Les réassureurs imposent leur loi-Tensions Les fortes hausses de tarifs de la fin 2001 ne sont pas un feu de paille. La tendance au durcissement des conditions techniques et tarifaires se confirme sur le marché des facultatives. Les réassureurs ont repris le pouvoir et ne le lâcheront pas de sitô...

Les réassureurs imposent leur loi-Tensions Les fortes hausses de tarifs de la fin 2001 ne sont pas un feu de paille. La tendance au durcissement des conditions techniques et tarifaires se confirme sur le marché des facultatives. Les réassureurs ont repris le pouvoir et ne le lâcheront pas de sitôt.

FACULTATIVES : LA RIGUEUR POUR LONGTEMPS



Sur le marché des facultatives, la tension est aujourd'hui palpable. Destinées à réassurer ou assurer les grands risques au cas par cas, les couvertures facultatives sont traditionnellement des affaires volatiles, à la tarification extrêmement sensible. En dehors des cat' nat', lorsque les taux de réassurance sont à la baisse, les taux des facultatives chutent encore plus. Et quand les taux montent, c'est encore en facultatives que le mouvement est, en général, le plus prononcé.

Les renouvellements 2001 ont laissé des traces

Les facultatives forment aussi un marché éminemment concurrentiel. Risk managers, cédantes et courtiers n'hé-sitent pas à opter pour un autre réassureur et, d'une année à l'autre, soit les affaires changent de main, soit l'équilibre entre les différents réassureurs d'un même contrat est modifié. En 1999-2000, on avait pu remarquer un début de stabilisation des tarifs, qui s'est transformé en hausse partielle en 2000-2001 : la fin des produits financiers faciles avait commencé à faire prendre conscience de la nécessité d'un redressement des taux. L'après-11 septembre a brutalement accéléré les choses et les renouvellements de la fin 2001 ont été rudes. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont laissé des traces. Si les assureurs directs ont compris que l'assainissement du marché leur serait aussi profitable qu'aux réassureurs, en bout de chaîne, les risk managers n'ont pas eu la même attitude et ils ont dû faire admettre à leurs directions générales, pas toujours compréhensives, que l'assurance devait inéluctablement augmenter. Et que le nombre de plus en plus restreint de fournisseurs de couvertures en risques industriels ne permettait pas aux clients de jouer les uns contre les autres. Ce travail de fond est facilité par le changement de cap opéré par les courtiers. Face à la désertification du marché, le nombre d'assureurs diminuant toujours plus, ils ont compris que leur existence dépend autant de leurs clients que des marges bénéficiaires de leurs fournisseurs. En cas de retrait massif de ces derniers, avec pour conséquence l'installation d'un oligopole, ils ne pourraient même plus faire jouer la concurrence sur le dernier espace de négociations qu'il leur reste - les garanties et les conditions techniques.

Spirale irrationnelle ou assainissement salutaire ?

Le courtage s'est donc fait compréhensif et véhicule un nouveau discours. Cela peut se résumer en quelques points. L'assurance a des cycles. Le cycle baissier est terminé, les hausses sont inévitables. Les réassureurs font des profits ridicules, même sur dix ans. Si l'on ne veut pas décourager les investisseurs et provoquer une pénurie de capacité - qui serait catastrophique -, il faut les laisser restaurer leur santé financière. Reste que les hausses ont tout de même du mal à passer : " Nous sommes dans une spirale irrationnelle. Le durcissement des tarifs se poursuit et il me semble lié aux questions que se posent certains acteurs sur l'intérêt de rester ou non sur le marché des risques industriels. Ils ont donc tendance à ne pas avoir le recul nécessaire pour établir une stratégie sérieuse de gestion de portefeuille ", estime Thierry Van Santen, risk manager de Danone et président de la Fédération européenne des risk managers (Ferma). Il est normal que les risk managers protestent contre les hausses. Et il est tout aussi normal que les réassureurs les justifient. Pour Renaud de Pressigny, directeur général de Scor Business Solutions, " la plupart des grands risques américains ont déjà connu deux, voire trois renouvellements en hausse, alors que le redressement des conditions tarifaires sur le marché français n'a débuté que fin 2001. Les augmentations de prime observées aux États-Unis pour la campagne 2002/2003 sont beaucoup plus modérées qu'au cours des deux dernières années. Sur les autres marchés, la hausse se poursuit, pour combler l'écart entre les tarifications pratiquées et les taux permettant d'atteindre l'équilibre technique ", constate-t-il.

