Coronavirus : « Un capitaine n’abandonne pas son bateau », Fabrice Domange (Marsh)

Coronavirus : « Un capitaine n’abandonne pas son bateau », Fabrice Domange (Marsh)
Fabrice Domange, président du directoire de Marsh France © Dr

Fabrice Domange, président du directoire de Marsh France revient sur l'organisation mise en place chez la filiale française du courtier américain pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus.

Comment s’est passé le passage au télétravail ?

Tout s’est très bien passé, notamment parce que Marsh est en Flex office depuis fin 2018. De ce fait, nos collaborateurs sont tous équipés d’un laptop et de matériels leur permettant de changer chaque jour de lieu de travail. De plus, nous avons aussi mis en place une véritable politique de télétravail dès 2018 pour répondre aux attentes de nos collaborateurs. Par conséquent, quand nous avons suivi le conseil du gouvernement de mettre en place le télétravail, dès le dimanche soir 15 mars, nous avons envoyé des directives à nos collaborateurs par mail et nous leur avons laissé jusqu’au lundi 16 pour un passage rapide au bureau et récupérer le matériel et les documents dont ils avaient besoin.   Tout a tout de suite fonctionné. Je tiens d’ailleurs à remercier les salariés de Marsh qui ont fait preuve d’une adaptation incroyable. Tout le monde est sur le pont, sans aucune faille. Je suis vraiment très touché par ce professionnalisme de nos équipes qui répondent à l’appel dans l’accompagnement de nos clients partenaires.

En termes d’organisation avez-vous envoyé des directives aux managers?

Tous les salariés suivent les mêmes règles et nous appliquons le lead by example, les membres du comex et moi-même montrons l’exemple. Les journées sont ponctuées de Zoom, de calls, il faut vraiment être proche des gens. Le comex se réunit tous les matins en Zoom et ces réunions d’équipes se cascadent ensuite dans toutes les organisations. Nous essayons aussi d’imposer, sauf en cas d’impératif client, une pause déjeuner entre 12 h 45 et 14 h. Je pense que cette coupure et ce moment en famille sont essentiels pour que le confinement et le télétravail se passent bien. Si on ne fait pas preuve de discipline dans la gestion d’agenda, le confinement peut rapidement devenir invivable. Nous essayons de faire en sorte que tout le monde puisse à la fois gérer son travail, garder sa motivation, tout en dédiant le temps nécessaire à ses enfants et sa famille.

Avez-vous mis en place des astreintes ? 

Nous avons demandé à nos partenaires et à nos assureurs d’éviter le courrier papier et de privilégier le mail. Nous sommes assez digitalisés et nous avons quelques collaborateurs des services généraux qui se présentent au siège deux jours par semaine pour récupérer et scanner les courriers papier ainsi que l’équipe IT qui reste mobilisée. Hormis cela, il n’y a pas d’astreinte ni pour les collaborateurs ni pour les membres du comex.

Des directives particulières ont-elles été prises pour le comex ou pour vous meme ?

Il n’y a pas de règles différentes entre le comex et les employés. Nous respectons tous le confinement mis en place par l’État. Tous les membres du comex sont en télétravail. Ils ont néanmoins décidé de rester à proximité de leur lieu de travail, même si je comprends tout à fait que certains de nos collaborateurs aient choisi de partir réaliser le télétravail en province, surtout quand ils habitent en appartement avec des enfants, par exemple ou qu’ils souhaitaient pouvoir aider des personnes fragiles dans leur entourage familial.

Pour moi ? un capitaine n’abandonne pas son bateau. Je suis donc resté dans mon domicile principal à 15 minutes de la Défense, si je dois me rendre au bureau, je peux y aller rapidement. Ne serait-ce que par égard pour nos collaborateurs des services généraux et IT, il est important que nous soyons à proximité et je suis allé les saluer et les remercier la semaine dernière, en prenant toutes les mesures sanitaires de protection demandées.

Toutes ces mesures ont-elles été prises depuis Paris ?

Tout à fait. Si les plans de continuité d’activité (PCA) ont été étudiés (et pratiqués en test chaque année) avec le groupe, les directives sont venues de Paris. Chaque pays s’organise comme il l’entend en fonction de la situation. Nous réalisons pour le siège un reporting de nos contraintes, des décisions que nous avons prises et de notre fonctionnement.

Ferez-vous appel aux aides du gouvernement et à l’activité partielle ?

Non, nous sommes dans une logique de continuité d’activité et n’envisageons pas d’avoir recours au chômage partiel.

Le secteur de l’assurance est résilient et Marsh est un groupe très solide avec une forte capitalisation boursière. Un groupe tel que le nôtre a l’envergure de pouvoir surmonter cette crise. Notre CEO monde a été très clair sur le sujet, il a assuré que les salariés ne seront pas impactés, pendant cette crise et que nous la passerons ensemble.

Le plus important est que nous aidions nos clients à traverser cette crise qui peut s’avérer extrêmement compliquée du fait des interruptions d’activité, entre autres.

Dans ce contexte particulier les renouvellements se sont-ils arrêtés ?

Pas du tout. Nous avons finalisé tous les placements du 1er avril, aucun tenu couvert. Nous travaillons d’ores et déjà sur les renouvellements de mai, juin et surtout sur ceux de juillet qui sont nombreux.

Par ailleurs, un certain nombre de clients ont maintenu leurs appels d’offres malgré la situation, ce qui semble normal. Nous nous organisons pour y répondre, soit en visioconférence soit en « conférence call ».

Concernant les redressements tarifaires, les assureurs sont-ils plus flexibles qu’en janvier ?

Il y a une bienveillance de nos partenaires assureurs, notamment pour les envois de mise en demeure et la gestion au quotidien du servicing. Ils prennent en compte la situation et font preuve de compréhension à l’égard de nos clients partenaires. La discipline tarifaire reste toutefois de mise. Les assureurs ont aussi leurs contraintes de rentabilité technique et sont également impactés par cette crise. Ils ont un bilan avec des actifs réglementés qui seront aussi impactés par la baisse des placements et des marchés financiers.

Malgré la solidité de Marsh, votre activité sera-t-elle impactée par le ralentissement de l’économie française ?

Nous avons clôturé un excellent 1er trimestre pour Marsh France avec une croissance de 5,4 % de chiffre d’affaires et +7 % de new business par rapport à l’an dernier. Nous avons eu un gros démarrage en ce début d’année. Nos affaires nouvelles comprennent une part importante de spécialités, et des activités qui ne sont pas forcément récurrentes. Nous aurons donc un impact, par exemple en construction, assurances support activité M&A, risques spéciaux comme le sport, l’évènementiel. Par contre, nous aurons aussi des opportunités de pouvoir aider nos clients sur des domaines comme les assurances crédit. Cependant, il est difficile de le mesurer, car tout va dépendre de la durée du confinement et de la crise économique qui suivra.

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