Gaulois réfractaires

Gaulois réfractaires
Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

Le dossier médical partagé (DMP) est de retour ! Ce vieux serpent de mer pointe à nouveau le bout de son nez après une quinzaine d’années d’errances liées, pêle-mêle, à de nombreux dysfonctionnements, un défaut de gouvernance, une absence de pilotage du projet, un manque de volonté de l’État, mais aussi des professionnels de santé. Pourtant, promis, juré, cette fois-ci, c’est la bonne, nous ont assuré en chœur Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, et Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d’Assurance maladie, lors d’une conférence de presse annonçant en grande pompe la résurrection du carnet de santé numérique. « Maintes fois annoncé, maintes fois repoussé, le DMP doit devenir demain une évidence pour tous les Français, comme l’est devenue la carte Vitale », a déclaré la ministre, qui s’est fixé un ambitieux objectif de 40 millions de dossiers médicaux partagés ouverts d’ici à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Rien que ça !

Alors que tant de ministres avant elle (Douste-Blazy, Bertrand, Bachelot) s’y sont cassé les dents, pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne ? Parce qu’à l’heure du tout – ou presque tout – digital, les planètes semblent enfin à peu près alignées. Désormais, en effet, à chaque fois qu’un DMP est ouvert, la Sécu y verse d’office l’historique des remboursements des deux dernières années. En clair, ce n’est plus une coquille vide. Par ailleurs, tout le monde peut créer un dossier médical partagé : l’assuré lui-même ou des professionnels de santé pour le compte de leurs patients. Il faut dire qu’ils y ont intérêt, les pharmaciens touchant 1 € par DMP ouvert. Un dispositif conventionnel qui, selon Nicolas Revel, pourrait être étendu aux infirmières libérales (si tant est que leur logiciel soit compatible).

C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que le nombre de DMP a décollé, quelque 1,88 million de Français disposant, fin octobre, d’un tel coffre-fort électronique dans lequel peuvent être stockés des comptes rendus de consultation, d’hospitalisation, de radios ou d’analyses. Mais un village de Gaulois réfractaires résiste encore et toujours. Pour véritablement transformer l’essai et rendre le DMP incontournable, l’Assurance maladie aura forcément besoin du concours des médecins libéraux, ce qui ne sera pas une mince affaire, seuls 18 % des praticiens des départements pilotes ayant alimenté le dossier médical partagé pendant cette fameuse phase d’expérimentation. Leur implication est pourtant fondamentale. Eux seuls sont capables de rédiger le volet de synthèse médical, qui recense tous les antécédents de leurs patients (maladies chroniques, traitements, allergies, etc.). Des informations essentielles pour que le DMP soit tout à fait utile et efficace. Enfin, accessoirement, seuls les médecins peuvent inciter massivement leurs patients à ouvrir un dossier médical partagé.

Pour mettre en place un parcours de soins dans lequel, grâce au DMP, libéraux et établissements hospitaliers seraient enfin sur la même longueur d’ondes, on voit mal comment les pouvoirs publics pourront échapper à verser également une incitation financière aux médecins.

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