La garantie accidents de la vie gagne à être connue

La garantie accidents de la vie gagne à être connue

Les garanties accidents de la vie courante (GAV) gardent un bon potentiel de croissance. Assez peu connu, ce type de produits gagnerait à être mieux expliqué aux assurés par les réseaux. Mutualistes et bancassureurs obtiennent de bonnes performances.

L’anecdote aurait pu faire sourire. Mais elle s’est révélée tragique. Aux premiers beaux jours d’avril, un jeune perpignanais a ressorti le barbecue de son garage. Il n’a pas remarqué qu’une boule de pétanque était dissimulée dans le foyer. Chauffée à blanc, la boule a explosé au visage de cet homme de 31 ans, sous les yeux de son épouse et de ses trois enfants. La victime est décédée quelques heures plus tard, après son transfert à l’hôpital.

Plus de 11 millions d’accidents de la vie courante se produisent ainsi chaque année, causant 21 000 décès : c’est près de six fois plus que le nombre de morts sur les routes. Mais contrairement à l’assurance RC auto, les garanties accidents de la vie (GAV) ne sont pas obligatoires. Résultat : seulement un tiers des Français sont couverts.

Les GAV restent en effet mal connues. « Les assurés pensent trop souvent être couverts par leur responsabilité civile, observe Gérald Monchanin, directeur santé et prévoyance du particulier chez April. Ce n’est généralement pas le cas. Or les accidents de la vie courante sont des risques de forte fréquence qui peuvent avoir une incidence financière lourde sur la vie d’une famille. »

Pour aider le grand public à mieux comprendre les GAV, la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) a créé un label en 2000. En définissant mieux les contours de cette garantie, ce label lui a effectivement permis de décoller : en 2017, la FFA a recensé 5,2 millions de contrats labellisés (couvrant 10,5 millions de personnes), c’est-à-dire 5 % de plus qu’en 2016. Cela représente 870,2 M€ de cotisations, soit une croissance de 8 %.

  • Les accidents de la vie courante sont la troisième cause de mortalité en France, après les cancers et les maladies cardiovasculaires.
  • Les garanties accidents de la vie, encore mal connues, ne sont pas obligatoires. À peine un tiers des Français sont couverts.
  • Le marché progresse de 8 % par an et garde un potentiel de croissance important.
    Sources : Institut national de veille sanitaire, FFA

Tous les contrats mis sur le marché ne sont pas labellisés, loin s’en faut : alors que les sociétés d’assurance (adhérentes historiques de la FFSA) ont massivement souscrit à cette démarche de labellisation, les mutuelles et les réseaux de bancassurance n’ont pas tous jugé utile de le faire. Ce sont pourtant les principaux acteurs du marché : dans le Top 10 de la GAV établi par L’Argus de l’assurance dans son édition du 13?avril dernier figurent trois mutuelles (Macif, Covéa, Groupama), quatre banques (Crédit agricole Assurances, Natixis Assurances, Société générale Insurance et La Banque postale Prévoyance) et seulement trois sociétés d’assurance (Axa, Generali, Allianz), qui plus est dans la deuxième partie du classement.

On peut donc estimer que le nombre total de personnes couvertes est au moins deux fois supérieur aux chiffres annoncés par la FFA : plus de 21 millions de bénéficiaires, soit seulement un Français sur trois. Il reste donc un sérieux réservoir de croissance…

Reste à savoir comment convaincre les clients. Directrice prévoyance et dépendance individuelle d’Axa France, Nathalie Aubonnet plaide pour la pédagogie : « Les assurés ne savent pas pour quels risques ils sont couverts ou pas. Arrêtons de leur parler de GAV dans notre jargon d’assureur ! Mieux vaut les sensibiliser aux accidents domestiques et à la façon de les prévenir : c’est un enjeu tout aussi important que la prévention santé, qui mobilise tous les assureurs. » Et c’est la clé de la croissance : Axa France a encaissé 111 M€ de primes pour près de 1 million de contrats en 2017. C’est 13 % de plus qu’en 2016. « Nous comptons progresser encore en relevant le taux d’équipement », assure Nathalie Aubonnet.

Gros plan sur le Label GAV

Pour sensibiliser aux garanties accidents de la vie, la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA, devenue FFA en juillet 2016 après la réunion avec le Gema) a créé le label GAV en 2000. Il détermine le champ d’application de cette garantie :

  • accidents de la vie ;
  • catastrophes naturelles et technologiques ;
  • accidents médicaux ;
  • attentats ou agressions.
    Il fixe également un plancher de garantie en deçà duquel un contrat ne peut être labellisé :
  • dès lors que l’incapacité permanente directement imputable à l’accident atteint 30 %, le plafond de garantie ne peut être inférieur à 1 M€ afin de couvrir les frais de logement et de véhicule adapté, l’assistance permanente à une tierce personne, les pertes de gains professionnels futurs, les souffrances endurées, le préjudice esthétique permanent, le préjudice d’agrément ;
  • en cas de décès, la GAV prend en charge les frais d’obsèques, le préjudice d’affection, les pertes de revenus des proches, les frais divers des proches.

