Le Top 30 de la mutualité (12 novembre 2004)

BILAN 2003 Forte progression de 11 % pour les trente premières mutuelles en 2003, avec 6,2 MdE de cotisations encaissées et près de 16 millions de bénéficiaires. La croissance est tirée principalement par les hausses tarifaires, qui ont également contribué au redressement des marges des mutuelles en 2003.

Dopé par les hausses tarifaires, la poursuite des rapprochements et le dynamisme commercial, le Top 30 de la mutualité progresse à vive allure : + 11 % en 2003, + 12 % en 2004, après + 8 % en 2002 ! L'ordre dans le peloton de tête est bouleversé en 2003 par la spectaculaire remontée de la Mutuelle nationale hospitalière (MNH), qui croît de 19 % et ravit la quatrième place à Préviade-Mutouest. Cette percée est imputable à la réforme du système tarifaire engagée par la MNH le 1er janvier 2003. « Cette refonte a permis d'augmenter sensiblement notre chiffre d'affaires et de renouer avec la compétitivité. Avec 26 000 nouveaux clients et un très faible taux de démission, la MNH a connu sa meilleure année depuis dix ans », explique son directeur de la stratégie et du développement, Jean-Louis Noury. La croissance ne va pas s'arrêter là, puisque, du fait du désengagement de la Sécurité sociale, la MNH a augmenté ses cotisations de 10,4 % le 1er février 2004. Sa position étant consolidée, elle a décidé, lors de sa dernière assemblée générale, d'élargir son périmètre de rayonnement dans l'économie sociale. Traduction de cette stratégie, elle changera de nom en 2005 pour devenir la Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social. Autre forte croissance parmi les dix premiers, la Mutuelle nationale territoriale (MNT) progresse de 30 % en 2003, consécutivement à la reprise de l'assurance indemnités journalières des agents et fonctionnaires territoriaux au 1er janvier (soit 60,8 ME de cotisations) et à la fusion avec cinq mutuelles. De son côté, Maaf santé gagne deux places (du huitième au sixième rang), avec une progression de 13 % en 2003, puis de 16 % en 2004. « Nous sommes dans une dynamique de croissance qui s'explique par l'excellent positionnement tarifaire de la gamme Biorythme et par la forte motivation des conseillers commerciaux », explique Jean-Michel Lief, son directeur général. L'objectif est d'atteindre un million de personnes protégées, afin de couvrir un sociétaire sur deux. Il lui reste donc près de 250 000 nouveaux bénéficiaires à conquérir...

Plus bas dans le classement, à la vingt-cinquième place, Smatis a fait un saut de géant avec 22 % en 2003, qui seront suivis d'une progression de 33 % en 2004. « Nous nous développons exclusivement par voie de croissance interne, et nous souhaitons également préserver notre indépendance et notre autonomie », précise son directeur du développement, Dominique Derenancourt. Cette stratégie peut être qualifiée d'atypique à l'heure où les regroupements mutualistes fleurissent et où le fait d'absorber son voisin est considéré comme le moyen le moins onéreux de croître. « Les mutuelles qui se regroupent cumulent les différentes strates. Notre analyse est que l'agrégation par couche n'est pas performante », justifie Dominique Derenancourt.

