100 % méthode Coué

100 % méthode Coué
LAETITIA DUARTE François Limoge Rédacteur en chef délégué flimoge@argusdelassurance.com

En cet automne, le nouveau monde ressemble de plus en plus à l’ancien ! Les relations entre assureurs complémentaires et ministre de la Santé – exécrables avec Xavier Bertrand, inexistantes avec Marisol Touraine – sont également en train de tourner au vinaigre concernant Agnès Buzyn. En cause, la réforme du reste à charge zéro (RAC 0). Ce « 100 % Santé » – sa dénomination désormais officielle – doit permettre aux assurés de s’équiper en lunettes, prothèses dentaires ou auditives sans avoir à débourser un sou de leur poche.

La concrétisation de cette promesse de campagne du candidat Macron avait déjà révélé quelques dissonances, lors de la présentation en juin du projet par la ministre au congrès de la Mutualité. Mais la tension est montée d’un cran le 25 septembre : le jour où s’engageait à l’Assemblée nationale l’examen du budget de la Sécu 2019 qui intègre ce fameux RAC 0, une étude du courtier en ligne Santiane révélait que la facture de ladite réforme serait plutôt salée, avec des hausses de près de 10 % des tarifs de l’assurance santé des retraités. Branle-bas de combat dans la majorité. Agnès Buzyn a immédiatement répliqué, déclarant en substance : « Le 100 % Santé n’entraînera aucune hausse des cotisations santé, les complémentaires s’y sont engagées ! »

« Allez hop ! Circulez y’a rien à voir », aurait dit Coluche. Si ce n’est qu’on ne trouve nulle trace d’un tel engagement. Qui pourrait imaginer que des fédérations professionnelles puissent avoir une quelconque maîtrise des tarifs de leurs adhérents ! Cet épisode n’est pas sans rappeler la fin du mandat Sarkozy quand l’exécutif assurait mordicus que les complémentaires n’auraient pas à répercuter sur les assurés les hausses de la taxe spéciale sur les contrats d’assurance (TSCA). On connaît la suite…

La méthode Coué n’a jamais eu raison de la réalité. Certes, l’annonce d’une inflation des coti­sations santé ferait désordre dans le plan de communication actuel du gouvernement sur les gains de pouvoir d’achat, mais la Mutualité française l’a rappelé opportunément dans un communiqué : il est très difficile d’évaluer aujourd’hui le coût de la réforme, qui « dépendra du taux de recours aux paniers RAC 0 ». Si ce taux s’avère important – ce qui est plutôt l’objectif du gouvernement afin de favoriser l’accès aux soins –, la hausse des cotisations sera difficilement évitable. Les marges de manœuvre des assureurs santé sont relativement faibles, le rapport annuel de la Drees sur leur situation financière en témoigne. Le gouvernement pourrait alors toujours atténuer le choc en réduisant, par exemple, la taxe sur les contrats santé. Après tout, au congrès de la Mutualité, Emmanuel Macron s’était dit prêt à parler fiscalité...

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