Edito : Résolution #1

Edito : Résolution #1
Géraldine Vial, rédactrice en chef de l'Argus de l'assurance.

Oubliez une seconde vos résultats 2015, la pression concurrentielle, l’entrée en vigueur de Solvabilité 2 et de l’ANI. Dites-vous que désormais, tout prétendant au marché du travail qui se respecte veut monter sa start-up ou travailler chez Google. Et profitez de la période, propice aux bonnes résolutions, pour en formuler une toute simple : en 2016, travailler dans l’assurance deviendra hype, swag, populaire quoi !

C’est bien connu, tous ceux qui font carrière dans l’assurance confessent être tombés dans le secteur par hasard. Inutile de se leurrer : l’assurance ne fait rêver aucun étudiant. Enfin pas tout à fait : selon Deloitte, au niveau mondial, ils sont 1,3 % à y envisager une carrière(1). Évidemment, comme indice d’attractivité sectoriel, ce n’est pas très glorieux. Et que mettent en avant les rares à cibler le secteur ? La sécurité de l’emploi, les salaires élevés et le prestige de l’employeur. Pas très disruptif, comme arguments… Autant dire que dans la guerre des talents 3.0, l’assurance n’est pas forcément la mieux armée.

Avec seulement 1,3 % des étudiants qui y envisagent une carrière, l’assurance affiche l’un des taux d’attractivité les plus faibles.

Assureurs de l’Hexagone, plus question de tergiverser. Certes, vous pouvez vous rassurer deux secondes en vous disant que le taux d’attractivité du secteur a été multiplié par trois en quatre ans… passant de 0,4 % à 1,3 %. En attendant, l’assurance figure auprès des étudiants français loin, très loin de secteurs comme la grande consommation (21,9 % de taux d’attractivité), la banque (10,2 %), les services informatiques (9,5 %), la mode (7,3 %) ou encore l’audit et le conseil (6,8 %). Surtout, aucun assureur ne parvient pas à rivaliser avec les « marques employeurs » préférées des jeunes diplômés, telles LVMH, L’Oréal, Google, Apple et Canal+. D’ailleurs, quand on demande à la poignée d’étudiants français éventuellement attirés par l’assurance de citer leurs cinq employeurs potentiels favoris, ils évoquent quatre banques (HSBC, BNP Paribas, Goldman Sachs et JP Morgan) et le seul assureur qui leur vienne à l’esprit est Axa !

Mais pourquoi tant de haine ? Si l’on en croit Deloitte, trois erreurs de jugement tenaces e­xpliquent l’impopularité du secteur auprès des étudiants. Un, il ne serait pas possible de « faire carrière » dans l’assurance. Deux, les perspectives d’expatriation seraient faibles ou inexistantes. Et trois, l’assurance ne serait pas innovante. Le problème avec les croyances solidement ancrées, c’est qu’elles reposent toujours sur un vieux fond de vérité. Oui, l’assurance manque encore de role models dont les carrières sont citées en exemple. Oui, l’assurance reste une activité à caractère domestique, même si le Top 20 européen collecte près de 60 % de ses primes à l’international. Et oui, un assureur est plus attendu sur sa solidité bilantielle que sur ses innovations.

Sauf qu’aujourd’hui, l’assurance dispose enfin de vrais arguments pour séduire. Le secteur est devenu le terrain de jeu idéal des data scientist et autres geeks de tout poil. Les frontières sont transcendées par les modèles économiques nés du digital. Et comme les consommateurs ­reprennent le pouvoir, tous les métiers sont à digitaliser, transformer, réinventer. Bref, les lignes bougent à toute vitesse, il y a des places à prendre. C’est donc là qu’il faut être. L’assurance en 2016, c’est mieux que Top Chef, Koh-Lanta et Relooking Extrême réunis.

Alors ? Prêts à promouvoir l’aventure ?

(1) The Deloitte Talent in insurance survey 2015.

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