Excès de confiance

Excès de confiance
Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

De la confiance, de la confiance et encore de la confiance ! C’est ce que promettait en 2017 le candidat Macron à des entrepreneurs réunis par le Medef. Selon lui, c’était même l’une des clés de « la réussite collective de la France ». Un an et demi plus tard, au lendemain d’une crise des « gilets jaunes » ayant sévèrement ébranlé le mandat du président de la République, qu’en est-il réellement de cette confiance que le premier des Marcheurs voulait « rebâtir entre les acteurs » ? Notamment entre l’État et les entreprises, afin que celles-ci puissent « investir et embaucher ». Certes, comme promis, plusieurs mesures en faveur du monde des entreprises, petites ou grandes, ont été progressivement mises en œuvre (baisse de l’impôt sur les sociétés) ou vont voir le jour cette année (exonération de la cotisation foncière pour les entreprises en deçà de 500 000 € de chiffre d’affaires, allégements de cotisations patronales remplaçant le CICE). Et le vote de la loi Pacte, qui entend simplifier la vie des entreprises, devrait intervenir dans les prochains mois.

Mais, entretemps, la tempête sociale hors norme de cette fin 2018 – et les nombreux dégâts et vols occasionnés, y compris dans des agences d’assurance – a laissé des traces. Ne serait-ce que par son coût, évalué pour l’instant par la Banque de France à 0,2 point de PIB et par les économistes de l’Insee entre 2,2 et 4,4 Md€. La facture pour les finances publiques est elle aussi loin d’être neutre : pris dans la tempête, le gouvernement a lâché du lest, annonçant des mesures de plusieurs milliards d’euros qui – ô surprise ! – ne sont toujours pas budgétées à ce jour.

Surtout, malgré les beaux discours et les promesses de réformes d’un chef de l’État un peu trop confiant en lui, la France est toujours vue comme un pays ingouvernable et ses habitants perçus comme pas forcément business friendly. Alors qu’il se targuait l’été dernier de tirer profit des transferts de postes liés au Brexit et de faire de Paris « la première place financière d’Europe », Bruno Le Maire, notre ministre des Finances, est sans doute allé un peu vite en besogne. Preuve de cette relative défiance à l’encontre de la France, de grandes banques anglo-saxonnes, échaudées par le climat régnant dans l’Hexagone, y réfléchiraient aujourd’hui à deux fois avant de faire de la Ville Lumière leur hub européen. Pourquoi ? Que l’on gravite dans les hautes sphères de la finance ou dans la micro-économie locale, le monde des affaires et de l’entreprise n’aime rien tant que la stabilité fiscale, réglementaire et sociale. Et a une sainte horreur des incertitudes, telles celles suscitées par les « gilets jaunes ». Si l’exécutif n’a évidemment d’autre choix que de chercher à rétablir le contact entre les citoyens et le personnel politique – ce qui est loin d’être gagné – gare à ne pas ruiner tous les efforts entrepris pour établir, enfin, ce climat de confiance que réclament les entreprises depuis si longtemps.

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