Rajeunir et communiquer

Smatis, qui a fêté l'année dernière ses soixante ans, était à l'origine focalisée sur les personnes âgées et les travailleurs indépendants dans les zones rurales (en Charente). Dans les années quatre-vingt-dix, elle a entrepris de rajeunir son portefeuille et de s'étendre hors de son territoire d'origine sur la moitié ouest de la France, où elle dispose de vingt agences. Depuis 2001-2002, la mutuelle a adopté une stratégie offensive de développement qui commence à porter ses fruits. Elle ambitionne de partir à la conquête de l'Est et de s'étendre sur l'ensemble de l'Hexagone, toujours en solo. Quel est le secret de sa réussite ? La stratégie d'implantation des agences a été modifiée : « Nous essayons systématiquement d'être situés au coeur des villes, ce qui nous a permis de doubler le nombre de demandes de devis », explique Dominique Derenancourt. Une nouvelle gamme de dernière génération vient d'être finalisée. Elle sera lancée avec une campagne de communication décalée (lire « l'Argus » du 3 septembre, p. 15). Enfin, la mutuelle vise « l'excellence en matière de services », avec un credo : « Ne jamais décevoir la clientèle. » Smatis, qui n'a pas souhaité communiquer sur ses résultats techniques et financiers, précise que sa croissance serait « rentable » et qu'elle n'a pas besoin de recourir à la réassurance pour répondre aux exigences de solvabilité. Autre forte croissance du Top 30, Mutuelle bleue affiche 32 %, se hissant ainsi de la vingt-deuxième à la dix-septième place. Ce résultat est lié à la croissance externe : fusion en 2003 avec Cima mutualité et la Mutuelle de Saint-Fargeaux et substitution de cinq mutuelles, qui ont généré 23,8 MEde cotisations en 2003.

Dévorer les autres ou changer de cap

Le classement 2003 est également chahuté par l'entrée fracassante de deux nouveaux compétiteurs, filiales de groupes paritaires : Médéric mutualité, et Société mutualiste Malakoff (SMM). La filiale de Médéric fait véritablement office d'outsider : son chiffre d'affaires a plus que doublé en 2003, la propulsant directement à la dix-septième place. Médéric mutualité a repris le portefeuille fermé d'un groupement d'assurés (qui génère 44,3 ME de primes), géré par April Group et réassuré à 50 % auprès de Prévoyance Re. Sans cet apport, Médéric mutualité n'aurait pu intégrer le Top 30. La croissance organique de la mutuelle a été de 25 % en 2003, nourrie par l'arrivée des retraités du groupe paritaire. De son côté, SMM a progressé très fortement il y a deux ans. Tournée à l'origine vers la santé individuelle (essentiellement les actifs sortants et les ayants droit des salariés assurés par le groupe Malakoff) et les collectives facultatives, SMM a progressé tout au long de la décennie quatre-vingt-dix au rythme de 30 % par an sur des affaires collectives, qui représentent désormais plus de 80 % de son portefeuille.

Une trêve après dix ans de malheur

Grâce aux énergiques révisions tarifaires opérées par certains opérateurs, alors que les dérapages des dépenses de santé ont été moins importants que prévu, les résultats 2003 et 2004 ont été bien meilleurs pour une majorité de mutuelles. Ainsi, la somme des résultats net dégagés par les mutuelles en 2003 a-t-elle pu atteindre 130 ME, alors qu'elle était négative de 22 ME en 2002. « Ce redressement fait suite à une décennie où les résultats comptables de l'ensemble de la mutualité se sont largement dégradés. Mais je pense qu'il ne sera que de courte durée, et qu'on assistera à moyen terme à une nouvelle dégradation des marges, en raison de la hausse des dépenses de santé et de la guerre des prix en assurances collectives », relève Michel Collombet, associé à Eurogroup.

En attendant, trois mutuelles de la fonction publique, la MG, la MNH et la MNT, qui étaient déficitaires en 2002, se sont très bien redressées dès l'exercice 2003. Le résultat net de la MG, qui avait plongé à - 41,8 ME en 2002, caracole à + 26,06 ME en 2003 et devrait atteindre 34,7 ME en 2004. Le déficit de la mutuelle des télécoms était imputable à l'obligation de constituer des réserves pour faire face aux dérives de la sinistralité en incapacité-invalidité. C'est désormais chose faite, et une refonte de la structure tarifaire en santé, ainsi qu'un relèvement des cotisations en assurance indemnités journalières ont conduit à son redressement. De son côté, la MNH a opéré un spectaculaire rebond en 2003, le résultat net repassant au-dessus de zéro après avoir plongé à - 60,6 ME en 2002, grâce à une réforme en profondeur de la politique de tarification au 1er janvier 2003. Les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, la MNT a dégagé un confortable résultat net en 2003, en même temps qu'elle reconstituait ses fonds propres et améliorait la couverture de la marge de solvabilité (234 % en 2004 contre 189 % en 2002), après un vigoureux coup de pouce tarifaire en 2003 (+ 9,5 %). À l'opposé, la MGEN plonge dans le rouge en 2003, pour la première fois depuis 1984 (lire « l'Argus » du 7 mai 2004, p. 29). Par conséquent, le système de tarification de la mutuelle des enseignants a été rénové en profondeur au 1er janvier 2004, ce qui lui permet d'anticiper un énorme excédent de 45,8 ME pour cette année. Toutefois, le ratio prestations sur cotisations santé se dégrade, franchissant la barre de 100 %, et la couverture du besoin de marge diminue, passant de 761 % en 2002 à 690 % en 2004 (tout en demeurant à un niveau plus que confortable). « Notre excédent sur le contrat prévoyance assuré par la CNP nous autorise une redistribution maximale des prestations santé », explique Jean-Michel Laxalt, président de la MGEN.

