Les réassureurs imposent leur loi-France Pour la première fois, " L'Argus de l'assurance " dévoile les parts de marché des réassureurs en France. Leurs performances s'inscrivent sur fond de résultats techniques, chroniquement mauvais et sous le coup d'une sinistralité exceptionnelle.LES VÉRITABLE...

Les réassureurs imposent leur loi-France Pour la première fois, " L'Argus de l'assurance " dévoile les parts de marché des réassureurs en France. Leurs performances s'inscrivent sur fond de résultats techniques, chroniquement mauvais et sous le coup d'une sinistralité exceptionnelle.

LES VÉRITABLES POSITIONS SUR LE MARCHÉ HEXAGONAL



Il y a longtemps que le marché hexagonal n'est plus animé par les réassureurs français... Parmi les membres de l'Association des réassureurs français (ARF), seuls Scor et Partner Re, si l'on excepte Swiss Re, se hissent dans la poignée d'acteurs internationaux qui font le marché français. Ainsi en 2001, trois quarts des primes émises, sur un marché de la réassurance non-vie estimé à moins de 2 Md€, sont le fait de réassureurs étrangers. Et 2002 devrait voir ce phénomène s'accentuer : Munich Re a la ferme ambition de reprendre du poil de la bête sur ce terrain ; XL Le Mans Re place ses pions ; et Hannover Re garde les moyens de jouer les trouble-fête.

Cela dit, les réassureurs nationaux, quelle que soit leur taille, pâtissent autant que leurs concurrents européens des événements naturels catastrophiques, des sinistres industriels majeurs et de la baisse des marchés financiers. Pour s'en sortir, ils sont contraints d'entrer, au même titre que la plupart des acteurs mondiaux du secteur, dans une fuite en avant caractérisée par une soif de souscriptions d'affaires. Celle-ci est justifiée par une franche remontée des prix.

Les fonds propres se sont érodés de 4 Md€

Le salut se trouverait donc dans la poursuite des affaires, même si de nombreux observateurs estiment que peu de réassureurs pourraient réellement faire face à tous leurs engagements si les comptes devaient être soldés en fin d'année 2002. Cela laisserait supposer que les hausses de tarifs annoncées et appliquées en 2001 et 2002 ne suffisent pas à récupérer le manque de primes des années passées. La situation est d'autant plus préoccupante que les fonds propres se sont érodés de plus de 4 Md€ pour l'année 2001 et que les réassureurs doivent encore provisionner des sommes colossales pour faire face à leurs engagements à long terme. L'ARF s'est pourtant voulue rassurante lors de sa présentation des résultats 2001. Or, exceptée l'adhésion de Swiss Re France à la Fédération française, les bonnes nouvelles ne sont pas au rendez-vous. Les acteurs du marché hexagonal sont en proie à de réelles et de profondes difficultés, liées en partie seulement aux événements récents. La faiblesse historique de leur rentabilité, dégradée un peu plus l'an passé, ne laisse pas d'inquiéter. Les regroupements et rachats divers qui se seront accélérés ces dernières années semblent devoir se poursuivre, mais ne paraissent pas être de nature à changer la donne. D'autant que l'insuffisance notoire de capitaux frais et la nécessaire mobilisation de fonds propres pour bénéficier à plein du retournement mondial du marché fragilisent encore plus les réassureurs nationaux. Ainsi, Scor a dû céder certaines activités et en stopper d'autres pour garder la tête hors de l'eau. En réalisant son augmentation de capital, le premier réassureur français réussit toutefois à maintenir une marge de manoeuvre pour profiter de la hausse du prix des garanties. Axa Ré, de son côté, gère au plus près le nouveau contexte et son actionnaire a renfloué les caisses de 150 M€. Juste de quoi garder l'ensemble présentable pour être vendu sur le marché le moment venu. Si les chiffres d'affaires 2001 affichent des taux de croissance record, les résultats techniques sont en chute libre. Le ratio combiné des membres de l'ARF atteint 140 %. Les chiffres publiés par l'association prouvent avec éclat la faiblesse des résultats techniques. Malgré un bond de 43 %, à plus de 11 Md€, des primes brutes émises en 2001, les résultats techniques nets des réassureurs français plongent de 1,4 Md€. Mécaniquement, le résultat net collectif ressort négativement à 576 M€ et le rendement net sur fonds propres devient négatif, pour la première fois depuis 1995, à - 14,4 %. Du coup, les provisions techniques s'effritent et représentent moins de 250 % des primes nettes.



TÉMOIGNAGES

MUNICH RE ET SWISS RE RESTENT VIGILANTS

, mandataire général pour la France de Munich Re

" NOTRE POSITION N'EST PAS À LA HAUTEUR DE NOS AMBITIONS "

" Munich Re n'entend pas limiter ses engagements en termes de capacités sur le marché français. Nous voulons convenir avec nos clients d'une certaine forme de limitation dans les traités RC. Le premier pas serait de ne plus accorder de garanties illimitées quand la loi ne l'exige pas. Cela concerne la RC générale et en partie les dommages matériels en RC automobile. En Allemagne, l'expérience prouve que le marché peut trouver un équilibre entre assureurs et réassureurs pour la prise en compte du risque automobile. Par ailleurs, nous considérons que notre position en France n'est pas encore à la hauteur de notre place mondiale. Et ce, malgré une progression de CA de 20 % en 2001 et presque autant en 2002. Le groupe veut être le premier ou le second dans chaque pays d'implantation. La France est un marché cible sur lequel nous devons produire des efforts, en vie et en non-vie. Mais la recherche de la profitabilité ne sera pas sacrifiée, car nos actionnaires attendent un retour sur fonds propres supérieur à 15 %. Pour cela, le ratio combiné devra être en dessous de 100 %. "



, délégué général pour la France de Swiss Re

" LE MARCHÉ HEXAGONAL SE CARACTÉRISE PAR SA VOLATILITÉ "

" Pour Swiss Re, la France est un marché non-proportionnel et le devient de plus en plus. En 2002, notre CA croît grâce à l'augmentation de nos parts et à l'amélioration des conditions de réassurance. Cela, malgré la disparition de certains traités proportionnels, transformés en non-proportionnels par les grandes cédantes. Ainsi, de par sa structure, le marché français se caractérise par une volatilité importante. Nous assistons, en 2002, à un vrai renversement de cycle. Il nous permet de formuler nos besoins pour les renouvellements de fin d'année. Parmi ceux-ci, figure en bonne place la révision des conditions des traités de RC générale. Swiss Re, de concert avec ses clients, entend encore apprécier sensiblement les prix et revoir les garanties en " illimité ". Il y a urgence à faire aboutir ce dossier complexe. " Nous restons confiants quant à notre développement en France, car notre activité devrait connaître une croissance solide. Notre objectif premier reste toutefois la rentabilité. Cela passe par un contrôle de nos frais généraux ainsi qu'une baisse sensible de notre ratio combiné. Il doit se situer nettement en dessous de la barre des 104 %. "



PROGRESSION DANS LA DOULEUR

Primes brutes et ratios résultats nets/primes nettes, résultats nets/fonds propres



Les primes brutes bondissent de 43 % en 2001. Les performances techniques sont toutefois affectées et entraînent une forte dégradation des rentabilités.

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