Modification du cycle

Il faut cependant préciser que tous les secteurs d'activité ne sont pas traités de la même manière. La responsabilité civile (RC) mandataires sociaux, la RC médicale, entre autres exemples, vont tout simplement avoir du mal à trouver des ouvertures car de moins en moins d'assureurs et de réassureurs acceptent de les couvrir. Ce sont deux des rares secteurs pour lesquels un réel danger de pénurie de capacité existe. Pour le reste, la capacité est toujours là, mais pas à n'importe quel prix. Curieusement, cela pourrait être un facteur de stabilisation des clients. Car, chez les risk managers et chez les assureurs, apparaît un nouveau comportement. Il s'agit de ne surtout pas tenter de trouver à toute force un nouveau programme de réassurance, ce qui risque de provoquer une revue de fond des contrats existants et, donc, des hausses encore plus fortes ou des baisses de garanties. Faire le dos rond et accepter la situation en évitant tout ce qui pourrait empirer, voilà une attitude surprenante en matière de facultatives. C'est le signe, à l'évidence, que le marché a cédé la place à un marché d'offres. Les réassureurs ont donc fini par reprendre le dessus. Historiquement, d'ailleurs, cela s'est toujours passé ainsi, dans les années quatre-vingt comme dans les années quatre-vingt-dix, avec des cycles de dix ans où alternent baisses des taux, stabilisation, puis hausse. Cette fois, le cycle pourrait changer de tempo. La concentration de l'offre entre une poignée de grands réassureurs qui " font les tarifs " et guident le marché est désormais telle qu'en dessous des dix ou douze premiers intervenants, plus personne n'a la possibilité de jouer sérieusement les trouble-fête. Le Lloyd's, qui a longtemps eu la réputation de casser les prix, en est à sa troisième ou quatrième réforme en dix ans et toutes sont allées dans un même sens : donner aux instances dirigeantes un plus grand droit de regard sur la souscription des agences. L'institution londonienne, qui supporte une bonne partie du poids financier des événements du 11 septembre, n'a plus beaucoup de marge de manoeuvre, et ne peut plus jouer les trublions. Pas plus que les nouveaux réassureurs bermudiens qui, pour l'heure, souscrivent les tranches basses des programmes et restent très prudents. La période de hausse puis de stabilisation des tarifs pourrait donc durer bien plus longtemps que lors des cycles passés. Karim Natouri.



TROIS QUESTIONS À

, directeur général de Swiss Re Financial Services

" NOUS AVONS MAINTENANT PLUSIEURS CENTAINES D'OPÉRATIONS CUMULÉES DE TYPE ART EN PORTEFEUILLE "

Qu'apporte Swiss Re Financial Services dans la stratégie du groupe ?

Établi en 2001, SR Financial Services permet un contrôle du risque financier et de crédit plus cohérent pour tout le groupe. Le regroupement des unités financières a également permis d'innover et de multiplier les solutions offertes aux clients. La tendance est d'aller du traditionnel transfert de risque vers le financement du risque et le réassureur devient un conseiller d'optimisation en capital.

Les solutions ART sont-elles réellement en phase avec la demande des clients ?

Les solutions non-traditionnelles, type ART, apportent à nos clients assureurs et " corporate " un réel service de transfert de leur volatilité. Certes, l'utilisation de ces outils est encore modeste, car l'assurance reste complexe pour les intermédiaires bancaires classiques. Toutefois, le lancement de SR Financial products, à New York, en 2001 est déjà une source de contribution importante pour Swiss Re. Les produits situés à la convergence entre la finance et l'assurance permettent d'absorber la volatilité en la retransformant sous forme de contrepartie pour réduire l'utilisation du capital et accroître ainsi le ROE. Nous avons maintenant plusieurs centaines d'opérations cumulées de type ART en portefeuille. Les résultats sont très prometteurs.

Quelle est votre position sur la création des captives ?

La création de captives est en plein essor, car les entreprises retiennent davantage de risques dans leurs bilans. Outre l'avantage fiscal des flux de placements, la captive permet aux industriels de mieux prendre conscience des risques et d'assurer une meilleure gestion. Toutefois, la capacité des captives à transférer effectivement les grands risques est limitée et une plus grande rétention de risques peut augmenter la volatilité des résultats. Ainsi, la création de captives doit d'abord s'inscrire dans le contexte d'un dialogue actif avec l'assureur ou le réassureur sur le couple gestion du risque-optimisation du capital.

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