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Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com © Laetitia Duarte

Dans ces mêmes colonnes, je comparais en octobre dernier les défaillances de plusieurs acteurs de l’assurance construction qui laissaient des assurés sans couverture, comme autant de bombes à retardement menaçant d’exploser à plus ou moins long terme. Notamment lorsque surviendraient les premiers sinistres qui ne seraient couverts… par personne, leurs porteurs de risque ayant disparu. Un sujet pris très au sérieux par plusieurs responsables de syndicats professionnels. Si on continuait ainsi, avaient-ils averti lors des Journées du courtage notamment, tout le monde allait en pâtir. Et ces derniers d’agiter le chiffon rouge d’une reprise en main du dossier par le pouvoir politique qui, sous la pression de l’opinion (et donc des électeurs), risquerait de ne pas faire dans le détail. Comprenez : sans faire la différence entre les « bons » et les « mauvais » acteurs. Nous y sommes.

À la rentrée déjà, Julien Denormandie, ministre des Relations avec les collectivités territoriales, chargé de la Ville et du Logement, avait indiqué à plusieurs reprises suivre ces affaires « de près ». Depuis, de nombreux médias grand public se sont penchés sur la question. Les Échos, Le Parisien, Capital, France 2, France Inter… Fin octobre-début novembre, en l’espa­ce d’une quinzaine de jours, quotidiens, magazines, TV et radios ont fait leurs gros titres sur les mésaven­tures de milliers de ménages se retrouvant dans l’impossibilité d’être indemnisés des malfaçons constatées dans leurs logements car leur promoteur, leur syndic voire l’entreprise de BTP qu’ils avaient sollicité pour réaliser les travaux avait souscrit des assurances construction low cost. La plupart du temps, nos confrères ont bien pris le soin de préciser que les déboires de ces particuliers résultaient des défaillances de quelques assureurs étrangers qui – c’est un euphémisme – n’avaient pas pris financièrement la pleine mesure de marchés aussi complexes que techniques. Le ver est dans le fruit, cependant. Et encore n’est-ce qu’un début puisque plus le temps va passer, plus ces défaillances se feront sentir. Car en moyenne, c’est sept ans après la réception des travaux, qu’un désordre apparaît. Des mésaven­tures de parti­culiers se retrouvant le bec dans l’eau, on n’a donc pas fini d’en entendre parler… C’est un vrai sujet !

Mais cet emballement médiatique ne doit pas nous détourner des autres problèmes. Ainsi où en est-on de cette prise de conscience, de ce ressaisissement collectif du monde de l’assurance que d’aucuns appelaient de leurs vœux en septembre ? Aux dernières nouvelles, des acteurs tout aussi « exotiques » que ceux qui ont disparu exercent sur le marché. Ce qui pose la question, encore et toujours, de la régulation. Et si ces acteurs existent, c’est aussi parce qu’il y a une forte demande de la part de professionnels du BTP, souvent davantage soucieux de « s’acheter » une attestation de RC décennale ou de dommages-ouvrages à vil prix que de protéger véritablement leur entreprise… et accessoirement leurs clients. Sans doute le monde du bâtiment, prompt à faire la leçon à celui de l’assurance, devrait-il lui aussi songer à laver son linge sale en famille.

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