Un marché toujours porteur

L'assurance santé ne connaît pas la crise, comme en témoigne une progression moyenne de 6 % en 2008. Mais les cieux paraissent moins cléments pour 2009 et surtout, à l'image des bancassureurs, certains opérateurs semblent bien mieux tirer leur épingle du jeu dans ce marché hautement concurrentiel.

Un eldorado, la complémentaire santé ? « Notre marché est forcément en croissance », remarque François Hecker, directeur central santé de MMA. « La santé est un marché qui est appelé à se développer. Il y a un consensus sur le fait que les dépenses de santé progresseront plus vite que le PIB. Et la part du reste à charge supportée par les organismes complémentaires ne peut que croître elle aussi », estime pour sa part Henri Laurent, directeur général prévoyance et santé de Swiss Life.

Selon les chiffres du fonds de financement de la couverture maladie universelle (CMU), le secteur a progressé de près de 6 % l'an denier. Et ce chiffre n'est pas le seul reflet de la performance économique des 876 acteurs de ce marché. Depuis plusieurs années, les organismes complémentaires (OC) couvrent environ 92 % de la population. Il s'agit donc d'un marché de renouvellement.

La banalisation profite aux bancassureurs

Si elle est en corrélation avec la progression des dépenses de santé, la croissance des OC est aussi étroitement liée à leur choix en matière de politique tarifaire.

Swiss Life, qui dit avoir réalisé une année « historique », avec un solde net de 34 500 nouveaux contrats, ne progresse pourtant que de 2,8 %. La compagnie explique ce chiffre par une politique tarifaire « modérée » : elle a limité ses majorations à 2 % ou 3,5 %. Même logique chez MMA, où la croissance relativement minime de 2,5 % est « volontaire », comme l'explique François Hecker, directeur central santé : « Nous avons appliqué un indice très faible de 2 % et aucune hausse tarifaire sur les garanties complémentaires des professionnels indépendants. » Une stratégie destinée à préparer le lancement de la nouvelle offre en 2009 : elle démarre en fanfare puisque la mutuelle annonce une progression de 30 % sur le premier trimestre.

Un taux qu'il faudrait presque tenir sur l'année pour damer le pion à certains bancassureurs et, en premier lieu, à Pacifica, qui annonce une progression de 25,5 % en 2008. Grâce à la force de frappe de leurs réseaux, ils sont perçus comme les concurrents les plus redoutables. « Nous aurons du mal à freiner la bancassurance. Le meilleur moyen est de ramener les organismes complémentaires sur le terrain de l'expertise et d'offrir des services à forte valeur ajoutée. Car si la complémentaire devient un produit trivial et banalisé, ce sont les bancassureurs qui gagneront », analyse Patrick Sagon, président de la Mutuelle générale. En même temps, « les contraintes réglementaires sont telles qu'il devient de plus en plus difficile de se différencier par le produit », estime Henri Laurent, chez Swiss Life.

Les mutualistes se battent sur les services

Mutualiste ou assureur, tout le monde tire à peu près les mêmes leçons de l'évolution du marché et applique les mêmes recettes, bancassureurs compris ! Démonstration par le service aux assurés (réseaux de professionnels de santé, analyse de devis, aide à l'orientation, etc.) : pour cette bonne cause, la cohabitation ne fait plus peur, comme le montre l'exemple de Santéclair. La société de services créée par AGF, Maafet MMA compte désormais à son capital la Mutuelle générale de la police - une importante mutuelle de la fonction publique qui reste aux portes du classement individuel avec 150 ME de cotisations -, et la Mutuelle nationale territoriale (vingtième du top 30 et l'un des gardiens de l'esprit du temple mutualiste), est devenue cliente de Santéclair pour son réseau d'optique. Plusieurs groupes paritaires affichent aussi leur volonté d'inciter les assurés à utiliser les plates-formes de renseignement et les centres de santé afin de bénéficier de services moins coûteux.

L'assiette se vide dangereusement

Pour autant, les services ne sont pas la panacée. Si la crise n'a pas pesé sur les chiffres 2008, les professionnels sont très prudents pour 2009. En collectives, certains, comme Novalis-Taitbout s'inquiètent de l'impact des plans sociaux, du non-renouvellement des CDD et de la stagnation des rémunérations, qui entraînent une réduction de l'assiette des cotisations : « L'augmentation du chiffre d'affaires du groupe dépendra uniquement de la conquête d'affaires nouvelles et non de l'évolution naturelle du marché. »

En assurance individuelle, beaucoup de professionnels notent une plus grande sensibilité au prix. Mais à la différence des produits de grande consommation, elle ne profite pas aux offres « low cost » lancées depuis deux ans. Ces dernières constituent toutefois un atout : « Le fait de communiquer sur des petits prix attire des contacts. Ensuite, ils souscrivent plutôt des couvertures de niveau moyen », note Patrick Sagon à la Mutuelle générale. Les professionnels constatent aussi une hausse des taux de résiliation depuis le début de l'année.

L'agressivité commerciale du marché des particuliers et la généralisation de pratiques comme les deux (voire trois) mois gratuits jouent, bien sûr, un rôle dans ces phénomènes. Mais beaucoup d'organismes, au sein des différentes familles de la complémentaire santé, expriment la même préoccupation : la perspective d'un retour du chômage de masse leur fait craindre un phénomène de désassurance.

Tous égaux face à la crise

Selon une étude menée par AGF, 10 % des personnes qui résilient aujourd'hui leur contrat déclarent renoncer, temporairement au moins, à une couverture complémentaire. Peut-être pour s'assurer une année sur deux ou trois en fonction des besoins de soins, comme le note le groupe Eovi mutuelles, qui évoque une tendance à la « mutualisation programmée ».

Face à ce phénomène, les mutuelles comme les sociétés d'assurances - à l'image d'AGF - mettent aujourd'hui en avant leurs garanties « anticrise », en l'occurrence des allégements ou reports de cotisations en faveur des assurés en difficulté. Tout le monde a les mêmes problèmes... et (presque) les mêmes solutions. Davantage qu'à une banalisation du mouvement mutualiste, toujours dominant sur le marché, on assiste à l'émergence d'un mimétisme de plus en plus grand entre les différentes familles.

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Marché Assurance Complémentaire Santé.

MSA de Lorraine

22 mai

54 - VANDOEUVRE LES NANCY

Marché Assurances.

Métropole du Grand Nancy Direction des Finances

22 mai

54 - NANCY

Marché de domiciliation bancaire.

COURBEVOIE HABITAT

22 mai

92 - COURBEVOIE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Un marché toujours porteur

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié