Cas d'école

Cas d'école
Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

On n’est jamais aussi bien servi que par l’actualité. Ce mardi 20 mars, lors de la 7e édition de Décid’Assur, rendez-vous annuel organisé par notre groupe sur le thème des innovations digitales dans l’assurance, il fut beaucoup question du Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai. Droit à l’oubli, à la portabilité des données, droit d’opposition, inversion de la charge de la preuve et principe de responsabilité imposé aux entreprises… Quels enjeux, quels risques ? Comment s’y préparer ? Comment former ses équipes ? Comment en faire une opportunité ? Autant de questions qui furent soulevées et débattues tout au long de la journée. Et qui revêtaient un intérêt supplémentaire après l’annonce de la très grosse tuile arrivée à Facebook…

Tout est parti de Thisis­yourdigitallife (c’est votre vie numérique, en français), une de ces nombreuses applications dispo­nibles sur le réseau social. Pour installer cet outil conçu à des fins de recherche en psychologie, tout internaute devait y associer son compte Facebook et autoriser l’accès à son profil, sa localisation et, surtout, sa liste d’amis. Le hic, c’est que la société éditant cette application a ensuite cédé les données personnelles de 50 millions d’Américains à une entreprise de marketing britannique, Cambridge Analytica, qui, investie dans la campagne présidentielle de Donal Trump, a utilisé toutes ces informations à des fins de profilage électoral. Et, c’est bien le problème, à l’insu des personnes concernées, comme l’ont révélé le New York Times et le Guardian.

Une sacrée piqûre de rappel pour ceux qui sous-estimeraient la question de la protection des données. Car les répercussions peuvent être terribles. Même lorsqu’on s’appelle Facebook !

Cette affaire est un cas d’école. Et constitue une sacrée piqûre de rappel pour ceux qui sous-estime­raient la question de la protection des données. Car les répercussions peuvent être terribles. Même lorsqu’on s’appelle Facebook ! Répercussions financières d’abord. En à peine 48 heures, le titre Facebook a perdu plus de 9 % en Bourse, 60 Md\$ de capitalisation – l’équivalent de Vinci, excusez du peu – partant en fumée. Et encore, imaginez que le scandale ait éclaté après l’entrée en vigueur du RGPD. Potentiellement, l’entreprise aurait été exposée à une amende pouvant atteindre 4 % de son chiffre d’affaires annuel. Soit 1,6 Md\$. Autre conséquence pour Facebook : sa réputation en a pris un sacré coup. Au point que malgré le mea culpa de son fondateur, Mark Zuckerberg, une campagne de désabonnements a été lancée par Brian Acton, cofon­dateur de la messagerie WhatsApp rache­tée en 2014 par… Facebook ! Des suites judiciaires, enfin, ne sont pas à écarter, des cabinets d’avocats ayant annoncé avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif au nom de citoyens ou d’actionnaires de Facebook.

Ce n’est pas la première fois que le géant du numérique est impliqué dans l’exploitation indue de données sur son réseau. En 2016, le Britannique Admiral avait tenté de commer­cialiser un contrat dont la tarification reposait sur l’analyse des profils d’automobilistes. Mais cette fois-là, Facebook avait été plus réactif : moins de deux heures avant le lancement de cette offre, l’assureur avait été contraint de faire marche arrière.

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Cas d'école

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié