Amabilités et vacheries

Amabilités et vacheries
Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

Comment croire une seconde que ces deux-là en resteront là ? Certes, on pourrait penser que la démission de Thierry Derez, le PDG de Covéa, de son poste administrateur de Scor, va détendre l’atmosphère, tendue depuis que le mutualiste a tenté, en vain, de racheter le réassureur dont il est le premier actionnaire. Mais ça n’est qu’en apparence. Tout porte à croire que l’échange d’amabilités durera jusqu’à cette date du 7 avril à partir de laquelle Covéa sera libre de lancer une nouvelle OPA – hostile, cette fois – sur le réassureur.

Dès le début de ce feuilleton, les deux parties ont multiplié les mots doux. Soit via des vacheries lâchées dans la presse (Denis Kessler, le PDG de Scor, confiant à des confrères anglo-saxons que Covéa n’est qu’une « simple mutuelle de particuliers »). Soit par voie de communiqué. Alors que rien ne l’y obligeait, Covéa a ainsi cru bon, le 4 septembre, de rendre public le refus de négocier de Scor. Une date qui n’était pas le fruit du hasard, puisqu’elle intervenait à la veille de l’investor’s day du réassureur et quelques jours avant les Rendez-vous de septembre, grand-messe de la réassurance qui a lieu chaque année à Monaco.

Un prêté pour un rendu. Car le conseil d’administration de Scor dégaina à son tour, réclamant à l’unanimité, le 27 septembre, la démission de Thierry Derez de son poste d’administrateur au motif qu’il était « en situation de conflit d’Intérêts général avéré ». Réponse du berger à la bergère, ce dernier annonçait dans la foulée « se mettre en retrait temporaire du Conseil d’administration de Scor, jusqu’à l’assemblée générale annuelle appelée à se réunir en 2019 », tout en précisant que Covéa restait un actionnaire de long terme du réassureur et « attentif aux évolutions du secteur. » Le mutualiste aurait voulu faire savoir qu’il ne lâchait pas l’affaire, il ne l’aurait pas dit autrement.

Depuis le début de ce feuilleton, Covéa et Scor n’ont pas cessé de s’échanger différents mots doux.

Qu’à cela ne tienne, Scor appelait à la rescousse le Haut comité de gouvernement d’entreprise, gardien du temple du code de bonne conduite Afep-Medef, celui-ci invitant Thierry Derez à « renoncer à son mandat ». Ce qui est chose faite, depuis que ce dernier a démissionné, tout en regrettant avec malice le « refus persistant », de la part de Scor, « de tout dialogue avec son premier actionnaire ». Devinez quelle fut la réponse du réassureur ? Prenant acte de cette décision, Scor insistait lourdement sur le fait que Thierry Derez avait « enfin tiré les conséquences de la situation de conflit d’intérêt général dans laquelle il se trouvait ». L’intéressé appréciera…

La démission de Thierry Derez marquera-t-elle la fin de ce feuilleton ? Que nenni, si l’on en juge par les petites phrases, encore et toujours des deux ex-« amis ». Lors d’une réception qui s’est tenue le 5 novembre, le patron de Covéa n’a-t-il pas confirmé ses « ambitions internationales » et son souhait de dépasser le simple cadre de l’assurance auto et de la MRH ? Denis Kessler, lui, n’en a cure. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire L’Obs du 14 novembre, celui-ci dit ne pas avoir « de leçons à recevoir. Et encore moins de personnes qui n’ont pas fait les preuves de leur capacité de gestion à l’international ». Ambiance…

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