« Aujourd'hui, les assureurs nous suivent »

Quel est l'état d'avancée de la plate-forme du courtage ?

Cela avance plutôt bien. En 2011, année de démarrage, les assureurs ont fini de paramétrer leurs systèmes d'information. Depuis le 1er janvier 2012, plus de 150 000 lignes (1) ont été échangées entre les assureurs et les courtiers. Aujourd'hui, les cinq compagnies qui ont testé la plate-forme depuis ses débuts - Allianz, Axa, Covéa Risk-Covéa Fleet, Gan Eurocourtage et Generali - sont interfacées et envoient des messages en production. Thélem assurances travaille activement pour entrer aussi en production d'ici à fin 2012 ; Axa CS, Axeria et Sada assurances sont intéressés. Enfin, environ 80 courtiers ont adhéré au service.

Quel est le profil des courtiers ?

Ils sont de toute taille et essentiellement généralistes. En effet, les courtiers spécialisés ou avec des délégations de gestion totale ont déjà leurs propres normes et systèmes d'échanges de données informatique (EDI), très spécifiques à leur activité. La plate-forme du courtage pourrait être utile à ceux qui sont en délégation de gestion totale pour les échanges de flux transverses comme la comptabilité, sur les termes. Cependant, les compagnies ne sont pas prêtes à recevoir ce type de messages des courtiers.

Où en sont vos relations avec les assureurs qui n'ont pas souhaité financer le projet, mais ont voulu participer à sa gouvernance ?

En 2011, nous avons créé un comité de direction avec les assureurs bêta-testeurs (2), cinq courtiers et des représentants de la CSCA. Les décisions sont donc prises collégialement. Cela permet aux assureurs d'être proactifs sur les évolutions de la plate-forme. Par ailleurs, ces mêmes assureurs devraient entrer au capital de NetproAssur, la société qui exploite la plate-forme. Les problèmes évoqués à la mi-2011 sont donc de l'histoire ancienne. Aujourd'hui, les assureurs nous suivent.

Pourquoi avez-vous convié, en juin, les éditeurs de logiciels à nouer un partenariat avec vous ?

Actuellement, six progiciels sont compatibles et en production avec la plate-forme du courtage. Une quinzaine d'éditeurs ont répondu présents à notre invitation, soit la quasi-totalité des acteurs du marché. Nous avons constaté que les courtiers nous appelaient pour avoir des informations sur la plate-forme, qu'ils étaient intéressés, mais qu'ensuite peu passaient au déploiement. La technique leur fait peur, ils ne savent pas se connecter et paramétrer leur logiciel de courtage. Pour leur simplifier la vie, nous mettons en place une prestation optionnelle avec les éditeurs, afin que ces derniers prennent en charge connexion et paramétrage. Les négociations sont encore en cours, mais son coût ne dépassera pas 500 E et ne s'arrêtera qu'une fois le premier message émis en production. Cela devrait éviter aux courtiers de perdre du temps sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas forcément. Par ailleurs, grâce à ce partenariat, les éditeurs vont parler à leurs clients de notre plate-forme.

Avez-vous toujours un problème de notoriété ?

Jusqu'au mois de juin 2012, il nous manquait des supports de communication. Nous avons donc lancé un site qui est consacré à la plate-forme du courtage (www.edicourtage.fr), et où il est possible d'adhérer en ligne. Beaucoup de courtiers ont encore du mal à comprendre à quoi la plate-forme peut leur servir, comment l'interfacer avec leur logiciel métier... Sur ce site, nous essayons de vulgariser le sujet en leur parlant avantages métiers et non technique. Nous espérons également mettre en place une lettre d'information courant 2013. L'idée est de publier l'information si un nouvel assureur adhère, si de nouveaux messages ou de nouveaux services sont disponibles.

Vous vouliez facturer à la consommation. Est-ce toujours le cas ?

Oui, mais pour cela, nous devons atteindre des volumes suffisants. Pour 2012, et probablement 2013, nous avons conçu des forfaits fondés sur le chiffre d'affaires (voir ci-dessus). Cependant, une facturation au volume, en fonction du nombre de lignes échangées, est plus équitable. Certains consomment très peu alors qu'ils ont de gros chiffres d'affaires, à cause, par exemple, d'activités qui ne sont pas directement concernées par la plate-forme. À terme, nous facturerons à la ligne : c'est l'unité qui correspond le mieux à la production des courtiers et des assureurs.

Les nouveaux assureurs doivent débourser un droit d'entrée de 75 000 E plus une adhésion annuelle de 40 000 E. Cela ne freine-t-il pas l'accès aux petites compagnies ?

Le droit d'entrée de 75 000 E est payable sur trois ans, soit 25 000 E par an. Cependant, ces montants représentent un budget, surtout si la compagnie d'assurances ne développe pas tous les messages et n'échange que quelques dizaines de milliers de lignes. Le droit d'entrée des assureurs est toujours en cours de négociations, et, comme pour les courtiers, la facturation à la consommation me semble indispensable.

Pour un courtier, quel est l'intérêt de votre plate-forme ?

Elle permet au courtier, même si son cabinet est de petite taille, de réaliser des économies. Il n'a plus à ressaisir les informations, à contrôler ni à corriger les erreurs. La plate-forme a également un intérêt métier : avec l'EDI, il est possible d'intégrer toutes les données dans son système d'information, et plus uniquement la prime totale et la commission par exemple. Cela permet d'automatiser de nombreuses tâches, de réaliser des analyses précises... Enfin, la plate-forme apporte une tra-çabilité intéressante dans le cadre de Solvabilité 2.

La plate-forme remplacera-t-elle totalement, un jour, les extranets des assureurs ?

Demain, cet outil pourra les remplacer sur toute la partie gestion des contrats et des sinistres. En effet, sur ces postes, il n'y a aucune valeur ajoutée à passer par un extranet qui oblige les courtiers à ressaisir et à jongler avec différentes interfaces. De leur côté, les assureurs n'auront plus à redévelopper leur extranet dès que leurs outils de gestion évolueront. Cependant, sur tous les aspects commerciaux et tarification, la plate-forme ne pourra jamais remplacer les extranets des compagnies.

1. Par exemple, dans un message termes, qui regroupe tous les termes du mois, il y a une ligne par quittance.

2. En informatique, le bêta-testeur est celui utilise une version bêta d'un logiciel, à savoir disposant de toutes les fonctionnalités sans que la phase de test soit achevée, et qui rend compte des « bugs» à l'éditeur.

SIMPLIFIER ET AUTOMATISER LES TÂCHES

  • Objectif Conçue et financée par la CSCA (400 000 E), la plate-forme du courtage a pour but de transporter - selon la norme EDIcourtage - les messages échangés entre assureurs et courtiers. Elle évite les ressaisies et permet l'automatisation de certaines tâches.
  • Assureurs connectés Allianz, Axa, Covéa Risk et Fleet, Gan Eurocourtage, Generali.
  • Éditeurs compatibles Adhoc GTI, Bel Air, IGA, Leader Informatique, Zen.
  • Types de messages échangés

 - les messages termes, qui sont en production chez les cinq assureurs ;

- les mises en demeure, pour lesquelles Allianz et Axa sont en production, Generali prévoyant de l'être fin 2012 ;

- les règlements de compagnies, qui seront en production chez quatre assureurs d'ici à la fin de l'année ;

- les sinistres, domaine où seul Axa fait des tests depuis cet été.

 

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