Les hommes qui valaient 3 milliards !

Est-ce une clause de style ? Est-ce dans l'air du temps ? Est-ce une arme dans la guerre économique mondiale ? Quelles qu'en soient les raisons, l'émergence de directions des talents est une réalité née avec ce siècle qui gagne tous les secteurs économiques, du luxe (avec Hermès) à la grande distribution (Redcats) en passant, bien évidemment, par l'assurance, puisqu'Axa s'est doté, par exemple, d'un directeur talent management.

Ainsi, il devient impossible de croiser un DRH sans évoquer la « guerre des talents », la « rétention des talents », le « management des talents »... Bref, le talent renoue ainsi avec ses origines en pesant de tous son poids ! Un poids que l'étude menée récemment par PwC pour LinkedIn (1) a transformé en coût, en mesurant ce que l'inadéquation des compétences représente aujourd'hui dans 11 marchés mondiaux (2). Or, ne pas avoir la bonne personne à la bonne place coûterait quelque 150 Md$ à ces économies et pas moins de 3,2 Md$ à la France ! Plus de 85% de cette estimation proviennent du manque-à-gagner de productivité généré par les difficultés d'adaptation des compétences professionnelles aux besoins des entreprises. Le reste correspond aux frais de recrutement qui pèsent d'autant plus lourds que l'inadéquation est grande.

Outre cette évidente poche d'économie possible, ce qui plombe encore la France dans cette étude, c'est la révélation de notre manque de mobilité et la faiblesse de notre taux de promotion (indiquant la reconnaissance par les employeurs de l'augmentation de valeur des compétences). Résultat, le classement établi sur la base d'un Index d'adaptabilité des compétences concocté par PwC, nous situe à la 7e place... très loin du 6e. Ainsi, sans surprise, dans cette guerre internationale des talents, tous les pays anglo-saxons passent devant, tout comme les Pays-Bas, où le bilinguisme est de mise.

Et puisqu'une étude n'arrive jamais seule, pour enfoncer le clou, le cabinet Gallileo vient de publier son Observatoire des grandes écoles. Or, parmi les 1 300 étudiants des 13 premières écoles de France (3), près d'un quart souhaitent conduire leur première expérience professionnelle à l'étranger. Les DRH peuvent donc ajouter la « fuite des talents » à leurs préoccupations du moment...

1. Adapt to survive.

2. États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Australie, Singapour, Canada, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, France.

3. HEC, Essec, ESCP, X, Mines, Centrale, EM Lyon, Edhec, Neoma (Sup de Co Reims et Sup de Co Rouen), Télécom, Ponts et Chaussées, Supélec.

" Ce qui plombe encore la France dans cette étude, c'est la révélation de notre manque de mobilité et la faiblesse de notre taux de promotion. "

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