Patrimonia 2011 : En dépit de la chute des marchés financiers, les CGPI gardent le moral

Patrimonia 2011 : En dépit de la chute des marchés financiers, les CGPI gardent le moral
Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats de Patrimonia © DR
Les conseillers en gestion de patrimoine indépendants ont affiché une certaine sérénité lors de la convention Patrimonia, organisée les 29 et 30 septembre à Lyon. Toutefois, quelques inquiétudes pointent ici et là, alimentées notamment par la suppression possible des rétrocessions de commissions sur les OPCVM.

On les attendait déprimés, voire stressés, surtout après un mois d'août particulièrement mouvementé sur le front des marchés financiers... Contre toutes attentes, les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), venus en masse (voir encadré) lors de la 18e édition de la convention Patrimonia, organisée les 29 et 30 septembre au Centre des congrès de Lyon, ont affiché une certaine sérénité.

« Une certaine habitude »

« À chaque fois, on se pose la question de savoir si les CGPI sont dans un climat de morosité. Or, cette année encore, nous les sentons confiants. Ils savent faire face à la situation, même s'il doit y avoir certains cabinets en difficulté », convient Philippe Lebaron, responsable de la communication et du marketing opérationnel d'Oradéa Vie. La filiale de la Société générale, qui travaille avec 350 partenaires actifs et fête ses dix ans d'existence, a même dépassé ses objectifs de 30 % en 2010. D'ailleurs, il semble que ce soit les banques privées, et pour cause, qui soient les plus pessimistes actuellement. La déconvenue de la Société générale ne serait pas étrangère à ce sentiment. Même écho chez Skandia, qui a trouvé les CGPI plutôt confiants. « Je ne sens pas les CGPI trop stressés, même s'ils avouent que les affaires sont un peu plus dures. Ceci dit, notre positionnement à 60% sur les unités de compte rend sans doute la situation différente par rapport aux opérateurs qui sont positionnés sur les fonds en euros. Les krachs boursiers se succèdent ; aujourd'hui, ils ont une certaine habitude et de l'expérience », estime Vincent Vercoustre, directeur commercial CGPI de Skandia France.

C'est également l'opinion de Sonia Fendler, directeur du développement et de l'innovation chez Generali patrimoine. « Je trouve les CGPI beaucoup plus solides que pendant la crise de 2008. Ils ont bien communiqué auprès de leur clientèle durant le mois d'août et ils ont préservé leurs encours. En tout cas, ils sont plus positifs que les banquiers privés et ce n'est pas une façade. »

L'inquiétude vient de Bruxelles

En témoigne aussi Michel Brunoro, PDG du Groupe PEA. « Étrangement, nous n'avons jamais reçu autant de témoignages positifs de nos clients, car nous avons travaillé tout le mois d'août. Cette présence, ajoutée à des mails d'information, des courriers et des réponses téléphoniques, nous a permis de rassurer nos clients, de les aider à faire la différence entre ce qu'ils lisaient dans les médias et la réalité », illustre le dirigeant de ce groupe qui réunit trois cabinets de gestion en patrimoine.

Au-delà de la situation économique, c'est davantage la perspective d'une possible suppression des rétrocessions sur les commissions introduite par Bruxelles, dans le cadre de la révision de la directive européenne MIF, qui inquiète les CGPI. Deux associations de conseillers en investissements financiers, la CNCIF et l'Anacofi-Cif, ont profité de Patrimonia pour faire circuler une pétition contre cette disposition. Le texte aurait accueilli plus de 600 signatures à la fin de la première journée de la convention.

En prévision justement de la suppression des rétrocessions, de plus en plus de CGPI se dotent de leur propre société de gestion, à l'image de Primonial ou de Cyrus Conseil. Des prestataires commencent à les aider dans cette démarche. Oddo et Cie a confirmé son projet de lancer, avec l'aide d'une quarantaine de cabinets, une société de gestion. La banque d'investissement a déjà déposé le nom : CGP gestion. La plate-forme Infinitis, quant à elle, attend l'agrément de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour annoncer le lancement de sa société de gestion, créée en partenariat avec des CGPI.

Reste que ces derniers ne sont peut-être pas aussi sûrs de leur devenir. Les enseignes de franchise, présentes à Patrimonia, n'auraient jamais autant reçu de candidatures comparé aux éditions précédentes. « Mais une fois que le salon est fermé, pour éviter qu'un cabinet concurrent ne les voie et fasse courir la rumeur qu'ils vont mal », confie un franchiseur. Il faut bien sauver les apparences...

« VARIABLE ANNUITIES » : LES TAUX DE REVENU GARANTI VOUÉS À BAISSER

- Les contrats à annuités variables, plus communément appelés variable annuities, devraient voir le taux de leur revenu garanti baisser, ont reconnu les intervenants à l'atelier organisé à Patrimonia sur ces produits hybrides, alliant revenu complémentaire garanti, « effet cliquet » (les performances réalisées sont acquises) et sortie en rentes, tout ceci avec la fiscalité de l'assurance vie. La faute à la baisse des taux d'intérêt combinée à la forte volatilité des marchés financiers. Un pic haussier joue en faveur de l'épargnant, grâce à l'effet cliquet qui se traduit par un revenu garanti plus élevé que prévu. Si cette phase est suivie par une longue période baissière, c'est à l'assureur de compenser. Or, les compagnies vivent actuellement cette situation. D'où le conseil donné par Laurent Jumelle, directeur partenariat vie chez Allianz aux CGPI présents à l'atelier : « Dites à vos clients de souscrire maintenant à des variable annuities tant que les rendements sont encore élevés. »

3 QUESTIONS ÀJean-Marc Bourmault, directeur des partenariats de Patrimonia

« L'heure n'est pas à l'euphorie, mais à la recherche de solutions »

  • Quel est le premier bilan de cette 18e édition de la convention Patrimonia ?

Le bilan est globalement très positif tant sur le plan de la fréquentation, qui a progressé de près de 10 %, que de la qualité des intervenants et des visiteurs. Un visitorat qui parallèlement aux CGPI évolue vers d'autres professionnels, comme les courtiers ou encore les notaires.

  • Avez-vous eu le sentiment que les CGPI présents étaient plus inquiets qu'en 2008 ?

Non, le prolongement de cette crise avec une accélération forte ces deux derniers mois est mieux assimilé par cette profession et par leurs clients. L'heure n'est pas à l'euphorie, mais à la recherche de solutions. Cette période irrationnelle sur les marchés et les perspectives sur les évolutions en termes de fiscalité leur donnent des arguments pour démontrer que le métier de conseil a toute sa place dans le monde de l'épargne et de l'investissement. Quand se déroulera la 19e édition ? Le rendez-vous est déjà fixé les 28 et 29 septembre 2012, toujours à la Cité du Centre de Congrès de Lyon.

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