Prévisions 2003 - Analyse À en croire les trois dirigeants et les deux experts auxquels nous avons posé la question, l'année 2003 connaîtra une hausse des chiffres d'affaires, une relative paix sociale (dans l'assurance au moins), des partenariats fructueux, de grands espoirs en matière de fonds ...

Prévisions 2003 - Analyse À en croire les trois dirigeants et les deux experts auxquels nous avons posé la question, l'année 2003 connaîtra une hausse des chiffres d'affaires, une relative paix sociale (dans l'assurance au moins), des partenariats fructueux, de grands espoirs en matière de fonds de pension, d'assurance santé, mais aussi... des faillites.

EN ATTENDANT LA REPRISE...



"Devant les événements actuels, les risques de guerre en Irak, les tensions sur le pétrole renforcées par la situation au Venezuela et au Moyen-Orient, la crainte du terrorisme, je crois que le contexte n'est pas propice à un développement économique équilibré et harmonieux dans tous les domaines. De plus, l'absence d'investissement boursier long et l'utilisation de certains instruments financiers ont amplifié la volatilité que nous venons de connaître. Certes, nous n'avons pas eu de rallye au mois de décembre - il a eu lieu en novembre, c'était malheureusement insuffisant -, mais j'envisage plutôt aujourd'hui une hypothèse de hausse pour 2003, avec un Cac 40 à 3 600 points, voire plus, à la fin de l'année. Même si, entre-temps, il est fort possible que nous en passions par de nouvelles périodes de baisse. " Jean-Philippe Thierry, président d'AGF et de la FFSA, résume bien la conjoncture du début d'année 2003 et prend un pari, celui de voir la Bourse remonter. Il est d'ailleurs plus optimiste que ses experts : AGF asset management ne table que sur 10 % de progression des Bourses européennes. Mais il est vrai que les opérationnels préfèrent se fonder sur des prévisions économiques prudentes, quitte à être agréablement surpris par la suite. L'analyse de Jean-Philippe Thierry est que " fondamentalement, nous ne sommes pas entrés dans une période de récession. Nous ne sommes pas en déflation, car déflation signifie récession économique et baisse des prix. Or, le débat aujourd'hui est de savoir si nous aurons 1,8 % ou 2,5 % de croissance en 2003 et si l'inflation sera de 1,5 % ou de 1,8 %. Ce que nous traversons est donc une crise financière profonde, mais avec seulement un ralentissement économique. "

Une analyse que corrobore, tout en la tempérant, celle de Patrick Peugeot, président de La Mondiale : " 2003 comporte beaucoup d'aléas, ce qui veut dire pour nous que nous devrons redoubler de vigilance pour plusieurs raisons. Je ne vois pas bien ce que sera la structure des taux obligataires. Nous ne savons pas non plus clairement quelle sera la croissance économique et la croissance de l'épargne, et nous ne pouvons donc nous faire une idée de la demande de nos clients. Retrouveront-ils le chemin des unités de compte ? Je pense que oui, mais progressivement. " De fait, les batailles d'experts autour des prévisions de croissance et d'inflation laissent une marge pour une progression de la collecte d'assurances (lire l'encadré p. 31). Mais entre le haut et le bas des fourchettes, se situe l'écart entre un redémarrage de la Bourse et une poursuite du marasme.

Des taux et des dégâts

L'incertitude qui pèse sur la Bourse ne peut cacher celle, peut-être plus préoccupante encore, qui pèse sur les taux obligataires à long terme. Car la nouvelle année comporte beaucoup de risques dans ce domaine aussi. Actuellement, les taux sont, en valeur absolue, historiquement bas. Le dix ans américain se situe nominalement à 4 %, le dix ans français à 4,75 %, et l'on peut se demander si, après un long mouvement de baisse, les coupons ne vont pas se mettre à remonter par paliers. La question n'est pas anodine pour les assureurs. En théorie, des taux plus élevés permettent de servir de meilleurs rendements pour les contrats vie. Dans la pratique, les portefeuilles étant gigantesques, il faut du temps pour qu'une hausse se répercute de manière sensible sur les performances des contrats. Et pendant cette période, les portefeuilles des assureurs subissent une dévaluation. En effet, les obligations s'achètent et se revendent sur le marché. Leur prix est fonction du taux d'intérêt qu'elles portent. Si de nouvelles obligations offrant de meilleurs taux arrivent sur le marché, celles qui portent un taux inférieur perdent de leur valeur. Et les portefeuilles en sont dépréciés d'autant. L'orientation des taux et l'anticipation des mouvements de hausse ou de baisse décidés par les banques centrales sont donc essentielles pour les assureurs. En 2002, les Américains ont descendu leurs taux très bas pour soutenir leur activité économique et éviter la récession. Les Européens sont allés moins loin dans ce mouvement. Du coup, aujourd'hui, les observateurs craignent une remontée des taux américains, tout en se demandant si l'Europe ne va pas malgré cela continuer à baisser les siens. Pour simplifier, si les économies américaines et européennes ne donnent pas de signe d'un retour à une croissance plus soutenue, les banques centrales maintiendront des taux bas, voire les baisseront encore plus. Si la relance apparaît et semble stable, elles auront des marges de manoeuvre pour remonter les taux. Le poids des provisions pour risque d'exigibilité et des provisions pour dépréciation durable va engendrer des situations difficiles. Et si Jean-Philippe Thierry pronostique un nouveau round de restructuration dans l'assurance européenne, Patrick Peugeot estime qu'en France, " il y a de bonnes raisons de penser que les structures de la profession vont évoluer, qu'il s'agisse des sociétés anonymes ou des mutuelles, mais pas de façon spectaculaire. Cela devrait mener aussi à des alliances entre les différentes familles de l'assurance à caractère mutualiste, comme celle que nous avons nouée avec Macif et AG2R. N'oublions pas qu'en matière de mutuelles, il ne s'agit pas de fusionner, mais plutôt d'apprendre à travailler ensemble ".

Croissance de la collecte vie, mais affaiblissement des rendements

Cyrille Chartier-Kastler, vice-président de Solving, est moins optimiste : " C'est un autre aspect de 2003 : l'apparition de difficultés financières très sérieuses pour un certain nombre d'assureurs vie sur le marché français. Quelques-uns ont pris des risques significatifs sur les marchés actions. Ils sont en outre pris en tenaille avec la baisse des taux obligataires. La seule solution qu'il leur reste est de procéder à des augmentations de capital, et l'on devrait assister à toute une série d'opérations de ce genre. Il pourrait même se produire quelques faillites chez certains petits acteurs. "

En vie, 2003 pourrait bien ne pas être extraordinaire, au moins pour les épargnants, qui vont devoir accepter de voir les rendements continuer à faiblir. " Nous ne savons pas ce que seront les taux obligataires en 2003, mais nous savons quel était le niveau en 2002, et c'est pourquoi, raisonnablement, la rémunération des contrats en euros ne peut rester pour 2002 au niveau des années précédentes. Même si l'immobilier est dynamique, le cours des actions est bas. Au total, il faut s'attendre pour 2002 à une baisse moyenne de 0,50 % de la rémunération de l'épargne. Pour 2003, cela dépendra beaucoup de ce qui va se passer. Notre souhait est de pouvoir maintenir une rémunération intéressante sur le long terme ", explique Patrick Peugeot. " Il faut dire et redire sans cesse que les marchés vie et épargne retraite sont des produits longs, dont l'enveloppe fiscale a été conçue pour encourager l'investissement durable des épargnants. On ne doit juger les performances que sur le long terme, et pas sur quelques mois ou à l'année. Le bon choix aujourd'hui est l'investissement en produits en unité de compte qui, sur la durée, feront toujours mieux que les produits de taux. Il y a là un travail permanent de formation à faire, car ce discours n'est pas toujours audible par ceux qui viennent de perdre des sommes importantes en Bourse ", renchérit Jean-Philippe Thierry. La bonne nouvelle, c'est qu'en période d'incertitude, les ménages épargnent, ce qui devrait permettre la croissance de la collecte.

