La bande à Pikachu

Ce fut LE phénomène de l’été. Quelle que soit sa destination, difficile d’échapper à ses grappes humaines, déambulant dans les rues, les yeux rivés sur leur smartphone, une batterie glissée dans la poche pour ne surtout pas laisser filer Pikachu ou Bulbizzare. Lancé début juillet, Pokémon GO s’est répandu comme une traînée de poudre sur toute la planète. Pour ceux qui auraient choisi de passer leurs vacances dans la bourgade de Bresssoles (Ain), devenue célèbre pour son arrêté municipal anti-Pokémon, rappelons que ce jeu consiste à attraper des créatures virtuelles – quelque 150 bestioles créées par Nintendo en 1996 – disséminées dans un décor réel. Et cela grâce à la technologie de la réalité augmentée.

Quoi qu’inspire cet engouement planétaire – qui a tourné à l’émeute lorsque des centai­nes de « dresseurs » se sont rués, à Taïwan, sur un rarissime Ronflex –, il s’avère riche de leçons sur cette fameuse transformation digita­le. Un vrai cas d’école ! Et d’abord sur la puissance des nouvelles technologies : tout juste une semaine après son lancement, Poké­mon GO avait déjà été chargé 7 millions de fois ! Un tsunami qui confirme la place de média n°1 du smartphone dans l’univers numérique.

Il n’en coûte pas un sou de traquer le Rondoudou, le jeu est gratuit, mais il avait déjà rapporté la bagatelle de 180 M€ début août...

Le modèle économique est tout aussi révélateur. Il n’en coûte pas un sou de traquer le Rondoudou, l’application est gratuite, mais elle avait pourtant déjà rapporté la bagatelle de 180 M€ début août. Les chasseurs se ruinent en « leurres virtuels » (sic) – mais bien payants – pour attraper les créatures. Un jackpot pour le développeur, Niantic, mais également les incon­tour­­nables Apple et Google, qui percevraient 30 % sur tous les achats effectués via leurs plateformes.

Voilà de quoi faire saliver tous les secteurs d’acti­vité qui peinent à développer leur e-commerce. Bien évidemment, le succès de Pokémon GO n’est pas étranger à celui de son ancêtre sur Game Boy au milieu des années 1990, une Pokemon mania née au Japon avant d’envahir toutes les cours de récré… Bref, la recette associerait un zeste de nostalgie, deux doigts d’innovation « réalité augmentée » et le fond de sauce classi­que de l’attrait du jeu.

À lire, Olivier Gryson, responsable du marketing digital chez Servier (1), les acteurs de l’e-santé feraient bien de s’inspirer de Pokémon GO qui a davantage contribué à développer l’exercice physique que n’importe quel objet connecté. Pister le Roucool serait beaucoup plus drôle que comptabiliser son nombre de pas quotidiens. Mais il n’est pas certain que l’engagement tienne plus longtemps. Les chiffres de la fin août révèlent un sérieux coup de mou dans la chasse au Racaillou. Pas moins de 15 millions d’utilisateurs auraient déserté l’application et certains prédisent déjà, une fois l’hiver venu, le déclin inexorable des arpenteurs de rues. Le jeu pâtit également de critiques sur les pratiques de Niantic. Il est reproché à cette filiale de Google de récupérer une mine de données personnelles sur les utilisateurs, sans que ces derniers n’en soient véritablement avertis. La constitution d’un big data aux limites de la légalité qui expliquerait… le boom de la valorisation de la société. Bienvenue dans la nouvelle économie !

1. « La leçon de Pokémon GO aux pionniers de l’e-santé », Les échos du 17 août.

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