Pendant la crise, le recrutement continue

Avec 10 000 embauches en 2009, l'assurance maintient le rythme élevé de recrutements qu'elle a adopté déjà depuis six ans. Cela lui permet de se forger une place à part sur le marché de l'emploi : longtemps négligée par les candidats, l'assurance commence à attirer.

Face à la crise, 49 % des entreprises françaises ont décidé de geler leurs recrutements (1). Sur un marché de l'emploi très dégradé, l'assurance fait figure d'Ovni : la branche clôturera 2009 en ayant intégré 10 000 recrues. Ce rythme correspond à la moyenne basse des six dernières années. Mais il reste calé sur la vitesse de croisière d'un secteur d'activité finalement peu touché par la crise. « On assimile souvent les assureurs aux banquiers, alors qu'aucune société d'assurances n'a bénéficié du plan de soutien gouvernemental », note Gérard Lobjeois, délégué général de l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance. Seul métier réellement affecté par la crise : la gestion d'actifs... « qui ne représente guère que 2 % des effectifs, poursuit Gérard Lobjeois. L'assurance de masse, elle, se développe ».

Le papy-boom ne touche pas tout le monde

Ce qui ne signifie pas qu'elle crée de l'emploi : les effectifs des sociétés d'assurances restent stables - autour de 140 000 salariés. Les 10 000 recrutements ne sont que des remplacements liés au turn-over et, bien entendu, au papy-boom. Jusqu'en 2015, les assureurs verront, en effet, 3 500 à 4 000 de leurs salariés partir à la retraite chaque année. Chez Axa France, par exemple, 30 % des effectifs quitteront l'entreprise dans les années qui viennent, avec un gros pic en 2012. De même, Groupama verra un tiers de ses salariés partir à la retraite. « L'effet papy-boom se prolongera jusqu'en 2017, ce qui nous permettra d'étaler les départs dans le temps », note toutefois Laurent Bekaert, responsable de la communication interne et de la marque employeur.

Attention, tous les assureurs ne sont pas logés à la même enseigne ! Les entrants sur le marché, notamment les bancassureurs, ne sont absolument pas touchés. Chez Pacifica (groupe Crédit agricole), la moyenne d'âge n'est que de 32 ans ! Ce qui n'empêche pas le bancassureur de recruter massivement : 250 à 260 embauches sont prévues, « un nombre un peu supérieur à nos pronostics initiaux », note Thierry Cornille, DRH de Pacifica. Il est vrai qu'avec une croissance de 13 % à 15 % par an, cette filiale ne connaît pas la crise...

Même quand ils sont à l'abri du papy-boom, les assureurs veillent à préserver les grands équilibres : « Les accords conclus avec les organisations syndicales lors de la fusion Dumas-Orepa ont eu un impact positif sur notre pyramide des âges, explique Brigitte Chau, DRH du groupe D et O. Nous restons malgré tout très attentifs. » Une stratégie partagée par l'ensemble des assureurs, qui tiennent à lisser leurs plans de recrutement. « La dernière crise [2003] a montré à quel point les politiques de stop et go sont risquées, explique Mathieu Motillon, manager du pôle assurance au sein du cabinet de recrutement Robert-Half. Elles déséquilibrent la pyramide des âges et génèrent, en sortie de crise, une vraie guerre des talents. »

Les assureurs chassent en effet des profils (bac + 2 et bac + 5) très recherchés sur un marché du travail qui redeviendra ultra-concurrentiel à la fin de la crise. « Les employeurs n'ont aucun intérêt à tarir les flux de candidatures, poursuit Mathieu Motillon. Pour gérer au mieux les transferts de compétences, ils devraient intégrer leurs plans de recrutements dans un projet de long terme relevant de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. »

Les grands courtiers lèvent le pied

C'est précisément ce que fait le monde de l'assurance : les compagnies aussi bien que les mutuelles, les bancassureurs, les institutions de prévoyance... Seuls les grands courtiers semblent avoir donné un coup d'arrêt aux recrutements (lire l'interview de Thomas Doucende, p. 32). C'est ainsi que la Macif (9 000 salariés) recrutera une centaine de collaborateurs : exactement comme en 2008. Après avoir intégré 120 à 130 personnes par an depuis quatre ans, CNP assurances (3 000 salariés) maintient le cap en prévoyant de boucler 2009 sur 120 recrutements. D et O (1 000 salariés) intégrera une cinquantaine de personnes en 2009, comme en 2008. Axa France reste sur son rythme de 2 000 à 2 500 recrutements annuels... en comptant les agents généraux (200 à 300 par an), les agents mandataires (400) et les agents prévoyance et patrimoine, prévoyance et protection financière (100) et les jeunes en alternance (250). « C'est logique : ils suivent exactement le même processus de recrutement que les salariés, explique Marie-Carole Lecercle, directrice du recrutement externe. On parle de plus en plus de diversité : on ne peut se cantonner aux CDI. Cette diversité des contrats s'inscrit dans une vision de l'entreprise élargie. »

Surtout des profils à forte valeur ajoutée

Le cabinet de courtage Solly Azar (450 salariés) garde aussi le même rythme que l'an passé : une cinquantaine de recrutements. Mais sur des profils très différents : « La crise n'influe pas sur le volume mais sur les cibles, explique Annick Grimbert, responsable RH chargée du recrutement. Comme nous nous recentrons sur nos métiers à forte valeur ajoutée, nous renforçons nos équipes techniques. »

De fait, les plans de recrutement traduisent clairement la stratégie de développement des entreprises. « Notre priorité est la qualité de service, explique Brigitte Chau, DRH de D et O. Nous poursuivons ainsi l'industrialisation des processus de gestion dans le cadre du projet de l'usine retraite. » « Après une période de diversification des activités et d'accroissement des effectifs, signale de son côté Annick Grimbert, responsable RH de Solly Azar, nous consolidons notre organisation, stabilisons nos effectifs et nous concentrons sur notre coeur de métier. Nous avons ainsi externalisé la gestion des prestations santé. » « Au début des années deux mille, lors du développement de nos plates-formes de relations client, nous avons recruté jusqu'à 200 personnes par an, se souvient Claude Fiot, DRH du groupe Macif. Aujourd'hui, nous n'en intégrons plus qu'une centaine. L'heure du recrutement de masse est révolue. Nous orientons les recrutements vers nos nouveaux métiers : la création de notre activité bancaire devrait générer une trentaine d'emplois. »

Que les assureurs soient parmi les recruteurs les plus actifs est, en soi, une bonne nouvelle... qui mérite toutefois d'être relativisée : « À l'échelle de l'économie française, l'assurance reste un tout petit secteur, sourit Gérard Lobjeois. Car 140 000 salariés, c'est moins que la SNCF ou EDF ! »

1. Étude réalisée en février et mars 2009 par le cabinet Robert-Half auprès de 5 700 DRH et directeurs financiers dans 20 pays.

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