Le top 30 de la mutualité

BILAN 2004 ET PERSPECTIVES 2005 Après une forte progression de 11 % en 2004 (à 6,85 MdE), liée à d'importantes augmentations tarifaires, les hausses de cotisations, donc la croissance, marquent le pas en 2005 (+ 7 %). Le tout se situe dans un contexte de bonne santé financière pour l'ensemble du top 30.

Après deux années de croissance à deux chiffres (11 %) en 2003 et en 2004, le top 30 affiche une pause en 2005 (7 %). Les deux années précédentes montraient de fortes revalorisations tarifaires, afin de rétablir les équilibres techniques et de conforter les marges de solvabilité. Cette année, les hausses sont moins élevées (de 6 à 8 %) et le classement n'est pas chamboulé par de nouveaux acteurs comme l'an dernier (arrivée de Médéric mutualité et de la SMM). Pas de fusions d'envergure non plus en 2005 : les trente premières mutuelles sont davantage occupées par les changements liés à la réforme de l'assurance maladie et à affûter leurs armes commerciales face à une concurrence grandissante, plutôt que d'aller courtiser les voisines. Les manoeuvres de regroupement se sont certes poursuivies, mais du côté des mutuelles de la fonction publique (lire p. 34).

Côté mutuelles interprofessionnelles, plusieurs opérations ont été menées cette année. Grâce à sa fusion avec la Mutuelle de la Vienne au 1er janvier 2005, Touraine mutualiste progresse de 23 %. La Mutuelle Atlantique a intégré la Mutuelle nationale des sapeurs pompiers (25 000 personnes protégées) en 2004, puis la Mutuelle des chantiers de Loire-Atlantique en 2005. La Mutuelle familiale a absorbé la Société mutualiste de thanalogie (Smit), une mutuelle d'entreprise qui couvre les 3 700 salariés du groupe OGF. Enfin, Préviade-Mutouest a intégré une mutuelle de Moselle de 40 000 personnes protégées, Somilor. Mais la première des mutuelles interprofessionnelles prévoit une opération de tout autre envergure en 2006, à savoir la fusion avec la huitième du top 30, Imadiès, elle-même née du rapprochement de cinq mutuelles normandes. Le projet est bien engagé en attendant d'être validé lors de l'assemblée générale de juin 2006. Des discussions sont également en cours entre Préviade-Mutouest et une mutuelle proche d'Imadiès, Arc-en-ciel, située dans l'Aisne et trentième du classement en 2003. Si le rapprochement avait lieu, le futur ensemble représenterait près de 850 ME de cotisations et se hisserait au deuxième rang.

En attendant de grossir encore, Préviade-Mutouest se consolide. Elle vient d'achever l'harmonisation des offres santé de ses deux composantes, qui se sont unies il y a seulement trois ans. « Nous avons désormais bien stabilisé notre fusion et sommes ensemble dans une dynamique de succès », indique André Geffard, le DG. Le classement 2004 des mutuelles santé présente quelques surprises. Ainsi, la Société mutuelle Mieux-Être (SMME) gagne cinq places, passant du dix-huitième rang au douzième, avec un taux de croissance de 50 % ! Ce bond en avant est à mettre sur le compte de l'intégration de l'Uname, l'union technique de réassurance du groupe Mieux-Être. Déficitaire, l'Uname a fusionné en 2004 avec le vaisseau amiral du groupe, la SMBTP, donnant naissance à la SMME, dont la croissance interne a progressé de 15 % en 2004 et 16 % en 2005. « Cette croissance organique est liée à la réorganisation commerciale menée depuis 2003. Elle va dans le sens d'un rééquilibrage vers la clientèle individuelle », explique Jean-Pol Mairiaux, DG de la SMME. Le recentrage vers les particuliers a été motivé par le redressement technique de la mutuelle, déficitaire en 2002 à cause des collectives. La démarche commence à porter ses fruits, puisque la part collective reflue de 55 % en 2003 à 50 % en 2005.

La Société mutualiste Malakoff (SMM), qui a progressé de 19 % en 2004, a également poursuivi son développement en santé individuelle, lequel, ajouté aux augmentations de tarifs, a généré un accroissement du chiffre d'affaires de plus de 20 % dans cette activité. En parallèle, une importante campagne de redressement de portefeuille a été menée et a conduit à la résiliation de certains contrats collectifs en santé.

Le champion de 2003 fait encore un bond énorme

Smatis a effectué, de son côté, une belle performance commerciale en 2004, grimpant de la vingt-cinquième à la seizième place du classement. Champion de la croissance interne en 2003, la mutuelle récolte les fruits d'une stratégie commerciale offensive, avec l'ouverture de nouveaux points de vente en centre ville. Pour Smatis, l'année 2005 sera celle de la consolidation. La mutuelle affiche un taux de croissance de 5 % et indique « profiter de l'année 2005 pour améliorer sa rentabilité ».

Musclées par les hausses tarifaires, les marges se sont reconstituées

La Mutuelle de l'industrie et du pétrole (Mip) croît également plus rapidement que la moyenne du top 30 (17 % en 2004 et 15 % en 2005) et gagne trois places en 2004. La progression est notamment imputable à la mise en place d'un important contrat collectif Total en avril de cette année. La Mip vient de lancer une garantie individuelle, surcomplémentaire au contrat collectif de base. Après un test fin 2004, la commercialisation grandeur nature a démarré début 2005 auprès des assurés collectifs. Bilan : 13 500 contrats ont été vendus à ce jour, générant 5 % du chiffre d'affaires de la mutuelle en 2005. Les garanties portent sur l'optique, le dentaire, les dépassements d'honoraires, dans la limite de 85 % du reste à charge pour un coût de 15 à 100 E par mois. « Curieusement, ces garanties sont souscrites par des personnes qui bénéficient déjà d'un contrat collectif de bon niveau. Nos garanties s'adaptent pour s'imbriquer parfaitement dans la couverture existante », explique Michel Lagrange, directeur financier de la Mip. Pour 2006, la mutuelle prévoit de proposer l'offre surcomplémentaire à des adhérents externes, et elle projette de lancer conjointement avec son partenaire MG une gamme pour les PME, qui sera diffusée par l'intermédiaire du courtage et en direct sur Internet.

A contrario, Mutuelle bleue est la seule du top 30 dont les cotisations sont en retrait. L'explication est que, coup sur coup en 2004 et en 2005, deux mutuelles substituées sont sorties de son giron. La première, la Mutuelle de Cahors, a intégré une autre mutuelle. La seconde, la Mutuelle de Franche-Comté, en meilleure forme, a repris son indépendance. Les trente premières mutuelles santé affichent en tout cas en 2005 une santé financière éclatante. Les fortes revalorisations tarifaires opérées en 2003 et 2004 ont permis de redresser la situation et de la conforter pour la plupart de celles qui étaient un peu « justes » au niveau des fonds propres, notamment certaines mutuelles de la fonction publique. C'est notamment le cas pour la MG. Contrainte par le nouveau code de la mutualité d'effectuer, entre 2000 et 2003, d'importantes provisions supplémentaires sur le risque incapacité-invalidité, elle avait plongé dans le rouge et vu fondre sa marge de solvabilité en 2002. En 2004, la mutuelle a repris des couleurs. À l'instar de nombre de ses consoeurs, la MG avait surestimé la consommation médicale réelle et avait appliqué une hausse tarifaire de 8 %, soit 2,5 points de plus que nécessaire. Conséquence du redressement, MG affiche en 2005 un taux de couverture de sa marge de 205 %, contre 152 % en 2003, et vise, comme son partenaire la MNT, 250 % en 2007. « Ce taux constitue un juste équilibre pour garantir l'indépendance de la mutuelle et sa pérennité, tout en maximisant les prestations servies », explique Didier Bazzocchi, DG de la MG. Atteindre cet objectif exige de dégager un résultat net de 35 ME pendant trois ans. Pari tenu en 2005, puisque la mutuelle anticipe de réaliser un excédent de 43 ME.

La course aux fonds propres touche à sa fin

Parmi les mutuelles interprofessionnelles, Préviade-Mutouest s'est également bien renflouée, puisque sa marge est passée de 238 % à 315 % entre 2003 et 2005. La palme revient à la Mutuelle Sud Rhône Alpes, qui caracole en tête avec un taux de 830 %, faisant de ce fait une entrée remarquée dans le top 30. La Mutuelle Sud Rhône-Alpes est née, rappelons-le, en 2004 de la fusion de six mutuelles. Dernière opération en date, la Mutuelle du Sud a rejoint en 2004 la Camec-MSM. « Nous n'avons jamais fait de démagogie sur nos cotisations. Notre gestion au plus près des réalités du risque nous a permis de réaliser depuis plusieurs années des excédents techniques de l'ordre de 3 %. Par ailleurs, toutes les mutuelles qui ont fusionné avaient un taux de couverture élevé de leurs engagements », explique Michel Liautard, DG de Mutuelle Sud Rhône Alpes.

À l'inverse, d'autres mutuelles, moins bien dotées, ont encore du chemin à parcourir. C'est le cas notamment de la SMME, dont le niveau de fonds propres, à 27,5 ME, est l'un des plus bas du top 30. Sa marge de solvabilité de 200 % est acquise en étant réassurée, notamment par Médéric, Prévoyance Re et la CCR. Consciente de cette faiblesse, la SMME a conclu début octobre un accord de partenariat avec Axa, qui entre dans le capital de ses filiales de services (Itelis, Hosta, Hosta fi et Pol) et qui se chargera, à partir du renouvellement 2006, de sa réassurance (lire « l'Argus » du 28 octobre, p. 25). « Notre objectif est à terme de doubler le niveau de fonds propres et de dégager un taux de solvabilité de 150 % hors réassurance », explique Jean-Pol Mairiaux. D'autres mutuelles sont également un peu faibles sur ce plan, comme la SMM, dont la couverture de la marge de solvabilité est de 131 %, mais qui est adossée au groupe Malakoff, ou encore la MCD, qui affiche un taux de 150 %, hors plus-values latentes. « En 2006, nous allons augmenter notre taux de couverture. Nous visons entre 180 % et 200 %, ce qui est suffisant, parce qu'il est important de continuer à investir », estime Patrice Pinel, son DG.

Après le redressement général, la guerre des prix pourrait recommencer

En tout cas, mieux en forme, les mutuelles annoncent des taux d'augmentation des cotisations a minima en 2006. Malgré les effets incertains de la réforme, les majorations tarifaires prévues pour 2006 sont en moyenne de 3 % en assurance individuelle, contre 6 % au 1er janvier 2005. Les mutuelles, n'ayant pas d'actionnaires à rémunérer et fortes de leurs réserves reconstituées, pourront le cas échéant se permettre d'absorber un léger dérapage technique en 2006, quitte à procéder à des revalorisations tarifaires en cours d'année. Leurs clients seront de moins en moins en mesure de payer de nouvelles hausses de leurs cotisations. Face à la forte concurrence sur la complémentaire santé individuelle, les mutuelles santé n'hésitent pas à afficher des tarifs de conquête. Le début d'une guerre des prix ?

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