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Olivier BaccuzatRédacteur en chefolivier.baccuzat@infopro-digital.com

On reste sur notre faim ! À moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, cinq des principaux candi­dats à l’Élysée étaient invités à débattre et (enfin) abattre leurs cartes en matière de politique publique de santé dans le cadre de l’opération « Place de la santé » lancée début décembre par la Mutualité française. Une belle initiative mais qui, sur le fond, aurait mérité tellement mieux de la part des candidats. Après les rétropédalages et/ou les atermoiements successifs des uns et des autres ces derniers mois, on s’atten­dait à être fixé. À y voir plus clair. Eh bien, fina­lement, pas tant que ça !

Certes, plusieurs points évoqués lors de cette matinée de débats ont fait ressortir des divergences entre les candidats. Sur d’autres, en revan­che, on a beau se gratter la tête, des questions demeurent partiellement sans répon­ses. Pour ne parler que d’eux, messieurs Fillon, Hamon et Macron nous font miroiter un objectif «zéro reste à charge» sur les dépen­ses d’optique, de soins dentaires ou d’audio­prothèses. Mais sans nous expliquer l’essentiel : à savoir sur quels types de prestations et à quelle hauteur ils comptent garantir cette prise en charge à 100%. Et, surtout, comment ils comptent s’y prendre pour résoudre cette équation financièrement. C’est un peu comme si on nous promettait une baisse d’impôt miracle mais sans préciser qui y aurait droit et dans quelle proportion. Nous, journalistes, avons tendance à resservir à toutes les sauces la fameuse phrase de Martine Aubry, employée en 2011 à l’encontre de François Hollande : «Ma grand-mère disait, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup».

Messieurs Fillon, Hamon et Macron nous font miroiter un objectif « zéro reste à charge » sur les dépenses d’optique, de soins dentaires ou d’audioprothèses. Mais sans nous expliquer l’essentiel.

Mais honnêtement, après ce grand oral « santé » de quelques-uns des candidats à la présidence (Jean-Luc Mélenchon avait décliné l’offre et Marine Le Pen était au Liban), nous voilà bien avancés. Comment se faire une juste opinion des projets des candidats si ces derniers passent leur temps à souffler le chaud et le froid et entretien­nent imprécisions sur imprécisions ?

Car, encore une fois, rien n’est vraiment clair : l’occasion était belle, pourtant. Nos respon­sables politiques étant empêtrés, qui dans un scandale ou une polémique, qui dans des luttes intestines de parti, qui dans des négociations d’apothicaires visant à se partager des circons­criptions électorales, quoi de mieux qu’un sujet aussi concret, aussi fédérateur que la santé pour tenter de redorer leur blason et, surtout, hausser le niveau des débats, qui volent plutôt au ras des pâquerettes ces temps-ci ?

Bien sûr que les questions de protection sociale, d’accès aux soins, de prévention, de dépendances sont compliquées. Et alors ? C’est précisément parce que ces thématiques sont ardues qu’il convient d’être extrêmement précis dans ses propositions. Or, pour le coup, c’est raté. Et c’est rageant.

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