Capital risque

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Olivier Baccuzat Rédacteur en chef

Intéressant chiffre que celui rappelé sur le plateau de BFM Business, le 8 mars, par François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France (et président de l’ACPR, le régulateur du secteur de l’assurance). « Le chiffre n’est pas connu, mais c’est un compte rond, a-t-il répété. À fin 2017, 333 milliards d’euros de l’assurance vie étaient investis en actions. » Sachant que l’encours était alors de 1 676 milliards d’euros, cela veut dire que près de 20 % de l’argent investi par les ménages français dans leurs contrats d’assurance vie l’était dans des entreprises. « Contrairement à ce que l’on croit, c’est un produit qui est en partie investi en actions. 10 % à peu près du fonds euros et 50 % des contrats en unités de compte », a d’ailleurs précisé le gouverneur de la Banque de France au sujet de l’assurance vie. Et ce dernier de conclure : « ce qui veut dire qu’au total, quand vous regardez l’ensemble de l’assurance vie, c’est un placement en actions très significatif à l’échelle de l’économie française ».

On peut toujours faire la fine bouche en arguant que 30 ou 40 % de l’assurance vie investis au capital de sociétés, ce serait encore mieux. Mais 333 milliards d’euros, ça n’est pas rien, d’autant qu’au petit jeu des comparaisons, ce chiffre représente l’équivalent d’à peu près un tiers des crédits accordés aux entreprises sur tout l’exercice 2017. Ce chiffre, en apparence, est à rebours du discours tenu par les pouvoirs publics ces deux dernières années selon lequel les ménages français n’investiraient que très (trop) peu d’argent dans des titres d’entreprises. C’est d’ailleurs l’objectif du gouvernement par le biais notamment de la loi Pacte : tenter de détourner les épargnants des produits de rente et davantage les inciter à placer leur argent dans l’économie dite « réelle ».

Mais investir dans des actions cotées et échangées en Bourse, via un PEA, un compte-titres ou une assurance vie, est une chose. Abonder aux fonds propres d’une entreprise (l’une des insuffisances chroniques des PME et ETI tricolores) via du capital-investissement, en est une autre. Sur ce point, la loi Pacte apporte quelques éléments de réponses (PEA-PME, assouplissement des fonds communs de placement à risques…). Reste que le ticket d’entrée, en private equity, n’est pas donné à tout le monde. Surtout, le risque est élevé. Or, si certains épargnants peuvent se montrer sensibles à de meilleurs rendements, il n’en demeure pas moins que c’est la sécurité de leur épargne qui prime le plus souvent.

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