Détecter les candidats via Internet, plutôt que sous-traiter

Si les assureurs maintiennent leurs plans de recrutement pendant la crise, ils s'efforcent d'en maîtriser les coûts. Au détriment des prestataires spécialisés : les cabinets de recrutement ne se voient plus guère confier que 10 % à 15 % des recrutements. Les plus difficiles, évidemment...

« Fin 2008, nous avons interrogé tous nos clients sur leurs perspectives de recrutements pour l'année 2009, explique Mathieu Motillon, manager du pôle assurance du cabinet Robert-Half. Les assureurs restaient confiants. Dans les faits, sur les six premiers mois, ils ont malgré tout ralenti le rythme des embauches : le nombre est inférieur d'environ 15 % aux prévisions. » Ce constat, partagé par la plupart des cabinets de recrutement, n'est pas forcément conforme à la réalité : les statistiques de l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance montrent que les volumes de recrutement n'ont guère fléchi.

En revanche, dans leur stratégie de réduction des coûts, les entreprises rechignent de plus en plus à sous-traiter leurs recrutements. Elles ne font appel à des prestataires spécialisés que dans deux cas de figure : la recherche de profils experts (notamment les actuaires et les informaticiens, qui restent difficiles à trouver) ou de cadres dirigeants (sur lesquels il est trop risqué de se tromper). Et, plus occasionnellement, pour des vagues de recrutements collectifs en régions. « On nous appelle toujours pour des missions d'expertise, confirme Mathieu Motillon. On ne nous achète pas du temps, mais du savoir-faire. »

La recherche de l'oiseau rare est externalisée

Ce que confirment la plupart des employeurs : « Nous avons plutôt une gestion autonome des recrutements, explique Claude Fiot, DRH du groupe Macif. De plus, nous privilégions la mobilité interne. Seuls cas pour lesquels nous faisons appel à des cabinets de recrutement : les profils "experts" (finances, actuariat, informatique) et les cadres dirigeants. » Ce qui ne représente guère plus de 10 % à 15 % des recrutements dans toutes les entreprises que nous avons interrogées. Les cabinets de recrutement ne se voient donc confier que les missions les plus ardues : « Dans le secteur des systèmes d'informations, nous avons deux recrutements en cours, explique Brigitte Chau, DRH de D et O. Pour l'un des deux (un poste de chef de projet très technique), nous ne trouvons ainsi aucun candidat. »

Le recours aux cabinets de recrutement, qui ont une solide expertise en matière de sourcing (présentation de candidats qualifiés), est alors un passage obligé. Certains employeurs se contentent de confier la recherche et la présentation de trois ou quatre candidats qualifiés à leur prestataire. Mais ils tiennent à gérer eux-mêmes la suite du processus (lire le témoignage de Brigitte Chau, ci-dessus). « Sur certains profils, nous avons des exigences précises en termes de compétences et d'expérience, car nous nous inscrivons dans une logique de recrutement durable, renchérit Laurent Bekaert, responsable de la communication interne et de la marque employeur Groupama. C'est pourquoi, quand nous confions la phase de sourcing et de qualification des candidatures à un prestataire, nous préférons prendre en main la suite du processus de recrutement. »

Les recruteurs comptent également sur leurs prestataires pour imaginer de nouvelles techniques de recrutement : « Ils nous permettent d'explorer d'autres voies, poursuit Laurent Bekaert. Ce qui me semble indispensable pour préparer la sortie de crise : nous devons en effet trouver de nouveaux moyens de parler aux jeunes candidats. »

Le site Web et l'e-mailing pour prospecter large

Le meilleur outil de dialogue avec les candidats est, sans conteste, le site Internet de recrutement. Il permet naturellement de présenter les offres d'emploi et de collecter les demandes. Mais c'est surtout le moyen de valoriser - témoignages de salariés à l'appui - la diversité des métiers et des carrières que peut offrir l'assurance. À chacun sa méthode. Le pôle assurance de Crédit agricole capitalise sur la notoriété du groupe : « Avec plus de 4 000 embauches prévues en 2009 dans la banque de détail (réseaux Crédit agricole et LCL), le groupe est le premier recruteur de France sur le marché de la banque et de l'assurance, note Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement du groupe Crédit agricole SA. La branche assurance n'a pas la même notoriété. Mais le site www.mycreditagricole.jobs permet aux candidats de découvrir tous les métiers du groupe, avec des liens vers les sites de recrutement de toutes les filiales. »

Pour créer du trafic sur son site et drainer des candidatures de commerciaux vers ses caisses régionales, Groupama a lancé une campagne d'e-mailing originale : un message « Votre profil nous intéresse » est envoyé à des candidats dont le CV a été repéré sur les principaux Jobboards. Les résultats sont spectaculaires : 10 % des personnes sollicitées se sont rendues sur le site de Groupama. C'est aussi comme cela que l'assurance gagnera la bataille de l'attrait...

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