Le risque cyber, ce n’est pas virtuel

Le risque cyber, ce n’est pas virtuel
Olivier BaccuzatRédacteur en chefolivier.baccuzat@infopro-digital.com © Laetitia Duarte

Après avoir mis en garde les assureurs vie sur leurs taux de rendement, les invitant à la modération (ce en quoi François Villeroy de Galhau doit être satisfait, compte tenu des taux 2016, lire pages 8 à 10), voici un autre sujet sur lequel le gouverneur de la Banque de France alerte le secteur de l’assurance : celui du risque cyber. « Avec l’aide des réassureurs, les assureurs doivent être en mesure de répondre aux besoins de couverture contre les risques cyber, une préoccupation qui touche l’ensemble des entreprises, des plus petites aux plus grandes » a-t-il déclaré le 24 janvier, lors d’une allocution au Paris Fintech forum, salon qui a réuni pendant deux jours au Palais Brongniart pas moins de 130 start-up de la finance, venant de 25 pays différents. Et le gouverneur d’ajouter : « Les entreprises d’assurance peuvent et doivent se nourrir de leur propre expérience contre les risques cyber pour faire émerger une offre française et européenne de cyber-assurance plus mature. »

Le monde de l’assurance n’a certainement pas attendu M. Villeroy de Galhau pour s’emparer du sujet. Comme nous l’écrivions dans notre précédent numéro, les nouvelles offres affluent sur le marché européen, la plupart des polices cyber offrant à la fois des garanties en dommage, en RC et en services ­divers. Bref, sur un marché très prometteur, soumis à de nouvelles contraintes réglementaires, qu’il s’agisse des assureurs ou des courtiers, le secteur s’est retroussé les manches.

Même si elle est en augmentation, la demande des clients pour une couverture contre le risque cyber est encore trop faible.

Pourquoi alors la vénérable Banque de France s’inquiète-t-elle tant ? Parce qu’en dépit de progrès, les voyants sont au rouge. Même si elle est en augmentation, la demande des clients pour une couverture contre le risque cyber est encore trop faible. Pourtant, le nombre d’attaques n’a jamais été aussi élevé. Et comme l’économie se digitalise à tout va, la tendance n’est pas prête de s’inverser. Hasard du calendrier ou non, la veille de la sortie de François Villeroy de Galhau s’ouvrait à Lille le 9e forum international de la cybersécurité. À cette occasion, le club des experts de la sécurité de l’information et du numérique (Cesin), qui réunit des spécialistes des plus grandes entreprises ­françaises, livrait les résultats de son dernier ­baromètre. Et ils sont assez édifiants.

En un an, le nombre d’attaques informatiques (demande de rançon, virus, fraudes, vol de données, espionnage...) a quasi doublé dans une entreprise sur deux. Afin de faire face à ces actes de malveillance ou de piratage, des solutions techniques, quoique souvent jugées inadaptées, ont bien été mises en place. Mais pour ce qui est de la cyber-assurance, en ­revanche, c’est la cata ! Seul un quart des responsables informatiques ou sécurité interrogés dans cette enquête reconnaît que leur employeur en a souscrit une. Et seulement 17 % des sociétés concernées envisageraient de le faire. C’est peu. Et encore, ne s’agit-il là que de grands comptes puisque 85 % du panel étaient constitué d’entreprises de plus de 1 000 salariés. Inutile de dire que la vulnérabilité des PME est, elle, encore bien plus inquiétante…

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