Des packs pour " insérer l'assurance dans un univers de besoins "

En dommages, 2003 sera l'année du sacre des packs et des contrats à services multiples. L'idée, lancée par Jean-Claude Seys, patron de Maaf-MMA, mais aussi par Claude Tendil, il y a deux ans, alors qu'il présidait Axa France, est d'insérer l'assurance dans un univers de besoins, afin de ne pas se faire déborder par ceux qui sont au contact du client avant les assureurs. Le succès des packs Maaf, version allégée des projets d'Axa, inspire Gérard Andreck, directeur général de Macif : " Dans les années à venir, l'offre d'assurances va s'insérer ou être complétée dans ces packs, dotés de nouveaux services. Nous allons nous-mêmes en proposer, en associant, par exemple, assurance et location, un domaine dans lequel nous n'étions pas très dynamiques jusqu'à présent. Il n'y a là rien d'exceptionnel, nous investissons actuellement pour apporter des services que nos sociétaires nous demandent, et nous le faisons à notre rythme. " Pour sa part, Cyrille Chartier-Kastler, vice-président du cabinet de conseil Solving international, estime qu'en IARD de particuliers, " on devrait accumuler de bons niveaux de résultats en 2003. Les compagnies ont procédé à de nombreuses hausses tarifaires et, globalement, on ne constate pas de dérive de la sinistralité. La baisse en auto pouvant compenser la hausse en MRH ". Gérard Andreck confirme : " Pour 2002, nous aurons connu en auto une croissance de 1,5 % du nombre de nos sociétaires, et même un peu plus en nombre de contrats. C'est un bon résultat, alors que le marché est saturé. En matière de sinistralité, nous avons noté une baisse de la fréquence, qui a été malheureusement compensée par la hausse des coûts en corporels et par celle de la réparation. Notre résultat 2002 sera donc correct, avec une hausse moyenne des cotisations de 2 %. " Deux grands dossiers concentrent les préoccupations : l'assurance de responsabilité civile et la réassurance. Et si Jean-Philippe Thierry semble penser que son groupe saura amortir les chocs, Gérard Andreck paraît un peu plus inquiet et en fait un de ses sujets majeurs de préoccupation, sans que le poids de la réassurance ne mette en danger sa mutuelle. " Ce sont 200 milliards de dollars de capacité de réassurance qui auraient disparu. La plus grosse part, 140 milliards, est due à la baisse des marchés financiers. Environ 40 milliards sont le fait du World Trade Center et quelques milliards ont été absorbés par les catastrophes naturelles telles que les inondations en Europe centrale. A contrario, il ne se serait créé qu'entre 10 et 20 milliards de capacité nouvelle, essentiellement aux Bermudes " : en posant le problème en ces termes, Yann Le Pallec, directeur assurances France de Standard & Poor's, pointe un danger potentiel important : jusqu'à présent, la capacité ne manquait pas, elle était devenue chère. Si la pénurie s'installe, les coûts augmenteront beaucoup plus que prévu. D'autant que l'ère des fusions de réassureurs, qui détruisent peu de capacité, est révolue : " En réassurance, les acquisitions n'ont plus d'intérêt. Si un réassureur en difficulté ne trouve pas de repreneur, ses affaires passées sont mises en " run off " et les contrats se retrouvent sur le marché, où ses concurrents peuvent alors ne souscrire que ce qui leur convient ", ajoute Yann le Pallec. Par ailleurs, c'est aujourd'hui que se prennent les bonnes posi- tions : ceux qui peuvent souscrire emportent les meilleurs contrats " et ceux qui, dans les deux ans qui viennent, n'auront pas pu souscrire ces affaires rentables seront en position difficile ", prédit Yann Le Pallec.

