Edito : Cash cash

Edito : Cash cash
Géraldine Vial, rédactrice en chef de l'Argus de l'assurance.

Vous n’y voyez rien ? C’est normal. Avec Solvabilité 2, la communication financière des assureurs devient un vrai jeu de cache-cache. Les groupes cotés s’inquiè­tent d’ailleurs de la réaction des marchés finan­ciers quand on verra que leurs indicateurs financiers prennent mieux en compte les risques, certes, mais qu’ils font aussi sacrément du yo-yo. Et que leur ratio de solvabilité est plutôt moins bon que sous Solva 1.

Qui est la plus solide : la compagnie qui affiche le ratio de solvabilité le plus élevé, ou celle dont le ratio est le plus stable ?

On avait pourtant caressé l’espoir que grâce à cette réforme, qui pousse les acteurs à un vrai pilotage en 3 D (croissance/rentabilité/solvabilité), le côté «boîte noire» de l’assurance disparaîtrait. Que l’on disposerait enfin d’indicateurs fiables pour comprendre comment on s’y prend pour gagner de l’argent dans ce secteur ésotérique. Sauf que, évidemment, les choses ne sont pas si simples. Bien sûr, tous les acteurs, quelles que soient leur taille, leur activité, leur structure juridique, sont désormais tenus par une balise commune, le ratio de Solvabilité 2. Les études confirment toutes l’importance croissante de cet indicateur qui correspond, pour ceux qui n’ont pas de modèle interne, au taux de couverture du capital de solvabilité requis, le fameux «SCR».

Pour autant, nous permettra-t-il d’apprécier, en lecture directe, l’état de santé de tel ou tel assureur ? Bien sûr que non. D’abord, ce ratio ne vaut rien s’il n’est pas mis en perspective avec le degré d’« appétit au risque » de l’organisme, et donc avec le niveau de volatilité implicitement assumé par ses organes de gouvernance. Qui est la plus solide : la compagnie qui affiche le ratio de solva­bilité le plus élevé, ou celle dont le ratio est le plus stable ?

Ensuite, pendant quelques années, ce ratio ne sera pas forcément d’une grande pureté. La faute aux mesures transitoires, qui adoucissent le passage de Solva 1 à Solva 2. Politiquement nécessaires, ces édulcorants vont malheureusement brouiller, chez ceux qui les retiennent, la vision économique des risques qu’est censé donner Solvabilité 2. L’agence de notation Moody’s a déjà prévenu (1) qu’elle regardera les «vrais» ratios, chargés à plein. Et il est assez probable que les investisseurs fassent de même.

Enfin, couvrir à 100 % son SCR ne sera évidemment pas suffisant. Sur le marché, il se dit que le vrai seuil minimum est plutôt à 150% ou 160%. Pas totalement incongru, quand on sait que pour disposer d’une note de solidité financière de catégorie «AA» ou équivalent – le Graal – il faudra afficher un ratio d’au moins 200 %, et peu volatile.

Bref, au royaume embrumé de la gestion du capital, un autre étalon risque donc de s’imposer : le cash ! Certains ont déjà donné le «la», réorientant leur communication financière sur leurs objectifs de cash-flow et de dividendes. Généreux ? Audible, surtout. Car au jeu de «cash cash», tout le monde parle à peu près la même langue. Mais certains vont devoir se mettre fissa à la méthode Assimil.

1. « Solvency 2 ratios will not always reflect economic capitalisation », Moody’s, 10/12/2015.

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