Corde de rappel (Edito Spécial Solva 2)

Corde de rappel (Edito Spécial Solva 2)
Laetitia Duarte Géraldine VialRédactrice en chefgvial@argusdelassurance.com

Ce 22 juillet, date de la parution du ­numéro 7468 de L’Argus, cela fera très exactement 204 jours que Solvabilité 2 est en vigueur. Et alors ?

Alors déjà, personne n’est mort : le marché français a passé sans gros bug la date fatidique du 1er janvier 2016. Normalement, tous les organismes disposent d’un conseil ­d’administration renforcé, d’au moins deux dirigeants effectifs, de titulaires pour les quatre fonctions-clefs, de politiques écrites, d’un système de gestion des risques digne de ce nom. Normalement, tout le monde commence à être à peu près au clair avec son appétence au risque. Tout le monde est déterminé à soumettre ses décisions importantes aux fourches caudines de l’Orsa (1), la vraie novation du régime prudentiel. Et tout le monde s’apprête, y compris en tirant la langue, à se plier au rythme frénétique des fameux QRT, ces états de reporting qui ­jalonnent désormais le ­quotidien de nombreux salariés de l’assurance. Bref, ça tourne.

Alors bien sûr, on se dit un peu « tout ça pour ça ». Dix ans de travaux pour aboutir à un ­système dont on connaît le vice congénital (le fameux « horizon d’un an » pas du tout adapté au modèle économique de l’assurance). Un système dont l’un des plus ardents promoteurs, le Royaume-Uni, pourrait finalement s’exonérer (c’est l’une des ironies du Brexit). Un système dont les modalités d’application dépendent, quoique l’on en dise, du zèle des superviseurs locaux (dommage pour le sacro-saint « terrain de jeu commun »). Un système dont on sait pertinemment qu’un reengineering (2) sera nécessaire (mais la clause de revoyure de 2018 suffira-t-elle ?). Un système dont l’étendard, le taux de couverture du SCR, est ultravolatile (la faute à une extrême sensibilité aux fluctuations des ­marchés financiers), opaque, et bien peu comparable d’un acteur à l’autre.

e marché a passé, sans gros bug, la date fatidique du 1er janvier 2016. Reste quand même une question : est-ce que Solva 2 permet un meilleur pilotage des entreprises d’assurance ?

Alors au bout du bout, il reste quand même une question : est-ce que Solva 2 permet un meilleur pilotage des organismes qui y sont soumis ? Sur le papier oui, puisque les risques, ­matière ­première de ­l’assurance, sont bien mieux pris en compte. En pratique on verra, tant le système est complexe à maîtriser, tant l’interaction des ­différents paramètres est impossible à réduire à quelques calculs de coins de table, tant l’impact de tel ou tel choc est périlleux à correctement anticiper.

Espérons donc que les taux zéro ne mettent pas K.-O. le système avant qu’il ne souffle sa première bougie. Espérons surtout qu’il reste, quelque part dans Solva 2, une petite place pour une corde de rappel assez infaillible : le bon sens

1. Auto-évaluation prospective des risques et de la solvabilité
2. Terme employé le 8 juillet par Bernard Spitz, président de la toute nouvelle Fédération française de l’assurance (FFA)

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