Demain, on soigne gratis

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François Limoge Rédacteur en chef délégué flimoge@argusdelassurance.com © LAETITIA DUARTE

Par définition, toute promesse électorale se doit d’être simple, afin d’être compri­se du plus grand nombre. Simple, voire simpliste lorsqu’elle s’aventure, lors d’un scrutin présidentiel, sur des terrains aussi complexes que le financement des dépen­ses de soins. Bien malin l’assuré qui peut aujourd’hui calculer réellement ce que lui coûte sa santé, si ce n’est la dizaine voire la centaine d’euros qui restent à sa charge (RAC) une fois déduits les remboursements de la Sécu et de sa « mutuelle ». La perspective de ne plus rien débourser pour ses lunettes, ses prothèses dentaires ou auditives est alléchante. Alors banco pour le RAC 0 !

La ministre de la Santé Agnès Buzyn vient de lancer la concertation, après avoir tenté de déminer auprès du grand public un projet qui pourrait se chiffrer à plus de 4,4 Md€ s’il était pris au pied de la lettre. Pas question « d’offrir des lunet­tes Chanel à tout le monde », a lâché, un peu maladroitement, Agnès Buzyn. Si l’expres­sion a fait polémique, elle n’a pas surpris les esprits un peu avertis. Difficile en effet de tenir un tel engagement, même à horizon 2022, sans le circonscrire à la dépense utile. L’intérêt de la mesure est de favoriser l’accès aux soins, pas de financer l’industrie du luxe !

Reste donc à définir ce « panier de soins », cette liste d’actes et d’équipements jugés suffi­samment indispensables et efficaces pour être intégralement remboursés. L’exercice est bigrement compliqué, d’autant plus que le RAC, pour une même prestation, peut varier d’un patient à l’autre en fonction de sa complémentaire. Que le panier se révèle trop léger et les criti­ques fuseront sur cette médecine du pauvre. Impensable à l’heure où Emmanuel Macron semble en perte de vitesse dans l’électorat de gauche. Que le panier se révèle, a contrario, trop lourd, et la facture sera salée pour les assureurs santé, premiers financeurs de l’opti­que, du dentai­re et de l’audioprothèse. Et, quoi qu’en dise Mme Buzyn, ils n’auront pas beaucoup d’autres solutions que d’augmenter leurs tarifs.

Le think tank Terra Nova, que l’on dit aujourd’hui proche du prési­dent après l’avoir été du Parti socialiste, défend un « RAC 0 sélectif » réservé aux plus démunis, et ressort ainsi des cartons le bouclier sani­taire défendu en vain par Martin Hirsch sous la présidence de Nicolas Sarkozy. L’idée est de plafonner la dépense du patient en fonction de ses revenus. Un outil très décrié pour sa complexité et qui bouleverserait tout le système de financement actuel, notam­ment la place des complémentaires. Terra Nova le reconnaît d’ailleurs et souligne, autre difficulté, que ce bouclier ne « règlerait pas la question de l’offre, qui pourrait toujours adapter ses tarifs au fil de l’amélioration des remboursements ». Ou comment le RAC devenu zéro ne le resterait pas très longtemps....

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