autres risques. À commencer par la vulnérabilité de certains acteurs en cas de hausse brutale des taux.

A fin 2013, les plus-values latentes globales sont relativement stables, en raison d'un contexte favorable sur le front des marchés actions et d'une légère remontée des taux d'intérêt. Les provisions pour risque d'exigibilité ont quasiment disparu, les provisions pour dépréciations durables portent bien leur nom, et la problématique de dépréciation des instruments financiers (dettes souveraines en tête) a perdu de son intensité. Mais depuis cette date, les taux ont connu une tendance baissière ininterrompue, ce qui fait naître d'autres risques, et rend désormais compliquée la quête de rendement.

Primauté à l'obligataire

Sans surprise, les placements de nature obligataire constituent l'essentiel des portefeuilles des acteurs du marché. Les portefeuilles des filiales de notre panel sont composés en 2013 à 72 % d'obligations ou d'OPCVM détenant des titres à revenu fixe comme en 2012. Les actions et OPCVM détenant des titres autres qu'à revenu fixe arrivent ensuite et représentent 19 % des portefeuilles, contre 18% l'année dernière, la bonne santé des marchés actions expliquant sans doute cette progression. Les placements immobiliers n'ont pas évolué et représentent quasiment 4% des placements comme en 2012.

Le taux de l'OATi à dix ans était à 1,1 % à fin octobre 2014.

Stabilité des plus-values latentes

À fin 2013, les plus-values latentes globales représentent 8,1% de la valeur brute totale des placements contre 8,4% en 2012, ce qui montre leur relative stabilité. En effet, si les plus-values latentes des titres actions ont progressé significativement en 2013, une bonne performance principalement imputable à la hausse des marchés actions (pour exemple, le CAC 40 a, lui, augmenté de +18% en 2013), les plus-values latentes obligataires ont diminué en raison d'une légère remontée des taux. Le taux des OATi à 10 ans a connu une relative stabilité au cours de l'année 2013 passant de 2,01 % au 1er janvier 2013 à 2,5% au 31 décembre 2013. Depuis cette date, les taux ont connu une tendance baissière au cours des 3 premiers trimestres 2014 et le taux de l'OATi à 10 ans était à 1,1% à fin octobre 2014. Lorsque les taux vont remonter, certains acteurs pourraient se retrouver en difficulté, en fonction de la composition de leur portefeuille d'actifs (nature, euro/UC...).

La PRE, tombée dans l'oubli

La provision pour risque d'exigibilité, calculée en application des dispositions de l'article R 331-5-1 du code des assurances, doit être constituée lorsque les titres relevant de l'article R 332-20 (principalement actions et OPCVM actions/diversifiés) sont en situation de moins-value nette globale.

En 2011, 45% des assureurs du champ de notre étude avaient comptabilisé une PRE. En 2012, le pourcentage était de 11% soit 2 acteurs. En 2013, ils ne sont toujours que deux acteurs, mais ils ont enregistré des reprises significatives de PRE sur l'exercice. Les provisions pour risque d'exigibilité comptabilisées pour ces deux acteurs - un bancassureur et un groupe mutualiste - sont très faibles, et ne dépassent pas 0,5% du total des placements.

L'année 2013 a donc vu une amélioration de la situation des portefeuilles de placements actions, marquée par une hausse des plus-values latentes, qui n'a cependant pas eu d'impact majeur sur la composition des portefeuilles, celle-ci étant principalement guidée par la composition des passifs à couvrir. Néanmoins, cette amélioration reste fragile car elle est principalement tirée par la faiblesse historique des taux d'intérêts et peut donc être remise en cause par une remontée de ces derniers.

Les PDD portent bien leur nom...

L'avis n°2002-F du Conseil national de la comptabilité (CNC) du 18 décembre 2002 précise les règles applicables aux dépréciations des instruments de capitaux propres, en définissant un crible de présomption du caractère durable de la moins-value latente.

À fin 2012, la volatilité des cours ayant fortement diminué, quasiment tous les acteurs avaient opté pour un retour au crible de 20 % de moins-value latente sur six mois (contre 30% les années précédentes). En 2013, les marchés n'ayant pas été considérés comme volatils, l'ensemble des acteurs a décidé de reconduire ce crible (20% sur six mois).

Par ailleurs, les analyses qualitatives menées sur chaque ligne de titre pour identifier d'autres titres présentant une présomption de moins-value durable ont été poursuivies en 2013.

Notons toutefois que ces analyses conduisent les assureurs à identifier les titres pour lesquels une dépréciation est présumée, mais que la décision de doter ou non une dépréciation ainsi que le montant de la dépréciation sont basés sur le calcul d'une valeur recouvrable à l'horizon de détention du titre. Cette dépréciation est calculée selon des méthodes assez variables selon les assureurs. Il résulte des travaux d'inventaire comptable une relative stabilité du montant des provisions pour dépréciation durable entre 2012 et 2013, de l'ordre de 10% de la valeur brute des titres actions en portefeuille. Cette tendance est à mettre en lien avec la hausse des marchés actions en 2013 conjuguée à la baisse des cours des OPCVM comportant des titres obligataires. Si la situation de ces titres est une plus-value latente globale, qui explique l'absence de PRE, l'analyse ligne à ligne des titres, révèle encore des moins-values latentes.

Les dettes souveraines des pays périphériques toujours en observation

Le contexte de marché financier plus favorable a désensibilisé la problématique de dépréciation des instruments financiers en particulier celle des instruments de dettes souveraines, même si les régulateurs ont maintenu leurs exigences sur l'information financière à fournir à travers la publication de leur recommandation. L'exposition aux dettes souveraines des pays périphériques (Grèce, Italie, Espagne, Portugal et Irlande) a été relativement stable en 2013, après avoir connu une forte baisse en 2012. L'Italie est le pays sur lequel les organismes d'assurance restent le plus engagés avec 30 milliards d'euros à fin décembre 2013.

Vulnérabilité en cas de remontée des taux

La relative stabilité des taux en 2013 puis leur chute vertigineuse en 2014 laisse augurer des lendemains difficiles en cas de remontée brutale des taux. La hausse de ceux-ci provoquerait en effet une baisse des plus-values latentes et des rendements sur la poche obligataire, mais surtout des opportunités pour les assurés d'avoir des rendements plus attractifs, avec toujours la «psychose latente» qui voudrait que des rachats massifs soient opérés par les assurés sur leurs contrats d'épargne. Dans ce scénario, les acteurs qui auraient ainsi une allocation d'actifs en grande majorité orientée vers des placements obligataires et/ou vers des supports euro, plutôt qu'en unité de comptes, pourraient ainsi être dans l'oeil de cyclone. Il en est de même pour ceux n'ayant pas la totale main mise pour piloter leur réseau.

structure des placements en 2013


Sans surprise, les placements de nature obligataire constituent l’essentiel des portefeuilles des acteurs du marché. - Sources : L’Argus de l’assurance, Mazars

répartition, en %, des placements par nature d’acteurs

La relative stabilité des taux en 2013 puis leur chute vertigineuse en 2014 laisse augurer des lendemains difficiles en cas de remontée brutale des taux. - Sources : L’Argus de l’assurance, Mazars

ANALYSE DES PLACEMENTS - MÉTHODOLOGIE

Compte tenu de l'amélioration des marchés actions au cours de l'année 2013 conjuguée à l'évolution des taux d'intérêt, il nous a semblé particulièrement opportun d'actualiser notre analyse des placements détenus par les principales filiales des groupes d'assurance. Cette étude nous permet d'analyser l'impact des évolutions du CAC 40 et des taux d'intérêt sur les placements tels qu'ils ressortent des comptes sociaux des principales filiales des groupes du Top 20.

Nous publions également certaines données clés issues, pour la plupart, du bilan ou du compte de résultat de ces filiales. Les données chiffrées au 31 décembre 2013 pour les principales filiales des groupes figurant dans les classements en assurance de personnes et en assurance de biens et de responsabilité sont publiées selon deux axes :
  • LA STRUCTURE DES PLACEMENTS
- Nature des placements avec un comparatif par rapport à 2012.
- Total des placements en valeur brute.
- Part des placements par rapport au total du bilan.
- Part des placements en unités de compte (UC).
- Part des plus ou moins values latentes (PMVL) des titres de placements par rapport à leur valeur brute avec un comparatif par rapport à 2012.
  • LES DONNÉES CLÉS DU BILAN ET DU COMPTE DE RÉSULTAT AINSI QUE LA MARGE DE SOLVABILITÉ
- CA (chiffre d'affaires) avec un comparatif par rapport à 2012.
- Total Bilan.
- Fonds propres.
- Provisions techniques.
- Résultat technique net.
- Résultat net.
- Résultat net/CA.
- Résultat net/Fonds propres.
- Couverture de l'exigence de solvabilité avec un comparatif par rapport à 2012.

Toutes les informations communiquées dans les tableaux « filiales » proviennent soit des sociétés elles-mêmes (informations et rapports transmis à L'Argus de l'assurance), soit de sources publiques exploitées par L'Argus de l'assurance. Comme l'année dernière, les données publiées sont issues des différentes annexes aux comptes individuels des filiales des groupes d'assurance présents dans le Top 20. Pour leur élaboration, nous avons utilisé l'état récapitulatif des placements, état réglementaire issu des annexes aux comptes sociaux, établi conformément aux articles A.344-3 du code des assurances, et A.931-11-11 du code de la Sécurité sociale. Normé, celui-ci permet d'établir des comparaisons sur les structures des portefeuilles de placements des différents acteurs du marché. Nous avons par ailleurs analysé les méthodes de dépréciation et les informations relatives aux expositions aux risques souverains mentionnées dans les annexes sociales détaillées.

Afin de mener à bien notre étude, nous avons étudié les documents financiers de 46 filiales issues de groupes appartenant au Top 20 : 20 mutualistes, 13 bancassureurs, 11 assureurs traditionnels et 2 institutions de prévoyance. À noter que nous n'avons pas eu d'informations sur les institutions de prévoyance des groupes de protection sociale AG2R La Mondiale et Malakoff Médéric. Les placements du champ de notre étude représentent, selon notre estimation, 1 460 milliards d'euros, soit environ 80 % du total des placements des sociétés d'assurance, estimé par la FFSA à 1 795 milliards d'euros en valeur de bilan. Nous avons comparé les résultats obtenus à notre étude menée en 2012. Le périmètre n'étant pas exactement identique en raison d'entrées ou de sorties de certains acteurs du Top 20, nous avons axé nos comparaisons sur les données relatives, à savoir la ventilation dans la structure du portefeuille des placements.

NOTA BENE
- Les références aux placements relevant du code des assurances trouvent leur correspondance dans le code de la Sécurité sociale, pour les institutions de prévoyance.
- Placements relevant de l'article R. 332-19 : Article R. 931-10-40 du code de la Sécurité sociale.
- Placements relevant de l'article R. 332-20 : Article R. 931-10-41 du code de la Sécurité sociale.
- Placements relevant de l'article R. 332-5 : Article R. 931-10-27 du code de la Sécurité sociale.

 

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