Des révisions tarifaires providentielles

Plus mal en point, la Mutuelle des agents des impôts (MAI), déjà déficitaire en 2003, verra encore son résultat se détériorer en 2004. Elle n'a pas augmenté ses tarifs cette année, dans l'attente du lancement, le 1er janvier 2005, de la nouvelle offre élaborée en partenariat avec les trois autres mutuelles de l'union Groupe Initiatives mutuelles (Mutuelle du Trésor, Mutuelle des Douanes, Mutuelle du ministère de la Justice - lire « l'Argus » du 24 septembre 2004, p. 29).

Également dans le rouge en 2003 (- 4 ME), la Société mutuelle Mieux-être (SMME) est sur la voie du redressement. L'exercice 2004 reste déficitaire (- 1 ME), mais le retour aux bénéfices est prévu pour 2005. Rappelons que la SMME est le nouveau nom de la SMBTP et qu'une fusion est en cours avec l'Uname (rétroactive au 1er janvier 2003). L'absorption du portefeuille de réassurance et de substitution de l'union technique de réassurance du groupe Mieux-être explique le bond en avant de 31 % du chiffre d'affaires de la SMME en 2004. Cette opération s'est accompagnée d'une réorganisation en profondeur du groupe, avec la filialisation des activités de services du groupe Mieux-être, dont, notamment, Itelis (détenue à hauteur de 78,71 %), Viamédis (35,28 %), et Hosta (59,42 %). « Nous sommes sortis de la phase d'investissement liée à la réorganisation du groupe », explique Clifford Kunstler, DGA de Mieux-être.

Pour la SMME également, les hausses tarifaires (+ 10,3 % en 2004) ont contribué à l'amélioration du résultat technique. Mais pendant combien de temps encore les mutuelles pourront-elles procéder à des augmentations tarifaires pour rétablir leurs marges ? Une enquête réalisée par « l'Argus de l'assurance » en partenariat avec l'Ifop (1) indique que les Français sont prêts à payer 8 % de plus pour leur complémentaire santé. Or, c'est le pourcentage de hausse tarifaire moyen prévu pour 2005...

1. « Les Complémentaires santé : volet grand public », Les Études produits de « l'Argus de l'assurance ».

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 24 septembre 2021

ÉDITION DU 24 septembre 2021 Je consulte

Emploi

Natixis Assurances

GESTIONNAIRE INDEMNISATION CADRE H/F

Postuler

Assurances Mutuelles de Picardie

RESPONSABLE POLE SINISTRES H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Désignation d'un Commissaire aux comptes 2022-2027

Nantes Métropole Habitat, OPH de la Métropole Nantaise

17 septembre

44 - NANTES METROPOLE HABITAT

Prestation de DPO (Data Privacy Officer) externalisée.

Agence Nationale des Fréquences

17 septembre

94 - ANFR

Marché d'assurances.

Ville de Plombières les Bains

17 septembre

88 - PLOMBIERES LES BAINS

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Le Top 30 de la mutualité (12 novembre 2004)

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié