L'édito : la garde montante

L'édito : la garde montante
Géraldine Vial, rédactrice en chef de l'Argus de l'assurance.

« C’est nous la garde montante, nous arrivons nous voilà. Sonne, trompette éclatante, taratata tarata » (1). Il souffle comme un vent de nouveauté sur l’assurance européenne, en ce début de printemps. Henri de Castries crée la surprise en cédant, avec deux ans d’avance, son fauteuil de PDG d’Axa et en adoubant Thomas Buberl, un quadra allemand inconnu du grand public mais réputé en interne pour son ambition et sa capacité à faire bouger les lignes. Generali s’est choisi un patron français doté d’une solide expérience internationale, Philippe Donnet, pour remplacer Mario Greco, lui-même parti dupliquer ses méthodes musclées chez Zurich Insurance, en quête d’un nouveau souffle. Nikolaus von Bomhard, l’indéboulonnable patron de Munich Re, confie les rênes du réassureur à son DRH, Joachim Wenning, qui a commencé en vendant des contrats d’assurances en porte à porte. Déjà, il y a un peu moins d’un an, l’arrivée d’Oliver Bäte à la tête d’Allianz avait constitué une petite révolution, cet ancien consultant étant le premier président à ne pas avoir fait toute sa carrière chez le numéro Un européen de l’assurance.

Henri de Castries crée la surprise en quittant Axa et en adoubant un quadra allemand inconnu du grand public.

S’ils alimentent la rubrique people, ces mouvements confirment que quelque chose de puissant est à l’œuvre dans le secteur européen de l’assurance. D’abord, entre les évolutions réglementaires et l’avènement du digital, le terrain de jeu est devenu européen, voire mondial. Dans ce contexte, il n’est plus indécent, pour une entreprise, d’avoir un patron de nationalité différente. Il n’empêche, Axa est le premier assureur de l’Hexagone à franchir ce pas symbolique.

Sans céder aux sirènes du jeunisme ambiant, ces nominations attestent ainsi que le casting a changé. Tout le monde l’a noté, Thomas Buberl a 43 ans. Indépendamment du fait qu’il a dû passer l’équivalent de son bac la même année que moi, il est plus jeune que ne l’était Henri de Castries quand il a pris ses fonctions (à 45 ans) à la tête d’Axa. Mais surtout, « il est plus expérimenté que je ne l’étais », insiste le PDG sortant. La vraie nouveauté, c’est qu’une nouvelle forme de méritocratie émerge. Désormais, on peut faire carrière dans l’assurance sans se dire que la place du chef incombera forcément à un ancien haut fonctionnaire ou à un banquier.

Mais ne nous trompons pas. Le casting change car le monde change. Tous ces futurs ex-grands patrons l’ont bien compris : même si leur bilan relève du quasi-sans-faute, il est probablement déjà obsolète. Car entre la digitalisation et la prise de pouvoir par le consommateur, l’assurance risque de muter bien plus dans les 5 ans qui viennent qu’au cours des 100 dernières années. Et cette auto-révo­lution un peu kamikaze, cette « ubérisation de l’intérieur », il faut quelqu’un pour l’incarner. Exit, les stratégies de croissance et le plantage de drapeaux à tout va : « Notre priorité doit être l’adaptation de notre modèle économique au digital », a glissé Thomas Buberl en guise d’ébauche de feuille de route. L’enjeu est de taille, et c’est Mark Wilson, ce Néo-Zélandais qui dirige Aviva, qui le résume le mieux : « nous sommes passés du statut de couch potatoe (2) à celui d’entreprise capa­ble de courir une course de 10 km en un laps de temps assez court. Mais notre marathon n’est pas terminé ». Rajeunie mais aguerrie, parée pour l’auto-disruption mais marathonienne : la garde montante de l’assurance arrive, la voilà.

1. « Carmen », acte 1, scène 2, opéra de Georges Bizet.
2. Littéralement : patate vautrée sur un canapé.

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