La dégradation des coûts incite à la prudence

SINISTRALITÉ La baisse de fréquence des sinistres s'est poursuivie en 2005, mais les assureurs restent vigilants face à l'augmentation des coûts moyens. Ils veulent conserver une rentabilité avantageuse.

La sinistralité automobile a poursuivi sa baisse : la fréquence des accidents matériels a diminué de 3 % et celle des accidents corporels de 4 %, selon la FFSA. À cela s'ajoute une belle amélioration sur le front des vols de voitures. Alors, les assureurs se plaignent-ils encore ? Réponse : oui ! La hausse des coûts moyens annihile en effet les effets positifs de la baisse de la sinistralité et les contraint à rester prudents. Selon la Fédération des assureurs, la charge des sinistres progresse même de 3 %. En cause : les coûts de réparation du matériel, qui augmentent de 5 % par an, et celui des corporels, qui connaît depuis dix ans une hausse moyenne annuelle de 6 % due aux nouvelles jurisprudences plus généreuses sur les indemnisations.

L'encadrement du corporel divise les assureurs

Le débat sur les corporels agite la profession depuis longtemps et la réalisation d'un référentiel d'indemnisation par le Gema et la FFSA, présenté début 2006 aux ministères de la Justice et de l'Économie, était censé contribuer à harmoniser les pratiques. Mais, pour l'heure, il n'est toujours pas diffusé. Pourtant, les assureurs y croient. Daniel Havis, président de la Matmut et du Gema, estime que « si l'on arrivait à normaliser les choses, on obtiendrait une prédictivité des coûts ». « Objectiver l'indemnisation est utile et nécessaire, poursuit-il. Notre démarche n'est pas de chercher à réduire les prestations là où il n'y a pas lieu de le faire. D'ailleurs, l'évolution de l'inflation est toujours prise en compte. L'objectif est de parvenir à une réparation qui corresponde à une réalité encadrée ». Une façon d'appeler à la raison.

Pour Antoine Mattei, directeur technique IARD adjoint d'Axa France, « les travaux en cours autour d'un référentiel d'indemnisation vont dans le sens d'une harmonisation de l'indemnisation des victimes et d'une stabilisation du coût des corporels ». Un point de vue qui ne convainc pas tous les assureurs. « Je ne partage pas l'avis de la profession, qui considère globalement que la barémisation est "la" solution au problème de la dérive des coûts des corporels, explique Fabrice Genest, directeur technique d'Aréas. Ce qui plombe les assureurs, c'est la réouverture des dossiers des années après la clôture. » Et là, aucune maîtrise n'est possible puisqu'il s'agit de décisions de justice. Michel Lungart, directeur général de Suravenir assurances, pense ainsi que les tarifs vont repartir à la hausse pour prendre en compte cette dérive.

La modération s'avère payante

D'autres assureurs optent pour le pragmatisme. C'est ainsi que Groupama, par exemple, cherche des solutions de réparation en nature pour aménager les domiciles et les véhicules des personnes handicapées à la suite d'un accident. Une autre façon de maîtriser les coûts. Et MMA, qui a déjà créé la Maison des quatre pour les victimes de traumatismes crâniens, a lancé une importante étude statistique sur les accidents corporels afin de constituer une base de données (environnement, heure de l'accident, profil des victimes...) et, peut-être, ainsi, dégager des facteurs explicatifs de l'accident. L'assureur espère pouvoir réaliser des projections sur son portefeuille et mieux anticiper les coûts des corporels à venir. À terme, l'idée est d'influer sur la politique de souscription et d'éviter les profils à risques. La démarche est similaire aux AGF qui veulent se positionner sur les services aux clients. Le service indemnisation devient force de proposition avec, pour objectif, la maîtrise des coûts.

Globalement, les assureurs sont assez sereins, même s'ils gardent un oeil attentif sur le sujet des corporels. D'ailleurs, la plupart s'en sortent très bien. Les AGF affichent une charge globale des sinistres en hausse de 1 %, « mais la rentabilité reste très bonne ». Generali note même « une amélioration de la sinistralité tant en fréquence qu'en coûts ». La Maif obtient également de très bons résultats : la charge globale a baissé entre 4 % et 5 %. Axa estime pouvoir tenir encore ses tarifs grâce à sa politique de segmentation. Natexis assurances améliore considérablement son ratio sinistres sur primes avec un « gain de 20 points, tous événements confondus, mais faisant suite à un exercice 2004 très chargé » en sinistres corporels.

Et les assureurs dont le ratio s'est légèrement dégradé ont laissé faire, considérant cela comme un petit sacrifice au service de leur objectif premier : gagner des parts de marché. Le résultat de la Maaf, notamment, s'est un peu détérioré par rapport à celui de 2004, mais « le ratio combiné de la branche reste dans les objectifs de l'entreprise ». L'assureur se dit serein.

Finalement, les baisses tarifaires sont modérées. Car la plupart des assureurs ont mené une politique de prix leur permettant de conserver une marge de manoeuvre jusqu'en 2007, au moins.

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