Le Guépard et la douchette

Le Guépard et la douchette
LAETITIA DUARTE François Limoge Rédacteur en chef délégué flimoge@argusdelassurance.com

« Il faut que tout change, pour que rien ne change. » C’est bien à la célèbre phrase tirée du Guépard – immor­talisé à l’écran par Visconti – que fait penser le rapport que vient de publier l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le tiers payant. À l’instar de l’aristocratie sicilienne, les assureurs complémentaires santé ont tout intérêt à se secouer les puces s’ils ne veulent pas disparaître du paysage ou passer sous le joug du régime obligatoire. La compa­raison n’est pas déraisonnable tant l’AMC, pour ­reprendre le sigle usité, paraît diable­ment figée.

Reprenons l’histoire, celle de la dispense d’avan­ce de frais, pas celle du comte de ­Lampedusa. Égérie du tiers payant, Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, avait décidé que celui-ci serait intégral et généralisé au 30 novembre 2017. Un oukase qui suscita l’ire de la profession médicale et la censure du Conseil constitutionnel considérant que l’obligation ne pouvait s’appliquer qu’à la partie Sécu, faute d’avoir inscrit dans la loi une garantie pour le praticien d’être remboursé par les assureurs santé. La remplaçante de Marisol ­Touraine avenue de Ségur, Agnès Buzyn, s’empressa de demander à l’Igas de vérifier si tout cela était bien raisonnable.

Et bien non, vient de répondre l’Igas : pas tant à cause de l’Assurance maladie qui pourrait être prête à la fin de l’année, mais des complé­mentaires qui seront difficilement au point… avant 2019. Entre autres pour une raison toute simple : l’impossibilité de vérifier en temps réel la situation des assurés au regard de la complé­mentaire santé. Les toubibs ne seraient, mais alors pas du tout, enthousiasmés par le ­recours à des lecteurs de codes-barres mobiles pour ce contrôle des droits.

Pour une fois, on les comprend un peu ! On a en revanche du mal à imaginer que les mutuelles, compagnies et institutions de prévoyance qui investissent des millions d’euros dans les start-up, le digital et la blockchain n’aient rien d’autres à proposer qu’une douchette et des cartes de tiers payant en papier... Et encore, tacle l’Igas, sans même être capable d’imposer un ­modèle normalisé. Autant d’ar­guments qui confortent les partisans d’une assurance maladie guichet unique…

Le problème ne date pourtant pas d’hier. Grosso modo, depuis l’avènement de la carte Vitale, à la fin des années 1990 les payeurs-aveugles-qui-ne-veulent-plus-l’être aspirent à une dématérialisation des relations avec les ­professionnels de santé, ce qui pose inévitablement la question de la vérification des droits des assurés.

Mais, depuis l’expérience avortée de la carte DUO en 2010, plus rien ou presque... Si ce n’est des experts du tiers payant qui jurent « croix de bois – croix de fer » que plus aucun obstacle technique ne s’oppose à la ­dispense d’avance de frais. Il faut que tout change…

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