TARIFS 2003 - DE 15 % À 35 % Les corrections tarifaires 2003 en risques industriels sont aussi importantes qu'en 2002. Les PME et PMI absorbent presque sans broncher cette seconde secousse. Ces hausses pourraient pourtant ne pas suffire aux assureurs. L'agroalimentaire est particulièrement touché

TARIFS 2003 - DE 15 % À 35 % Les corrections tarifaires 2003 en risques industriels sont aussi importantes qu'en 2002. Les PME et PMI absorbent presque sans broncher cette seconde secousse. Ces hausses pourraient pourtant ne pas suffire aux assureurs. L'agroalimentaire est particulièrement touché



Il n'y a pas eu d'" effet Sarkozy " pour les assureurs en 2002. L'augmentation de la sinistralité, en particulier criminelle, est l'une des raisons majeures de leurs augmentations tarifaires en risques d'entreprise. Ils sont presque unanimes : le nombre de sinistres causés par le vandalisme d'origine interne ou externe est en forte hausse. À l'exception des flottes automobiles, tous les risques incendie pâtissent de cette dégradation, note Axa, le premier assureur en risques d'entreprise. AGF et Generali estiment à près de 40 % la charge de ces sinistres dans les " graves " (plus de 150 000 € de dommages). Pour Axa, elle serait plutôt de 30 %. Groupama enregistre aussi un nombre significatif de sinistres de plus de 2 M€. Dans ce contexte, l'année 2003 est ressentie comme un nouveau coup de massue par les entreprises. Leurs primes d'assurance augmentent fortement pour la seconde année consécutive. En dommages, les hausses moyennes du marché oscillent entre 15 % et 30 %. En responsabilité civile, elles atteignent entre 20 % et 35 %.

La faute à la réassurance

Les assureurs généralistes, comme les spécialistes, ont d'abord voulu, au 1er janvier 2003, tenir compte de cette dégradation de la sinistralité en risques d'entreprises. Mais pas seulement. Avec la crise financière, ils ont dû préparer leurs clients à admettre qu'il leur faudrait encore absorber une nouvelle vague de hausses de leurs primes. Après deux années d'augmentation, les assurés se sont finalement résolus à l'idée que les grandes braderies sur les tarifs des assurances de la précédente décennie sont révolues. Les assureurs n'auraient d'autre choix que de poursuivre le redressement de leurs résultats techniques. Les taux de primes moyens en dommages auraient pourtant dépassé en 2003 leur niveau de 1996. Mais les primes de réassurance pèsent de plus en plus lourd sur les prix de revient. Pour l'ensemble du secteur dommages, elles progressent de 30 % à 50 %, et se traduisent, dans les grandes compagnies généralistes, par une dégradation d'au moins 1 point du ratio combiné. " En raison de l'augmentation du coût de nos traités de réassurance, nous devons majorer de 2,5 % nos primes pour obtenir la même tarification nette du coût de réassurance ", considère Jonathan Poole, directeur IARD de Chubb France. Seul sujet de réconfort pour certaines PME, les augmentations ont été moins aveugles cette année. " AGF a revu au cas par cas plus de deux mille polices ", concède Emmanuel Gombault, responsable de la division développement entreprises d'AGF courtage. Mêmes causes, mêmes effets chez Axa : les plus grosses PME ont fait l'objet d'une attention toute particulière et n'ont subi de majorations que dans la mesure où les résultats techniques le justifiaient. Les compagnies plus spécialisées dans les risques des PME appliquent peu ou prou la même démarche. À la différence près qu'elles ont pu réétudier individuellement toutes leurs affaires. " Nous évitons les politiques tarifaires presse-bouton. C'est une valeur ajoutée qu'apporte un intervenant comme Chubb sur le marché ", revendique Jonathan Poole. Comme en 2002, les deux plus grandes compagnies généralistes avouent avoir davantage augmenté les tarifs dans le réseau courtage que dans celui des agents. " Nous sommes en train d'uniformiser la politique de nos deux réseaux ", déclare toutefois Emmanuel Gombault. Chez Axa, François Bucchini, directeur technique entreprises, admet que les différences de traitement qui subsistent tiennent surtout à la nature des risques souscrits dans le courtage, à savoir des entreprises plus importantes et plus sensibles. Même son de cloche chez Generali. Les politiques sont de plus en plus convergentes, car l'objectif final est l'approche technique : " Elle doit être la même pour un même client avec un même risque quel que soit le mode de distribution ", clament ces assureurs.

Le juste prix du risque

En responsabilité civile, les hausses sont plus franches en 2003. Les rattrapages, entamés modestement en 2001, sont imposés par toutes les compagnies et n'épargnent presque aucune entreprise. Ils dépassent souvent 30 % et peuvent atteindre 80 % à 100 % pour les secteurs sensibles ou les affaires sinistrées. Les assureurs expliquent que le développement de la jurisprudence en matière de faute inexcusable exige une prudence renforcée, donc des primes conséquentes. Les professions réglementées paient également un lourd tribut en 2003. Tous les métiers du chiffre, du droit et du conseil sont au banc des accusés. Les assureurs leur infligent souvent des revalorisations de plus de 40 %. En revanche, Axa n'a augmenté que de 10 % cette année, car elle avait déjà pratiqué des hausses substantielles l'an passé. Le secteur des flottes automobile n'est pas épargné. Il subit lui aussi une salve de majorations. Pour AGF courtage, le mouvement s'est doublé d'une forte sélectivité, entraînant même une baisse de plus de 11 % de son encaissement. Mais les acteurs ont des approches plus différenciées sur les flottes, liées à la nature et à la taille des portefeuilles et des affaires souscrites. Groupama, avec un encaissement de 96 M€, s'est contenté de majorer ses tarifs de 2 % à 6 %. En comparaison, ils progressent de plus de 10 % pour Generali, Continent et AGF. En matière de risques techniques, en particulier les bris de machines, la filiale d'Allianz semble satisfaite de sa sinistralité. De même que Continent, qui enregistre un rapport S/P inférieur à 70 %. En revanche, Generali France constate une dégradation de ses résultats en raison d'une aggravation de ses provisions pour sinistres sur exercices antérieurs.

Trouver la parade à la faute

Le secteur de la construction semble plus calme. L'encaissement d'Axa France grimpe de 4,1 % par rapport à 2001, à 296 M€. Pour l'ensemble du marché, la hausse de l'encaissement est de 8 %. Selon la FFSA, l'assurance construction reste fragile en raison de la dégradation des produits financiers. La baisse d'un point de ces produits suppose une hausse corrélative de sept points des tarifs, du fait de la gestion par capitalisation sur dix ans de la branche. Dans ce contexte de dégradation financière, les compagnies veulent jouer sur d'autres leviers. Ainsi, Axa lance un contrat spécifique pour couvrir la RC de l'employeur et mieux maîtriser le risque lié à sa faute inexcusable. AGF, Groupama et Generali seront bientôt prêts. D'autres groupes envisagent de lancer une offre similaire. Pour se refaire une santé, les compagnies veulent également jouer sur le levier commercial. Ainsi, " AGF devrait généraliser une offre d'assistance en matière de gestion de crise ", annonce Emmanuel Gombault. Groupama devrait sortir de nouveaux produits RCMS et multirisques pour les PME-PMI et Generali prépare le lancement d'un contrat Globale informatique.



TÉMOIGNAGE

, directeur technique entreprises d'Axa France

" NOUS AURONS FRANCHI UN PAS IMPORTANT EN 2003 "

" Sur les risques dommages des entreprises, les augmentations sont encore fortes cette année. Elles se situent à un niveau comparable à 2002. Les majorations du 1er janvier serviront notamment à couvrir la part du surcoût de nos couvertures de réassurance que nous n'avions pu faire passer en 2002. Nos prix de revient sont également influencés par le poids des sinistres criminels et des événements catastrophiques. Rappelons que les inondations du Gard, avec un coût estimé à près de 700 M€, constituent le plus lourd sinistre jamais enregistré au titre du régime institué par la loi de 13 juillet 1982 sur les catastrophes naturelles. Avec les augmentations tarifaires intervenues au 1er janvier, nous aurons franchi un pas important vers l'équilibre technique des affaires dommages. En matière de responsabilité civile, comme les autres acteurs du marché, nous devons tenir compte des développements de la jurisprudence, notamment en matière de faute inexcusable de l'employeur. C'est pourquoi nous avons majoré nos primes RC de 20 % à 35 %. "

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