Et si l'assurance était une industrie normale...

Ce 17 juin, l'Insee a publié un pavé de 160 pages qui, même s'il tend à stationner longuement sur l'écran bleu de nos « bureaux » d'ordinateur dans sa version numérique, ou à prendre la poussière sur une étagère bien réelle, mérite pourtant notre intérêt (1). Certes, il faut attendre les pages 136 et 137 pour atteindre les informations qui nous intéressent... mais L'Argus vient de vous faire gagner quelques précieuses minutes en vous guidant jusqu'à elles !

En deux pages laconiques, notre institut national de la statistique réussit le tour de force de regrouper les comptes non financiers de toutes les sociétés dont « les activités recouvrent la protection contre divers risques, la constitution d'une épargne et la réassurance »... à l'exclusion, bien évidemment, des organismes de sécurité sociale. Ainsi rassemblée, cette grande famille de l'assurance française livre un profil inédit. La production d'assurances, telle que l'appréhende l'Insee et qui pourrait s'apparenter dans n'importe quelle autre industrie à une notion de marge brute (2), aurait ainsi progressé de 4% pour atteindre 63,2 Md€.

La palme de la croissance revenant à la réassurance qui, depuis quatre ans, poursuit inexorablement son ascension pour atteindre 7,2 Md€ en 2013, poussée par une croissance de 13,9%. Face à la production, il convient toujours d'afficher la « consommation intermédiaire ». Une ligne que l'Insee résume principalement à des commissions de courtage et de réassurance estimée à 47 Md€ en hausse de 2,2%. Et voilà comment, au total, sur le dernier exercice écoulé, la valeur ajoutée dégagée par les sociétés d'assurance progresse, en France, de 9,7%... après avoir reculé de 12,9% en 2012.

Et parce que l'augmentation des salaires et des cotisations sociales versées ralentit (+ 1,2% en 2013 à 9,8 Md€ contre + 2,2% en 2012) et que le solde impôts-subventions reste quasi stable, le secteur s'offre donc cette année un excédent brut d'exploitation de 5,2 Md€, contre 3,9 Md€ un an plus tôt. Voilà une hausse de 33,5% qui pourrait bien faire parler d'elle, soulignant fortement que notre marché est profitable !

Mais, car il y a toujours un « mais », c'est sans compter sur le recul des taux d'intérêt des marchés financiers qui continuent à orienter les résultats à la baisse. Un environnement que les dernières positions de la BCE semble ancrer dans le temps, ce que confirme le taux historiquement bas de l'OAT à 10 ans (1,656%) lors de l'émission d'emprunt du 6 juin dernier. Contexte qui « tend à rendre la France insensible à ce poison qu'est la dette », constatait Didier Migaud, premier président de la Cour de comptes, à l'occasion de la publication de son rapport annuel sur « la situation et les perspectives des finances publiques » (3)... un poison qui devrait, fin 2014, passer le cap des 2 000 Md€ !

(1) Rapport sur les comptes de la nation 2013 ; juin 2014

(2) Sommes des primes (ou cotisations) et des revenus de placement des réserves diminuée des indemnités attendues ou des prestations dues.

(3) Rapport publié le 17 juin 2014.

En deux pages, l'Insee réussit le tour de force de regrouper les comptes non financiers de toutes les sociétés dont « les activités recouvrent la protection contre divers risques, la constitution d'une épargne et la réassurance » !

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