Le sceau de la qualité

Le sceau de la qualité
© Laetitia Duarte

Dans une quinzaine de jours, la directive sur la distribution d’assurances, la fameuse DDA, entrera officiellement en application. Rarement trois lettres auront autant fait pester et râler les intermédiaires. Il faut dire qu’entre les nouvelles obligations en matière de devoir de conseil, de transparence sur 
le mode de rémunération (un point de crispation qui a énormément cristallisé les débats), de professionnalisation et de formation, et de gouvernance produit, ce texte revoit en profondeur les pratiques de commercialisation des produits d’assurance. Ce n’est pas une mince affaire, tout le monde en convient. C’est précisément parce que les changements étaient de taille et les délais pour se mettre en conformité extrêmement courts que les organisations représentatives des agents généraux, des courtiers et des conseillers en gestion de patrimoine ont obtenu un report de la date d’entrée en vigueur de la DDA du 23 février au 1er octobre 2018.

Ces quelques mois supplémentaires ont-ils été bénéfiques ? Ont-ils permis à la profession, dans son ensemble, de se mettre en ordre de marche, sereinement, afin d’être dans les clous le jour J ? Difficile à dire. Autant, niveau informations, personne n’a franchement pu passer à côté du sujet tant le battage fut important, autant, niveau préparation, on a l’impression qu’il y a un peu de tout : des professionnels qui ont pris le sujet de la mise en conformité à bras-le-corps, ceux qui s’y sont mis mais formalisent leurs procédures de manière un peu trop « artisanal », ceux qui ont commencé à se pencher sur la question mais sans aller plus loin et, enfin, d’autres qui n’ont carrément rien entrepris. Soit parce qu’ils étaient effrayés par le niveau 
d’investissement que cela représente, en temps et en espèces sonnantes et trébuchantes. Soit parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt.

Grossière erreur ! Parce que cela revient à reculer pour mieux sauter. On peut juger que cette hyperprotection des consommateurs – le maître mot de la DDA mais aussi de réglementations s’appliquant à d’autres secteurs d’activité – dont sont obnubilés les pouvoirs publics revient à infantiliser les assurés. Et poussera peut-être à tourner le dos aux clients n’en valant pas ou plus la peine. Qu’importe. Les dés sont jetés. Cette directive, il va bien falloir faire avec. Pas sûr qu’ils soient les plus nombreux aujourd’hui, mais d’aucuns avancent même que cette DDA, et tout ce que cela suppose d’efforts à produire, constitue un mal pour un bien. Parce que cela permet de tampon­ner du sceau de la qualité son cabinet. Ce qui n’a pas de prix en termes d’image...

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