La santé et l'épargne salariale, fers de lance pour l'avenir

La grande nouveauté de 2003, c'est que des entreprises aussi différentes qu'AGF, Macif et La Mondiale se retrouvent d'accord sur la même stratégie de développement : cap sur l'épargne retraite, l'épargne salariale et l'assurance santé. L'épargne salariale a explosé grâce à la loi " Fabius ". Les réseaux bancaires font signer par milliers des plans d'épargne d'entreprise aux PME. D'un seul coup, s'ouvre un marché de plus de 10 millions de salariés. L'épargne retraite est en attente des fonds de pension. Là, les avis divergent : " L'essentiel, c'est que 2003 devrait être l'année des retraites. On peut s'attendre à une refondation dont je perçois les prémices dans l'accord qui se profile pour EDF et dans l'attitude des caisses complémentaires sur le droit de savoir des assurés inquiets du montant de leur retraite future. Les assureurs doivent être préparés à toutes les hypothèses et rester à la hauteur en matière de conseil et de services ", affirme Patrick Peugeot. Gérard Andreck estime plutôt que le Gouvernement risque de pencher pour un toilettage, qui passerait simplement par une modification des contrats collectifs " article 83 ". " Nous souhaitons nous développer en épargne avec Mutavie, en partenariat avec La Mondiale. Les marchés que nous visons sont la prévoyance collective, la santé, l'épargne salariale : c'est dans ces domaines que vont porter nos efforts de diversification. Notre volonté est bien d'aller vers la protection de la personne ", annonce clairement Gérard Andreck. Mais dans tous les cas, les professionnels s'attendent à des changements. Quant à la santé, elle est en attente de l'accélération du désengagement de l'État, avec un recul des prestations de la Sécurité sociale. Ce qui laisse d'ailleurs entrevoir quelques risques : " Si le Gouvernement décide de modifier sa politique de remboursement, il pourrait y avoir une dégradation de la rentabilité de certains contrats. Mais la santé est un risque court, et les assureurs peuvent rectifier le tir rapidement ", indique Cyrille Chartier-Kastler. La santé, c'est aussi la branche que cite Jean-Philippe Thierry lorsqu'on lui demande dans quels domaines porteront ses efforts principaux de développement. A contrario, il confirme que les investissements sont bloqués dans la vente directe et Internet. Pour ce dernier canal, la mode est passée. Et 2003 devrait voir un retour au réalisme : Internet permet d'apporter de meilleurs services, pas encore de créer de nouveaux marchés.

L'assurance continue d'embaucher

Autre surprise de la toute nouvelle année : la sérénité des acteurs face aux questions sociales. AGF, Macif, et La Mondiale embaucheront en 2003, moins qu'en 2002, mais le mouvement est clair. " Nous continuerons à nous concentrer sur la maîtrise technique et le maintien des charges. Notre restructuration passe par le contrôle de ces dernières et celui des frais généraux. Il faut savoir qu'à la Macif, le temps de travail est de 31 h 30 et que nous avons embauché plus de 800 personnes en deux ans. En 2003, nous continuerons à embaucher, mais de manière marginale ", indique Gérard Andreck.

AGF est en train de stabiliser ses deux grands systèmes de gestion en vie et en dommage, " qui vont progressivement améliorer notre productivité et la qualité de nos services, où nous avons des progrès évidents à réaliser, explique Jean-Philippe Thierry. Mais le groupe a embauché plus de 650 personnes en 2002, et nous savons que nous continuerons à embaucher en 2003, et cela dans tous les domaines. Le travail le plus difficile revient à ceux qui sont face aux clients pour leur expliquer que la baisse des contrats en unités de compte, telles qu'ils la liront pour l'année 2002, doit être mise en perspective, et que ce qui compte, c'est le long terme. Ils devront leur justifier que dans l'univers de risque actuel et face à la hausse des coûts de réassurance, nous sommes obligés de réajuster nos tarifs dommages " poursuit le président d'AGF. Le moins que l'on puisse dire est donc que la nouvelle année s'annonce chargée dans l'assurance. " Si jamais les managers de terrain sont indispensables, c'est maintenant ", remarque judicieusement Yann Le Pallec.



LE DOW JONES DEVANT LE CAC 40

Évolution (en %) du Cac 40 et du Dow Jones en 2002



Malheureusement pour les assureurs français, le Cac 40 s'est beaucoup moins bien comporté que le Dow Jones en 2002, perdant près de 34 % de sa valeur.



LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT DÉGRINGOLE DEPUIS 2000

Évolution (en %) du PIB français depuis 1995



Avec une croissance anticipée de seulement 1 % pour 2002, la France se retrouve au niveau de 1996. En 2003, la croissance est estimée entre 2 % et 2,4 %. Si c'est le cas, il faut s'attendre à une hausse conjointe de la Bourse et des taux d'intérêts obligataires.



