L'appel de la province

Humanis devrait faire des heureux ! Près de 150 salariés de ce groupe de protection sociale se sont déjà montrés intéressés par la proposition de quitter la banlieue parisienne pour un poste en provin­ce. Bien évidemment, ce départ est encouragé avec, notamment, une prise en charge de leur déménagement, mais même sans cela il est fort à parier qu’il n’aurait pas été très difficile de trouver des candidats, tant les salariés franciliens aspirent à prendre la poudre d’escampette.

Sondage après sondage, ouvriers, employés ou cadres manifestent leur envie de quitter Paris et sa banlieue. Et ce ne sont pas que des mots : l’île-de-France affiche un solde migratoire déficitaire avec les autres régions. Il y a certes les sexagénaires qui retournent, une fois la retraite venue, sur leurs terres familiales, mais pas seulement. Beaucoup de famil­les plient bagages, considérant que travail­ler dans la ville Lumière est un enfer.

Pas moins de 40 % des salariés d’île-de-France avouent ainsi avoir des difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle, selon une récente étude du groupe Malakoff Médéric sur la qualité de vie au travail et ils sont près de la moitié des 30-39 ans dans ce cas.

Pour aller et revenir de leur travail, près de 60 % des Franciliens passent, chaque jour, plus d’une heure coincés dans les bouchons ou entassés dans le métro et le RER.

Des pourcentages supérieurs aux autres régions. En cause : le temps de transport. Pour aller et revenir de leur travail, près de 60 % d’entre eux – contre un tiers pour la France entière –passent, chaque jour, plus d’une heure coincés dans les bouchons ou entassés dans le métro et le RER. On comprend mieux l’appel de la province.

Difficile pour autant d’imaginer transférer La Défense à Bordeaux ou à Nantes ! Même si Humanis est tout autant gagnant dans l’opération en réduisant ses coûts immobiliers, le groupe ne déconcentre que 400 emplois d’ici à 2018. C’est pourquoi il envisage de développer le télétravail. Une solution privilégiée notamment par Generali. La compagnie, comme nombre de ses consœurs, a déserté le quartier historique de l’assurance, dans le IXe arrondissement parisien, pour la proche banlieue, en l’occur­rence la Plaine Saint-Denis. Un groupe d’immeubles flambant neufs, fonctionnels, mais desservis par le RER B, un train soi-disant « express » qui prend le plus souvent l’allure d’un tortillard, régulièrement immobilisé par des incidents de toute nature. La direction de Generali a donc encouragé, équipement à la clef, ceux qui le souhaitaient, à travailler certains jours chez eux. Moins de fatigue pour les salariés et plus de disponibilité pour l’entreprise, la formule a susci­té près de 500 demandes en six mois !

Le télétravail séduit. Près des deux tiers des salariés français, d’après une étude Randstad, sont favorables à l’idée de déserter le bureau,  mais… à petite dose. Ainsi 35 % des sondés ne l’envisagent qu’occasionnellement. Pas surprenant, car ces mêmes salariés citent, dans l’étude Mala­koff Médéric précitée, « l’ambiance et les relations avec leurs collègues », comme le premier critère de qualité de vie au travail, y compris en île-de-France. Reste à convaincre le management que là aussi, c’est du gagnant-gagnant !

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