Le diktat des images

Le diktat des images
Laetitia Duarte Olivier Baccuzat Rédacteur en chef olivier.baccuzat@infopro-digital.com

Diffusée une première fois le mardi 15 janvier sur les antennes de BFMTV, la vidéo a rapidement été partagée – et abondamment commentée – sur les réseaux sociaux et les sites d’information. D’une durée de 51 secondes, celle-ci a été filmée lors d’une réunion publique qui s’est tenue, visiblement, entre des représentants des pouvoirs publics et des riverains sinistrés après l’explosion survenue le week-end précédent dans le 9e arron­dissement de Paris, rue de Trévise. On y voit surtout une jeune mère de famille exprimer sa colère contre le manque d’information et de prise en charge plus de 72 heures après le drame. « Je suis logée dans un hôtel pour cinq nuits et on me répond, entre autres, qu’il y aura une prolongation éventuelle mais qu’on ne peut pas m’en dire davantage », explique-t-elle, très marquée. « Et on me répond que, pour l’instant, les vêtements, puisqu’ils ne sont vraisemblablement pas brûlés… je n’ai pas le droit à une indemnisation pour m’acheter le strict nécessaire. » Le « on », dont on devine qu’il désigne un expert ou tout autre représentant de son assureur, en prend pour son grade : « C’est humiliant et nous sommes déjà victimes d’un événement traumatique. Et on nous considère seulement comme des contrats. (…) Je ne suis pas qu’un contrat, je suis une mère, je suis une femme et je suis vivante, heureusement, avec ma fille et mon mari ! », conclut, des sanglots dans la gorge, cette Parisienne applaudie par ses voisins d’infortune. Que dire de cette vidéo ? Elle raconte la détresse de particuliers surpris au pied du lit par la déflagration, et se retrouvant à la rue. Il y a de quoi être choqué et désorienté, personne ne prétend le contraire. Mais cette vidéo nous en dit beaucoup, aussi, sur le monde d’aujourd’hui qui vit sous le joug de l’immédiateté, de l’instantanéité et de l’émotion permanente. Pour cette jeune femme, comme pour d’autres assurés, qu’importe ce que prévoit son contrat MRH en termes de garanties et d’assistance. Son assureur est assimilé à un simili service public prié de résoudre tout, et tout de suite.

Compagnies, mutuelles et courtiers ont beau avoir réagi au quart de tour (certains prenant même en charge des personnes… qui n’étaient pas leurs assurés), quoi qu’ils fassent, on part du principe qu’ils traînent des pieds, on les accuse de ne pas en faire assez. Ces assureurs qui roulent sur l’or, leur métier, c’est pourtant bien de payer non ? C’est le drame de cette vidéo : la force des images emporte encore une fois tout sur son passage. Et ça marche ! Rien ne dit que la profession ne l’aurait pas annoncé de toute façon, mais force est de constater que 48 heures après la diffusion de cette vidéo qui s’est répandue sur Internet comme une traînée de poudre, la FFA faisait savoir que, quel soit le contrat des assurés sinistrés, les compagnies allaient assumer « le remboursement des frais de relogement pendant un minimum de deux mois et en pratique jusqu’à la fin du mois de mars ». Un effort exceptionnel ? Certains assurés jugent, au contraire, qu’il n’y a rien de plus normal…

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