ANALYSE

LE MONÉTAIRE SERT DE REFUGE

Les placements à court terme européens ont atteint 2 873 Md€ à la fin novembre. Cela correspond à 61 % de la capitalisation boursière de l'Eurostock 600. À titre de comparaison, fin octobre, les placements à court terme atteignaient 2 839 Md€, soit 55 % de l'Eurostock 600. Cet engouement pour les dépôts à vue et les placements de trésorerie est un signe clair de l'attentisme des investisseurs, qui préfèrent conserver leur argent liquide plutôt que de se porter sur les obligations ou les actions. Les instruments monétaires seuls ont vu, durant le mois de novembre, leurs encours s'accroître de 5 Md€ pour atteindre 846 Md€. La nouveauté, c'est que les particuliers font aujourd'hui comme les institutionnels et semblent se porter en nombre vers les Sicav et FCP monétaires. Les montants en jeu sont considérables et inhabituels. Ils montrent que, pour les onze premiers mois de 2002, c'est la préservation du capital qui l'a emporté sur tout souci de rentabilité. On peut lire ces données de deux manières. La première consiste à s'inquiéter de l'option monétaire des investisseurs, car elle montre un déficit d'investissement " productif " en Europe. La seconde est de se dire que, visiblement, l'argent est toujours là, et qu'il n'attend qu'un souffle de reprise pour revenir s'investir dans des placements plus rémunérateurs.



ANALYSE

LA CROISSANCE EN DÉBAT

La croissance de la collecte d'assurances, en dommages comme en vie, reste globalement corrélée à la croissance du PIB français. Tant que ce dernier progresse, la collecte progresse aussi. En 2001 cependant, du fait de la hausse des tarifs, la progression de l'assurance dommages a été supérieure à celle du PIB (+ 5,4 % pour les affaires directes France), tandis que l'assurance vie a connu un coup d'arrêt (- 6,7 % pour les affaires directes France). En 2002, la tendance risque de se confirmer en dommages, avec une nouvelle progression supérieure au PIB, tandis que la vie enregistre sur onze mois une croissance de 3 % à 77,3 Md€ au 30 novembre. Compte tenu d'un mois de décembre traditionnellement fort, cette augmentation des cotisations devrait se confirmer. En 2003, l'effet tarif devrait continuer à accroître la progression de l'assurance dommages au-dessus du PIB. En vie, la situation reste plutôt favorable, avec une poursuite du succès des produits en euros.



L'AVIS DE L'EXPERT

, vice-président de Solving international

LES GRANDS RISQUES EN PANNE DE CAPACITÉ ?

Les grands risques font face à la prudence des réassureurs et aux interrogations qui pèsent sur certains assureurs, remarque Cyrille Chartier-Kastler. " Certains réassureurs sont en situation difficile. Gerling disparaît, Scor connaît une passe délicate, Hannover Re est à vendre (HDI, son actionnaire, veut en céder 25 %) et Munich est dégradé par les agences de notation : le milieu est secoué. Si les réassureurs refusent de prendre certains risques, comment les assureurs pourront-ils les souscrire ? En risques industriels, et tout particulièrement en grands risques, on voit un marché dont les capacités se réduisent très fortement. Zurich est dans une situation difficile, AGF subit la pression d'Allianz pour améliorer son ratio combiné et son ROE. Les réassureurs grands risques devraient être de plus en plus prudents. Ce qui veut dire que les primes risquent d'exploser, que les affaires seront difficiles à placer et que les assureurs devront rechercher des solutions alternatives. "



L'AVIS DE L'EXPERT

, directeur assurances France de Standard & Poor's

LES CAPITAUX SERONT RARES EN 2003

Pour ce spécialiste, le nerf de la guerre risque d'être difficile à trouver. " La capacité à se financer à long terme va être déterminante. Les marchés financiers ne seront pas capables d'absorber toutes les augmentations de capital qui pourraient se révéler nécessaires dans l'assurance et la réassurance dans les mois qui viennent. Seuls ceux qui bénéficient d'une vraie crédibilité managériale arriveront à lever des fonds. Tout le monde ne pourra pas le faire. Le recours sera alors d'émettre de la dette (des obligations corporate), ce qui devient très cher, le prix du risque demandé par les investisseurs étant de plus en plus élevé. En la matière, on ne saurait prendre en exemple le succès de l'augmentation de capital de Scor : un phénomène de place a joué en sa faveur. Scor a bénéficié de la solidarité des assureurs français, qui ne voulaient à aucun prix voir le premier réassureur français en danger ", estime Yann Le Pallec. C'est peut-être aussi pourquoi Denis Kessler a été nommé à sa tête.

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