Vices et vertus de la crise

La crise et la litanie de ses impacts négatifs ne sont pas du goût des courtiers qui préfèrent y voir des opportunités. Parmi ces occasions, resserrer les liens avec les clients ou renouer avec la croissance externe figurent en bonne place.

Affectées dans leur activité comme dans leur trésorerie, les entreprises françaises ont toutes aujourd'hui le même credo : réduire les coûts et dégager du cash par tous les moyens.

Les courtiers, largement épargnés par la crise jusqu'à maintenant, veulent y voir des développements potentiels pour leurs activités. Sur l'assurance crédit, sur la partie conseil en gestion des risques ou sur l'appropriation par les directions des achats de l'ensemble du spectre assurantiel de l'entreprise (personnes comme dommages), les courtiers ont toujours quelque chose à proposer.

À l'occasion de la chasse au gaspi tous azimuts engagée par les clients, les politiques de gestion et de transfert des risques se transforment. Autant d'opportunités pour les courtiers de faire valoir leur valeur ajoutée et de faire fructifier les interrogations suscitées par ces remises en cause.

Mais la face vertueuse de la crise a, comme il se doit, un côté obscur. Celui-ci est perceptible au sein même des cabinets où la surveillance de tous les instants de la marge créée des tensions. En outre, des plans sociaux larvés ou déclarés et le gel des embauches ont cours chez la plupart des acteurs.

Le double effet du chômage

Si 2008 a en réalité été une bonne année commerciale, les courtiers redoutent les effets de la crise dans les mois à venir et en particulier sur la branche des assurances de personnes, la hausse exponentielle du chômage entraînant la baisse du nombre de bénéficiaires des contrats collectifs santé et prévoyance. Selon l'Unedic, quelque 650 000 chômeurs viendront grossir les rangs du Pôle emploi en 2009 ; autant de bénéficiaires des garanties collectives de leur entreprise qui sortiront des programmes mis en place par les courtiers. Pierre Donnersberg, président du directoire de Siaci Saint-Honoré, module : « L'effet de la crise est à relativiser. Avec 650 000 bénéficiaires en portefeuille, S2H ne constate pas de baisse massive de la matière assurable. » En outre, avec l'Accord national interprofessionnel et la portabilité des garanties, la couverture sera prolongée même en cas de licenciement. Et, même si la perte de matière assurable semble inéluctable, la concurrence reste vive et l'activité commerciale soutenue : « Nous réalisons des affaires nouvelles en collectives, et prétendre avoir une vision claire des effets de la crise dans ce contexte est hasardeux », explique Jean Couturié, chez Diot.

« Après une croissance de 13 % l'an dernier, Mercer reste vigilant, mais optimiste pour 2009 », affirme Denis Stainier, à la tête du développement commercial du courtier-conseil en ressources humaines, filiale de Marsh McLennan. « Sur notre principal métier de la santé-prévoyance, l'impact de la crise se fera sentir avec un effet retard. Les réductions d'effectifs qui commencent à être annoncées et même à se matérialiser ne se feront sentir que plus tard dans l'année, voire en 2010 », prévient-il.

L'auto y est déjà passée, le maritime y vient

Pour autant, les effets de la crise sont déjà perceptibles dans les branches transport ou construction, même si la diversité des situations empêche d'établir une règle. Le marché facultés est particulièrement chahuté par la crise, car directement proportionnel au flux de marchandises transportées. Il en va ainsi pour Siaci Saint-Honoré qui dispose d'un gros département transport actif sur le marché facultés, renforcé en 2008 par l'acquisition du cabinet Cauvin et Palle. Ce département garde un bon rythme d'activité grâce à une forte présence sur les échanges commerciaux avec le continent africain - toujours élevés - ou, encore, grâce aux affaires nouées dans le transport des matières premières qui, si elles ont connu une forte baisse des prix n'ont pas baissé en volume. À l'inverse, les courtiers transports des industriels de l'automobile subissent d'ores et déjà les impacts concrets de la crise économique.

Enfin, si, à la vue des chiffres de l'an dernier, le courtage a largement été épargné par la crise, certains acteurs régionaux montrent des signes d'essoufflement sous les effets conjugués de la concurrence, de l'érosion des marges et d'une réglementation toujours plus étoffée. À tel point qu'ils songent à la vente de leur affaire. En parallèle, les cabinets les plus solides financièrement repartent en conquête de portefeuille, après le petit temps d'arrêt des deux dernières années : « Aon a un appétit renouvelé pour les acquisitions », confirme Damien Guermonprez, PDG.

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