Les petits poids !

Les petits poids !
ANNE LAVAUD

On n'a jamais autant parlé des PME ! Argument électoraliste ; prise de conscience de l'importance sociale de ces quelque 3 422 000 entreprises ; enjeu économique majeur dans un pays industriellement en perte de vitesse... Autant de bonnes raisons pour prêter une oreille attentive à l'OCDE et aux conclusions de la première édition de sa publication « le Financement des PME et des entrepreneurs ». Ce tableau de bord, présenté le 19 avril au siège parisien de l'organisation internationale, suivra désormais chaque année les tendances de l'accès des PME aux financements, et ce de façon harmonisée dans 18 pays. Une première qui devrait aider les investisseurs à y voir plus clair, eux qui désignent le manque d'information et de visibilité comme premier obstacle à leur implication financière dans ces entreprises. Les conclusions y sont catégoriques : les prêts commerciaux accordés aux PME ont « fortement chuté pendant la récession » tout comme « le capital-risque et le capital investissement » ; tandis que les conséquences de la norme bancaire internationale Bâle III sont clairement pointées du doigt.

Or, justement, deux jours plus tôt, KPMG et la CGPME publiaient les résultats de la 13e édition de leur baromètre Ifop sur le financement et l'accès au crédit des PME. Sans surprise, 60% des dirigeants évoquent un tel besoin, soit pour investir (36%), soit pour financer l'exploitation (31%), alors que, très majoritairement, ils constatent un durcissement des conditions fixées par les banques. Frais élevés ; montant inférieur au montant demandé ; toujours plus de garanties ; demandes de cofinancements... La liste des freins est longue et, pour ces patrons, la tentation est grande de pousser la porte d'une banque concurrente... au risque d'y entendre la même chanson.

Et s'ils essayaient les assureurs ? Selon la FFSA, l'investissement à destination des PME s'est élevé en 2011 à 24,5 milliards d'euros - y compris 700 millions d'euros souscrits aux émissions de l'organisme public Oseo - alors que l'on assiste depuis le début de l'année à de nouvelles initiatives. Dernière en date, la création de fonds de prêts destinés à financer l'économie réelle. Groupama Asset Management (et Acofi) propose Predirec Immo 2019, tandis que Axa teste actuellement avec deux banques un mode de prêt aux entreprises (d'abord les grandes, puis les PME). Ces deux acteurs, et ceux qui suivront, aident ainsi les banques à satisfaire aux exigences de liquidité fixées par Bâle III, et transforment le prêt aux entreprises en un actif obligataire moins exigeant en fonds propres que les actions... ce qui n'est pas pour déplaire sous Solvabilité 2.

Et voilà, comment près de huit ans après l'engagement pris par Gérard de La Martinière, alors président de la FFSA, auprès d'un certain Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, de renforcer « substantiellement les investissements des assureurs en actions de PME », s'écrit une nouvelle démonstration du slogan « on a toujours besoin d'un petit "poids" chez soi » !

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