La mutuelle et le paritaire

La mutuelle et le paritaire
François Limoge, rédacteur en chef délégué

Il était une fois le père d’une jolie mutuelle, convaincu qu’il était bien temps de marier sa fille aimée. En quête d’un bon parti, il écarta tous ses voisins qu’il tenait en bien peu d’estime et arrêta son choix sur un solide groupe paritaire. Riche en arpents de terre, le malheureux avait pourtant plusieurs fois été éconduit et désespérait de trouver chaussure à son pied. Sa famille était discrète et un inten­dant veillait sur ses intérêts.

Après quelques mois de palabres, l’affaire fut conclue un matin de janvier : les épousailles auraient lieu dans douze pleines lunes, le temps de régler les détails du contrat. Le foyer serait prospère ! D’autant plus que La Banque, cousine alerte et entreprenante, était prête à aider aux affaires des futurs époux avec ses nombreux comptoirs de province. Le père et l’intendant, que l’on disait tous deux de fort caractère, devinrent les meilleurs amis du monde. Un jour qu’un proche s’inquiétait des réels atours de la future mariée, l’intendant fort courroucé le fit trébucher et le chassa de la maison.

Mais après la moisson, le temps vira à l’orage. Soupçonnant finalement quelques fourberies dans le contrat, l’intendant ruminait sa colère : le père de la mutuelle l’avait abusé pour s’accaparer les terres. Et un beau jour, excédé, l’intendant querella violemment l’un de ses fils, qui s’en revenait des Amériques. Le père de la mutuelle alerta aussitôt les paritaires qu’il ne pouvait tolérer pareil affront envers l’un des siens.

L’impétueux intendant fut écarté, et la famille reprit en main, au début de l’hiver, une situation bien mal en point. On reporta le moment de passer devant le maire, pardon l’ACPR, et le père de la mutuelle témoigna de ses bonnes intentions, en rabotant singulièrement ses prétentions. Au sein des paritaires, on s’inquiétait pourtant des réactions du patriarche – la rouerie du beau-père l’avait meurtri – et de l’influence de ces cousins, grands argentiers qui n’avaient jamais bien apprécié la mutuelle et ses sembla­bles.

Le printemps revenu, si les deux maisons n’affichaient que l’envie de réussir, certains percevaient bien que cet homme de l’ombre, qui avait longtemps commercé avec les Pays-Bas, n’avait plus la tête à cette union. Et à quelques semaines des cérémonies, le patriarche annonça sans crier gare que de mariage, il n’y aurait point, arguant des contraintes d’une nouvelle ordonnance édictée par les comtes de Bruxelles. Le reste de la famille eu beau récriminer, pester qu’il était bien malheureux de se priver d’une telle prospérité, que les comptoirs de la cousine valaient bien quelques efforts, la nouvelle était déjà répandue ! Et la jolie mutuelle ne put faire que l’humiliant constat que d’elle, on ne voulait plus.

Moralité : qu’elles soient d’affaires ou de cœur, mêmes les plus belles unions plient sous le poids des petites ambitions et des grandes rancœurs.

Toute ressemblance avec les protagonistes du rapprochement avorté entre Malakoff Médéric et la Mutuelle générale n’est pas fortuite.

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