Des garanties en hausse

Le label FFA, qui a joué un rôle incontestable dans le décollage du marché, commence à montrer ses limites. Pour se différencier, de nombreux assureurs ont relevé le niveau de leurs garanties. À commencer par Axa France, qui a ouvert son contrat à une population plus âgée (il est possible de souscrire jusqu’à 75 ans, au lieu de 65 pour la plupart des compagnies). L’assureur a relevé le plafond d’indemnisation à hauteur de 100 000 € par année de cotisation (1,6 M€ au bout de six ans) et propose différentes options : protection juridique pour les risques liés à Internet et couverture des petits-enfants pour les assurés seniors, par exemple.

Mutuelle des professionnels de santé, la MACSF a, contrairement à beaucoup de mutuelles, fait le choix du label FFA. Elle a en effet très tôt misé sur la GAV, convaincue que cette garantie était particulièrement adaptée à son public, plutôt sportif, exerçant majoritairement en libéral. « Nous essayons de capter les professionnels de santé dès leur sortie de l’école, quand ils commencent à s’installer, explique Luc Romanillos, directeur technique assurances de la MACSF. Nous avons donc mis au point un pack “Entrée dans la vie pro” comportant une RC pro, une protection juridique, une complémentaire santé et une prévoyance Madelin ainsi qu’une GAV. » Résultat, la mutuelle pointe au 28e rang du classement de L’Argus, avec 65 000 contrats et 9,2 M€ de prime : un rang plus qu’honorable au regard de sa taille !

Yann Arnaud, directeur innovation, offre et produits IARD du groupe Macif
« Notre “Garantie Accident” est un levier de fidélisation »

  • Votre offre Garantie Accident a une double spécificité : elle n’est pas labellisée et relève de la direction IARD. Pourquoi ?
    Nous avons créé cette offre en 1973, près de 30 ans avant l’existence du label FFSA ! Le Régime de prévoyance familial accident (RPFA), rebaptisé Garantie Accident au début des années 2000, a volontairement inclus dès sa création une garantie conducteur couvrant tous les utilisateurs, habituels ou occasionnels, du véhicule. Nos sociétaires sont très attachés à ce contrat. Nous n’avons donc pas souhaité le modifier. Nous nous rendons compte aujourd’hui que cette garantie est particulièrement adaptée aux nouveaux usages de l’auto, entre autopartage et covoiturage.
  • Comment se traduit l’attachement des sociétaires à cette garantie ?
    Tout simplement en chiffres : sur les 5,3?millions de sociétaires couverts par un contrat auto ou MRH, 4,2?millions ont souscrit une Garantie Accident. Nos conseillers considèrent que sensibiliser les sociétaires à l’intérêt de cette garantie est au cœur de leur mission de protection et de conseil. Ils la proposent systématiquement, car ils sont convaincus de son utilité.
  • Résultat ?
    La Macif est leader du marché avec 4,2?millions de contrats et 288 M€ de primes en 2017. Au-delà des chiffres, la Garantie Accident est un bon levier de fidélisation : quand un sociétaire se blesse au cours d’une randonnée et découvre qu’il bénéficie d’une assistance rapatriement, il est très agréablement surpris. C’est ainsi que certains d’entre eux, qui n’ont plus d’assurance auto, ont conservé leur Garantie Accident Macif.

Des contrats hétérogènes

Luc Romanillos s’interroge toutefois sur la pérennité du label, alors que la plupart des assureurs ont, tout comme Axa, Pacifica et Groupama, relevé le niveau de garantie de leur contrat. « Nous allons probablement en faire autant, reconnaît-il. Les professionnels de santé peuvent avoir des revenus élevés : le plafond d’indemnisation d’1 M€ est un peu juste. Nous pourrions donc être amenés à le relever à 2 M€, mais en option. » Pour Gérald Monchanin, annoncer de tels niveaux d’indemnisation est un miroir aux alouettes : « On promet à l’assuré un capital d’1 M€ en oubliant de préciser que toutes les prestations versées – y compris par l’État – en sont déduites », explique le directeur santé et prévoyance du particulier chez April. Le courtier grossiste a préféré opter pour un contrat forfaitaire : « Si l’assuré à moins de 60 ans, nous lui garantissons 100 000 € en cas de décès et 200 000 € en cas d’invalidité, sans tenir compte des prestations versées. Il ne risque donc pas d’être déçu. » Autre spécificité : l’assuré a le libre choix des prestations d’assistance dont il souhaite bénéficier. « Nous lui accordons un budget de 150 € ou 300 € qu’il peut dépenser à sa guise en services à domicile, garde d’enfant, soutien psychologique… »

Hétérogènes de par les garanties proposées, les GAV sont aussi abordées de façons très différentes par les réseaux de distribution. Les bancassureurs ont tendance à les vendre en complément d’une assurance Auto et MRH. La Macif aussi, alors que la SMACSF, mutuelle professionnelle, l’inclut quant à elle dans un package pro. Tout comme Groupama, dont une partie du portefeuille est issue de l’ancienne garantie accident des agriculteurs, transformée en GAV. De leur côté, Axa France et April conseillent à leurs réseaux de parler de GAV à tous les clients particuliers, aussi bien en santé qu’en auto ou MRH. Mais quelle que soit la formule choisie, tous partagent la même conviction : la souscription directe n’est pas pour demain. La GAV est un produit qui se vend davantage qu’il ne s’achète. Et qui mérite d’être défendu.

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