« La fusion des contrôles est une aberration »

Pour le président de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances, les risques qui pèsent sur l'assurance et sur la banque n'ont rien de comparable.

Le 4e congrès de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances se déroule sur fond de crise économique, qu'en est-il pour la profession ?

Pour nous, courtiers, les effets de la crise commencent à se faire sentir. La fin d'année, et surtout 2010, seront plus délicates du fait de l'effet ciseaux qui se profile : alors que les entreprises clientes vont chercher à obtenir des réductions de primes, compte tenu de la pression sur leur trésorerie, les porteurs de risque vont initier un mouvement de hausse des taux. Cet effet se fera pleinement sentir au moment des renouvellements du 1er janvier. Il reste quelques mois aux courtiers pour s'y préparer et transformer cette contrainte en opportunité. De deux choses l'une : soit le courtage use pleinement de sa compétence d'ingénierie des risques et il sortira grandi de cette épreuve, soit il ne saisit pas cette opportunité et sera durablement touché.

Quelle est la position de la CSCA quant aux velléités des pouvoirs publics de fusion des contrôles des banques et des assurances ?

La famille de l'assurance au sens large a une position cohérente sur ce projet de fusion des contrôles : rien, ni personne, n'a quoi que ce soit à y gagner. Les risques qui pèsent sur les banques et sur l'assurance ne sont pas comparables et la fusion des contrôles est, selon moi, une aberration. D'ailleurs, le rapport de Jacques de Larosière à la Commission européenne ne la préconise pas. Sur ce sujet européen, la France ne doit pas faire cavalier seul. J'étais début juin à Bruxelles pour échanger avec la Commission européenne au sein du Bureau international des producteurs d'assurances et de réassurances [Bipar]. J'ai formulé deux propositions pour préserver l'autonomie des secteurs dans le cadre du système préconisé par le rapport « Larosière » - les banques centrales nationales réunissent toutes les informations et reportent à la BCE. Il s'agit que les suppléants auprès des banquiers centraux soient équitablement issus de chaque secteur régulé et qu'ils assurent des présidences tournantes du contrôle.

Quelle est l'incidence de ce projet sur la profession de courtier ?

Le métier de courtier dépasse largement la distribution. Notre spécificité doit être reconnue. L'exemple de la carte professionnelle est parlant : alors que nous demandions un volant de 600 heures de formation pour son obtention, les banques, qui vendent des produits d'assurance standards, ont réussi à le limiter à 150 heures. En cas de fusion des contrôles, il y a un risque que le tableau de bord de la Banque centrale européenne soit un reflet moins juste de la réalité et qu'on n'entende plus qu'une seule voix, celle des banques.

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