Cinquième risque

Cinquième risque
François Limoge Rédacteur en chef délégué flimoge@argusdelassurance.com

C’est l’invitée surprise de ce début de quinquennat. Quasi absente de la campagne présidentielle, la dépendance fait un retour remarqué, consacré par les déclarations du président de la République, le 15 avril, lors de son interview au Palais de Chaillot. Le chef de l’État a expliqué en substan­ce qu’il souhaitait doter notre pays d’une véritable politique de prise en charge de la perte d’autonomie, avec une réforme annon­cée « entre la fin d’année 2018 et 2019 ».

C’était écrit, la France vieillit et si les Français désirent, à une écrasante majorité, passer leurs vieux jours à domicile, arrive un moment où certains n’ont plus d’autre choix que la maison de retraite médicalisée, l’Ehpad. Les pension­­naires, âgés à leur entrée de 86 ans en moyenne, sont lourdement dépendants et les personnels de ces établissements crient aujourd’hui à l’asphyxie, dans l’incapacité qu’ils sont de traiter les pensionnaires avec dignité.

Emmanuel Macron entend donc réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Mais la détermination jupi­térienne n’en laisse pas moins place au doute, dans la mesure où sa rhétorique paraît souffrir des mêmes maux. À son tour, le chef de l’État a entonné la complain­te du cinquiè­me risque, parole quasi mystique censée redonner espoir à tous les grabataires de la République. Brandie comme un totem par Nicolas Sarkozy en 2007, l’expression a tellement été galvaudée que l’on ne sait plus très bien à quoi elle renvoie.

Le président a évoqué des « mécanismes de Sécurité sociale », alors que sa ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a d’emblée fermé la voie de l’assurance, rouverte récemment par la Mutualité française et la Fédération française de l’assurance (FFA). Sécu et solidarité, pourquoi pas ! D’après le baromètre 2018 de la Drees (1), deux tiers des Français considèrent que c’est principalement à l’État et aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement les person­nes âgées dépendantes.

La part de la riches­se nationale consacrée à la dépen­dance – 30 Md€ soit 1,4 point de PIB aujour­d’hui – pourrait doubler d’ici à 2060, selon les projections publiques. Traduction : il faut trouver de l’argent. L’exécutif a évoqué la création d’une nouvelle journée de Solidarité, appellation très marketing du prélèvement sur le travail créé par Raffarin. Mais pourquoi seuls les actifs cotiseraient-ils pour la dépendance ! ont critiqué plusieurs syndicats…

« La pauvreté a longtemps touché davantage les personnes âgées que les jeunes. C’est aujourd’hui l’inverse », soulignait France Stratégie, dans une note de 2016. Avant d’expliquer que les politiques publiques ont privilégié les aînés – le total des dépenses en protection sociale et éducation pour les plus de 60 ans a progressé de 50 % entre 1979 et 2011 alors qu’il est resté stable pour les moins de 25 ans. Et l’ex-commissariat au Plan d’avertir : « Le vieillissement démographique rendra la poursuite de cette tendance non soutenable dans les années à venir. »

1. Direction des statistiques du ministère des Solidarités.

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