Le Top 20 des assureurs habitation 2015

Le Top 20 des assureurs habitation 2015
legende. © Thinkstock

L’assurance MRH a pesé 9,6 Md€ en 2014, en hausse de 4,1% par rapport à l’année précédente, notamment grâce à des retarifications. Représentant près de 92% de ce marché, le Top 20 de L’Argus fait un bond de 7,1%. Malgré l’apparente stabilité du classement, les bancassureurs continuent leur irrémédiable percée.

Tous en rang ! L’ordonnancement du « Classement 2015 des assureurs MRH » est semblable à celui de l’an dernier. En cette période de rentrée scolaire, les principaux acteurs de ce marché pourraient presque se tenir la main d’un air entendu. Car si le Top 20 se distingue, c’est par la stabilité des positions dans un segment qui a pesé 9,6 Md€ l’an dernier (+4,1 %). Il est toutefois vrai que les clients ne changent pas de logement comme de… voitu­re. L’exercice consistant à comparer les résultats de 2014 par rapport à ceux de l’année précédente relève donc du cahier de vacances d’un très jeune élève : il faut chercher l’erreur.

9,6 Md€

Poids du marché français de la MRH en 2014 (+4,1%

10 000

Sinistres habitation indemnisés par jour en 2014

100%

Ratio combiné des assureurs MRH en 2014
Et en creusant, seuls quelques menus mouvements apparaissent. Face à un coût total des intempéries estimé à 2,2 Md€, quelques assureurs – inéquitablement frappés par le sort – ont opéré des ajustements techniques que leur chiffre d’affaires n’a pas su masquer. Ainsi, Groupama, Axa, Allianz ou encore Aviva figurent parmi les compagnies ayant augmenté leurs primes pour maintenir leur ratio combiné.

L’équilibre… mais pas davantage

Ratio qui reste fragile, tout juste à l’équilibre à 100 %. Selon la segmentation de leur portefeuille (zones urbaines, rurales, semi-urbai­nes), le déséquilibre dans le rapport sinistres à primes n’a pu être compensé par la baisse des cambriolages (1) et des incendies enregistrée en 2014. D’où l’importance d’être en capa­cité de passer des revalorisations tarifaires, ce que le Top 20, en croissance de 7,1%, semble mieux réussir à faire que le marché dans son ensemble.

à l’instar de l’automobile, marché deux fois plus conséquent en termes de primes et investi par les mêmes protagonistes, le triptyque volume (et la saine segmentation devant régner au sein de la masse), performance commerciale et rentabilité fait loi en MRH. Ce pilotage en trois dimensions s’est même trouvé renforcé dans un contexte de ralentissement de la production en logement neuf (-10,8% selon la fédération française du bâtiment l’an dernier) assorti de seulement 1,1 % d’ouvertures de chantier. De plus, la perspective des facilités de résiliation offertes par la loi Hamon dès janvier 2015 a aiguisé la volonté des acteurs de maintenir leur position, alors que la masse assurable progresse peu ou pas. « Un portefeuille est vivant, respire et appelle à une dynamique de gestion », explique Thierry Derez, président de Covéa.

« Les assureurs peuvent, ainsi, être amenés à le rééquilibrer en réduisant la voilure sur un segment en fonction de la sinistralité constatée, aucun acteur du marché MRH où les sinistres les plus importants sont corporels ne peut se dispenser d’être sérieux techniquement », poursuit le patron qui, en tête du classement, a plutôt hissé le pavillon avec 146 887 nouveaux lieux de risques assurés conquis l’an dernier. Ce masto­donte (près de 1,6 Md€, en croissance de 4,6 %) profite à plein des effets positifs induits par sa taille critique. Une force qui se confirme à l’heure où le produit MRH se banalise. Le service, justement, devient un marqueur dans un marché hyper concurrentiel qui voit les bancassureurs continuer, sans surprise, à ronger l’os, toujours charnu, de l’assurance habitation.

Les bancassureurs gagnent du terrain

La remontée de la Banque postale Assurances IARD, de la 18e à la 15e place (+45,4 %), le prouve. « Nous associons facilement l’assurance MRH au crédit immobilier en évitant les packs, mais en proposant plutôt des garanties essentielles que le client peut compléter avec des options, conseillées en fonction des réponses formulées à un questionnaire. Nos assurances ne font pas parties d’un catalogue sur une étagère, mais comblent les besoins précis de nos clients », explique Philippe Pétré, directeur marketing et commercial de la Banque postale Assurances IARD.

Avec plus de 107 000 nouveaux assurés gagnés en portefeuille l’an passé, la méthode porte ses fruits... Un coup d’œil au tableau des plus fortes progressions suffit à se convaincre de l’offensive sans précédent de la bancassurance sur ce créneau. Cinquième bancassureur en termes de progression du chiffre d’affaires en 2014 (+8,8 %), Sogessur a bénéficié de la reprise de l’activité du Crédit du Nord qui lui a apporté plus de 25 000 contrats. Un bond par acquisition qui en dit long sur les intentions de cette famille sur ce marché. « Le service client est primordial en MRH. La dynamique a continué en 2014. Il y a eu plus d’opportunités qu’en 2013 », note Céline Pace, la directrice marketing. Au global, les bancassureurs grignotent, chaque année, près d’un point de part de marché… dans une activité à tacite reconduction. Cette performance s’explique, évidemment, par le fait que les banquiers, en finançant l’achat du bien immobilier, sont là au bon moment. Au «moment de vérité» où le client, porte-monnaie à la main, signe de l’autre. «Propriétaire, locataire, étudiant, propriétaire non-occupant… nous souhaitons dépasser cette segmentation pour proposer des packages différents, sur-mesure. C’est un produit clé car nous vendons encore quatre fois plus de contrats MRH qu’auto, avec une belle capacité de croissance», confie Emmanuelle Fenard, responsable marketing offres et services de BNP Paribas Cardif. Ce public naturel, les banquiers entendent le fidéliser et le multi-équiper.

Un marché sur surveillance

Ainsi, sur fond de stabilité, les acteurs historiques doivent adopter une stratégie de rétention de clients. « Chaque assureur surveille l’au­tre. Nous proposons une gamme habitation “éco” en réponse aux besoins d’une partie du marché avec un socle de garanties indispensables et enregistrons de nouveau de très bons résultats depuis début 2015 », glisse élisabeth Havis, directrice générale déléguée de la Matmut. La mutuelle a d’ailleurs perdu près de 19 000 contrats l’an dernier en raison de hausses tarifaires nécessaires (mais parfois fatales) et d’une sélection pointue à l’entrée. Ce sont la télésurveillance et les possibilités des objets connectés, étudiés par tous les noms du classement, qui promettent à l’avenir d’améliorer la sinistralité comme les garanties.

(1) L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales déclare un nombre de cambriolages en baisse de 5% en zone urbaine et de 9% en zone rurale pour les habitations principales (-3,2% pour les habitations secondaires).*

NC : non communiqué.
(1) Les montants 2013 ont été retraités par rapport à l’édition de 2014, suite à un changement de périmètre.
(2) Le nombre de contrats est repris du communiqué de presse des résultats du groupe Maif en mai 2015, sur le contrat d’ assurance habitation Raqvam.
(3) Hors AC MN Iard.
(4) Périmètre réseau Caisses d’épargne.
(5) Périmètre réseau Banques populaires.
(6) Périmètre Natio Assurance, société détenue à part égale avec Axa.

Méthodologie

  • Pour établir le classement des 20 premiers assureurs intervenant sur le marché de l’habitation des particuliers, L’Argus a adressé un questionnaire aux 25 principaux acteurs exerçant sur ce segment : 21 opérateurs ont répondu.
  • Le classement est établi sur la base du CA réalisé en France en 2014.
  • Des différences peuvent apparaître dans les montants de 2013 par rapport à ceux publiés dans l’édition de 2014, les montants étant exprimés HT ou TTC.

« Le marché de la MRH se transforme plus rapidement que celui de l’auto » : Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures

  • En quoi la MRH se distingue-t-elle de l’automobile ?

Ce sont deux marchés très différents. Les résultats techniques, dans le domaine de la multirisque habitation, dépendent du climatique. Il faut donc attendre le 31 décembre pour se prononcer. Si le classement 2014 donne l’impression d’être stable, le marché de la MRH se transforme, en fait, plus rapidement que celui de l’auto. Les bancassureurs y progressent encore plus solidement. à l’inverse, les agents généraux sont fragilisés parce qu’ils couvrent des biens situés en zones rurales ou semi-urbaines, souvent sujettes aux aléas météorologiques. Le ratio combiné des assureurs est, sur ce marché, lié à la géographie de leur portefeuille.

  • Face à cette dichotomie, comment la profession peut-elle réagir ?

En segmentant les risques et donc les tarifs. Des mutuelles sans intermédiaires comme Groupama ou la Macif et certains réseaux d’agents généraux, présents dans des zones particulièrement exposées, devraient continuer à augmenter certains risques de 3 à 8 %. Une partie des biens qu’ils assurent est toujours en situation de sous-tarification...

  • Le mutualisme ne suffit pas ?

Non. Cette logique ne fonctionne plus. Assurer une maison vétuste d’un locataire ou l’appartement neuf et en étage d’un propriétaire occupant n’est techniquement pas le même risque. Des critères comme la date de la construction, le statut de l’assuré, l’étage du logement, la localisation géographique... ne sont pas encore captés et/ou utilisés par tous les assureurs. Or, le redressement technique du risque passera par leur intégration.

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