Le spleen des classes moyennes

D'ici à 2025, la digitalisation menace 3 millions d'emplois dans la classe moyenne. Or, notre secteur en est l'un des fleurons.

N'avez-vous jamais croisé dans le regard des élèves de maternelle une certaine fierté à annoncer crânement être chez les «moyens», signe d'une grande victoire sur l'échelon des « petits » et de l'inexorable conviction que leur avenir se dessine chez les « grands » ? Époque bénie et aspirationnelle qui s'éteint souvent avec l'âge, la grande majorité d'entre eux (d'entre nous !) venant grossir les rangs des « Français moyens », cette middle class qui, pour les économistes, est la marque des pays développés. Son archétype étant à aller chercher outre-Atlantique, là où elle est née, où elle a prospéré jusqu'aux confins du XXe siècle avant d'entamer sa chute depuis quelques années.

La cause en est la crise des subprimes, bien sûr, mais certains analystes y ajoutent un amplificateur non négligeable : la politique non conventionnelle menée par la banque centrale américaine, qui, en rachetant aux zinzins leurs actifs les plus risqués, a permis d'injecter chaque mois dans l'économie le montant total du New Deal piloté par Roosevelt entre 1933 et 1938 après la Grande Dépression. Or, cette politique de quantitative easing (QE) que Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, vient d'arrêter, aurait fortement creusé les inégalités sous la bannière étoilée, à tel point qu'elle s'en est inquiétée publiquement.

En France, cette même classe moyenne déprime. Son moral est au plus bas, selon l'indicateur mensuel de l'Insee. Et les perspectives esquissées récemment par le cabinet Roland Berger (1) n'arrangeront rien. En guise d'introduction, ses consultants annoncent que « la digitalisation de l'économie est porteuse d'un risque de déstabilisation des grands équilibres économiques, sociaux et géographiques », et de citer la polarisation des revenus et l'accroissement des inégalités. Pire, ils prévoient, dans l'Hexagone, la destruction de 3 millions d'emplois à l'horizon 2025, principalement des emplois de service, y compris qualifiés, occupés par la classe moyenne. Deux exemples, parmi d'autres, illustrent ces propos. Roland Berger anticipe quelque 1 800 destructions d'emplois chez les courtiers en assurances en raison d'une numérisation accrue de la comparaison, de l'arrivée massive de logiciels de back-office et d'outil de gestion de la relation client tirant partie du big data. Autre changement de paradigme pointé du doigt : les gains de productivité opérés récemment par les assureurs qui se poursuivent parfois au mépris des effectifs. Ainsi, notre secteur, avec ses quelque 147 600 employés, dont 63,2 % titulaires d'un diplôme de niveau bac + 2, est l'un des fleurons de la classe moyenne. À lui, donc, de conduire la transformation digitale avec la conviction de pouvoir embarquer chacun dans la cour des « grands ».

1. « Les classes moyennes face à la transformation digitale. »

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